Tchang Kaï-chek(1887 — 1975)

Tchang Kaï-chek

Taïwan, dynastie Qing

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PolitiqueMilitaireXXe siècleChine du XXe siècle : fin de l'Empire, République, guerre civile entre nationalistes et communistes, guerre sino-japonaise et Guerre froide en Asie

Militaire et homme d'État chinois, chef du Kuomintang (parti nationaliste) après la mort de Sun Yat-sen. Vaincu par les communistes de Mao Zedong en 1949, il se replie sur l'île de Taïwan où il dirige la République de Chine jusqu'à sa mort.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Tchang Kaï-chek (1887-1975) fut à la fois le chef militaire et politique du Kuomintang (parti nationaliste) et le dirigeant de la République de Chine après le repli à Taïwan en 1949. Il a joué un rôle central dans la réunification nominale de la Chine via l'Expédition du Nord (1926-1928), puis dans la résistance contre l'invasion japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa rivalité avec Mao Zedong et les communistes a structuré la guerre civile chinoise et, après sa défaite, il a transformé Taïwan en bastion anticommuniste soutenu par les États-Unis, posant les bases de son développement économique.

Faits marquants

  • 1925 : prend la tête du Kuomintang après la mort de Sun Yat-sen
  • 1926-1928 : mène l'Expédition du Nord qui réunifie une grande partie de la Chine
  • 1937-1945 : dirige la résistance chinoise contre l'invasion japonaise durant la guerre sino-japonaise
  • 1949 : vaincu par les communistes de Mao, il se réfugie à Taïwan
  • 1949-1975 : préside la République de Chine à Taïwan jusqu'à sa mort

Œuvres & réalisations

Direction de l'Académie militaire de Whampoa (1924)

En formant le corps des officiers nationalistes, Tchang Kaï-chek bâtit l'instrument militaire qui assit son pouvoir et lui permit de réunifier la Chine.

Expédition du Nord (1926-1928)

Campagne militaire contre les seigneurs de la guerre qui aboutit à la réunification nominale de la Chine sous le gouvernement nationaliste de Nankin.

Mise en place du gouvernement nationaliste de Nankin (1928)

Tchang Kaï-chek instaura un régime centralisé qui tenta de moderniser la Chine, malgré la corruption et les divisions internes.

Front uni et résistance à l'invasion japonaise (1937-1945)

Il mena la résistance chinoise contre le Japon, immobilisant une partie importante de l'armée japonaise sur le théâtre asiatique.

Participation à la conférence du Caire (1943)

Reconnaissance de la Chine comme grande puissance alliée ; obtention de la promesse de restitution des territoires conquis par le Japon.

China's Destiny (La Destinée de la Chine) (1943)

Ouvrage exposant sa vision nationaliste et anti-impérialiste de l'avenir chinois, largement diffusé comme texte de propagande.

Fondation de la République de Chine à Taïwan (1949-1975)

Après sa défaite, il transforma Taïwan en bastion anticommuniste soutenu par les États-Unis, posant les bases du futur essor économique de l'île.

Anecdotes

En décembre 1936, lors de « l'incident de Xi'an », Tchang Kaï-chek est enlevé par ses propres généraux qui exigent qu'il cesse la guerre civile contre les communistes pour combattre le Japon. Retenu prisonnier près de deux semaines, il finit par accepter un front uni avec ses ennemis maoïstes.

Sa seconde épouse, Soong May-ling (Madame Tchang Kaï-chek), parfaitement anglophone et formée aux États-Unis, joua un rôle diplomatique majeur : en 1943, elle fut la première Chinoise et l'une des rares femmes à s'adresser aux deux chambres du Congrès américain pour obtenir un soutien à la Chine.

Converti au christianisme méthodiste en 1930, en partie sous l'influence de sa belle-famille Soong, Tchang Kaï-chek lisait la Bible chaque jour et tenait un journal intime tout au long de sa vie, document précieux aujourd'hui étudié par les historiens.

Après sa défaite en 1949, il fit transférer à Taïwan une grande partie des trésors impériaux de la Cité interdite. Ces œuvres d'art constituent aujourd'hui le cœur des collections du Musée national du Palais à Taipei.

En 1943, Tchang Kaï-chek participa à la conférence du Caire aux côtés de Roosevelt et Churchill, signe que la Chine était reconnue comme l'une des grandes puissances alliées de la Seconde Guerre mondiale, malgré sa faiblesse militaire réelle.

Sources primaires

Déclaration du Caire (1er décembre 1943)
Les trois grands Alliés ont la volonté que le Japon soit dépouillé de tous les territoires qu'il a volés aux Chinois, tels que la Mandchourie, Formose et les Pescadores, et que ceux-ci soient restitués à la République de Chine.
China's Destiny (La Destinée de la Chine), Tchang Kaï-chek (1943)
Sans le Kuomintang, il n'y aurait pas de Chine. Le destin de la nation et celui du parti sont indissociables.
Journal intime de Tchang Kaï-chek (Chiang Kai-shek Diaries, Hoover Institution) (années 1920-1970)
Je dois me purifier et me discipliner chaque jour, car la honte de la nation pèse sur mes épaules.
Message radiophonique aux compatriotes après le repli à Taïwan (1950)
Nous reconquerrons le continent. La République de Chine ne mourra jamais tant que subsiste un seul de ses fidèles.

Lieux clés

Xikou (Fenghua, Zhejiang)

Village natal de Tchang Kaï-chek, où il revint plusieurs fois et conserva la maison familiale. Lieu de mémoire de ses origines modestes de marchands de sel.

Nankin

Capitale du gouvernement nationaliste à partir de 1928, centre du pouvoir de Tchang Kaï-chek avant la guerre et théâtre du massacre japonais de 1937.

Académie militaire de Whampoa (Canton)

École fondée en 1924 dont Tchang Kaï-chek fut le premier commandant ; elle forma le corps des officiers nationalistes et assit son autorité militaire.

Xi'an

Lieu de l'incident de décembre 1936 où Tchang Kaï-chek fut enlevé par ses généraux et contraint d'accepter un front uni avec les communistes contre le Japon.

Chongqing

Capitale provisoire du gouvernement nationaliste durant la guerre sino-japonaise, après l'évacuation de Nankin et la perte des grandes villes côtières.

Taipei (Taïwan)

Siège de la République de Chine après le repli de 1949 ; Tchang Kaï-chek y dirigea l'île jusqu'à sa mort en 1975. Le mémorial qui lui est dédié y attire encore les visiteurs.

Voir aussi