Walter Raleigh(1552 — 1618)
Walter Raleigh
royaume d'Angleterre
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Explorateur, poète et courtisan anglais (1552-1618), favori de la reine Élisabeth Ire. Il organisa plusieurs expéditions vers l'Amérique du Nord et chercha l'Eldorado en Amérique du Sud. Emprisonné puis exécuté sous Jacques Ier, il reste une figure emblématique de l'expansion anglaise.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« O éloquent, juste et puissant Mort !»
« La vérité est la fille du Temps, non de l'Autorité.»
Faits marquants
- 1585 : organise la première tentative de colonisation anglaise en Amérique du Nord à Roanoke (actuelle Caroline du Nord)
- 1595 : expédition en Guyane à la recherche de l'Eldorado, relatée dans 'La Découverte de la Guyane'
- 1603 : emprisonné à la Tour de Londres sous Jacques Ier pour complot présumé
- 1616 : libéré pour mener une seconde expédition en Guyane
- 1618 : exécuté à Londres après l'échec de son expédition guyanaise
Œuvres & réalisations
Récit de son expédition en Guyane à la recherche de l'Eldorado, mêlant observation géographique et propagande coloniale. L'ouvrage fut largement lu en Europe et alimenta la fascination pour les richesses de l'Amérique du Sud.
Ambitieuse histoire universelle rédigée durant sa captivité à la Tour de Londres, couvrant la Création jusqu'à la Macédoine antique. Elle reflète sa vision providentialiste de l'histoire et connut un grand succès éditorial malgré sa saisie initiale par les autorités.
Raleigh fut un poète reconnu de son époque, auteur de vers élégiaques adressés à la reine Élisabeth ('Cynthia') et de réponses ironiques aux poèmes de ses contemporains comme Marlowe. Son œuvre poétique, en partie perdue, illustre le courtisan lettré de la Renaissance anglaise.
Raleigh finança et organisa plusieurs expéditions vers la côte est de l'Amérique du Nord, baptisant la région 'Virginie' en l'honneur d'Élisabeth Ire. Ces tentatives de colonisation, bien qu'échouées, ouvrirent la voie aux futures colonies anglaises permanentes.
Raleigh joua un rôle militaire décisif dans l'expédition anglaise contre le port espagnol de Cadix, contribuant à détruire une grande partie de la flotte espagnole. Cette victoire lui valut une immense popularité auprès de ses compatriotes.
Anecdotes
En 1592, Walter Raleigh épousa secrètement Elizabeth Throckmorton, l'une des dames de compagnie de la reine Élisabeth Ire, sans lui demander sa permission royale. Furieuse de cette trahison de confiance, la reine fit emprisonner les deux époux dans la Tour de Londres. Raleigh dut patienter plusieurs mois avant d'être libéré, mais il ne retrouva jamais vraiment la faveur de la reine.
Convaincu d'avoir trouvé la piste de l'Eldorado, Raleigh remonta le fleuve Orénoque en 1595 avec une petite flotte, s'enfonçant dans les jungles de l'actuel Venezuela. Il en revint sans or mais avec un récit épique publié sous le titre 'The Discovery of Guiana', dans lequel il décrivait un lac intérieur d'or — le lac Parimé — qui n'a jamais été retrouvé. Son obsession pour l'Eldorado ne le quitta jamais.
Durant ses douze années d'emprisonnement à la Tour de Londres (1603-1616), Raleigh ne resta pas inactif : il rédigea une monumentale 'Histoire du monde' couvrant l'Antiquité jusqu'au IIe siècle avant J.-C. L'ouvrage fut publié en 1614 et devint un best-seller de l'époque, malgré — ou à cause de — son auteur incarcéré. Le jeune prince Charles, futur Charles Ier, en fit l'un de ses livres de chevet.
Le 29 octobre 1618, conduit à l'échafaud devant le Palais de Westminster, Raleigh demanda à palper la lame du bourreau. Il aurait alors déclaré avec un flegme remarquable : 'C'est un remède âpre, mais il guérit toutes les maladies.' Il fut décapité à l'âge d'environ 65 ans, victime de la haine que lui vouait Jacques Ier depuis son accession au trône quinze ans plus tôt.
Raleigh fut l'un des grands propagateurs du tabac en Angleterre à la fin du XVIe siècle, après ses contacts avec les populations amérindiennes de Virginie. La légende veut qu'un domestique, le voyant fumer sa pipe pour la première fois, l'aspergea d'eau croyant qu'il était en feu. Qu'elle soit vraie ou inventée, cette anecdote témoigne de la nouveauté absolue que représentait le tabac pour les Européens de l'époque.
Sources primaires
I never saw a more beautiful country, nor more lively prospects, hills so raised here and there over the valleys, the river winding into divers branches, the plains adjoining without bush or stubble, all fair green grass.
O eloquent, just, and mighty Death! Whom none could advise, thou hast persuaded; what none hath dared, thou hast done; and whom all the world hath flattered, thou only hast cast out of the world.
You shall now receive my dear wife my last words in these my last lines. My love I send you that you may keep it when I am dead, and my counsel that you may remember it when I am no more.
Sufficeth it to you, my joys interred, / In simple words that I my woes complain; / You that then died when first my fancy erred, / Joy's under dust that never live again.
I am persuaded that Guiana cannot fail to enrich your majesty's kingdom if the attempt be made with sufficient force and supplies. The mines of gold are there in abundance, as I have been assured by those who have seen them.
Lieux clés
Manoir du Devon où Raleigh naquit vers 1552, dans une famille de petite noblesse protestante. Il tenta plus tard de racheter cette demeure ancestrale, sans succès.
Propriété offerte à Raleigh par la reine Élisabeth, où il résida avec sa famille pendant les années fastes de sa carrière. Il fit construire un nouveau manoir adjacent à l'ancienne forteresse médiévale.
Raleigh y fut emprisonné à deux reprises : en 1592 pour son mariage secret, puis de 1603 à 1616 pour trahison présumée. C'est dans cette forteresse qu'il rédigea son 'Histoire du monde'.
Île où Raleigh finança l'établissement des premières colonies anglaises en Amérique du Nord (1585-1587). La 'colonie perdue' de 1587 reste l'un des plus grands mystères de l'histoire coloniale.
Raleigh remonta ce grand fleuve en 1595 lors de son expédition à la recherche de l'Eldorado, le légendaire empire doré des Muiscas. Il y retourna en 1617 lors de sa dernière et fatale expédition.
C'est dans la cour du Vieux Palais (Old Palace Yard) que Raleigh fut décapité le 29 octobre 1618, sur ordre de Jacques Ier, sous la pression diplomatique de l'Espagne.






