William Thomson (Lord Kelvin)

William Thomson, 1er baron Kelvin

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

9 min de lecture

SciencesTechnologieScientifiqueMathématicien(ne)Ingénieur(e)XIXe siècleRévolution industrielle et essor de la physique classique au XIXe siècle

Physicien et mathématicien britannique du XIXe siècle, il a fondamentalement contribué à la thermodynamique et à l'électromagnétisme. Il est à l'origine de l'échelle de température absolue qui porte son nom. Il a aussi supervisé la pose du premier câble télégraphique transatlantique.

Questions fréquentes

William Thomson (1824-1907), futur Lord Kelvin, est un physicien et mathématicien britannique dont les travaux ont façonné la physique classique. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est le père de l'échelle de température absolue (le kelvin) et l'un des artisans de la deuxième loi de la thermodynamique. Mais son génie ne s'arrête pas là : il a aussi supervisé la pose du premier câble télégraphique transatlantique en 1866, reliant l'Europe à l'Amérique en quelques minutes. Pour comprendre son importance, il faut imaginer un monde sans communications instantanées ni thermomètres précis : Kelvin a contribué à bâtir ces deux piliers de la modernité.

Citations célèbres

« Si vous ne pouvez pas le mesurer, vous ne pouvez pas l'améliorer. »
« La science est la mesure de la vérité. »

Faits marquants

  • Né en 1824 à Belfast, mort en 1907 à Largs (Écosse)
  • Proposa en 1848 l'échelle de température absolue (kelvin, unité SI)
  • Énonça le second principe de la thermodynamique avec Clausius dans les années 1850
  • Supervisa la pose du premier câble télégraphique transatlantique réussi en 1866
  • Anobli en 1892 sous le titre de Lord Kelvin, premier scientifique à entrer à la Chambre des lords

Œuvres & réalisations

Échelle de température absolue (kelvin) (1848)

Thomson définit une échelle de température fondée sur la thermodynamique pure, indépendante de toute substance matérielle. Le zéro absolu (0 K = -273,15 °C) correspond à l'absence totale d'agitation thermique ; cette échelle est aujourd'hui l'unité SI de température.

Formulation de la deuxième loi de la thermodynamique (1851)

Thomson énonce que la chaleur ne peut spontanément passer d'un corps froid à un corps chaud, principe fondamental qui explique l'irréversibilité des phénomènes naturels et l'idée d'entropie croissante dans l'univers.

Pose du câble télégraphique transatlantique (1866)

Après l'échec de 1858, Thomson supervise la pose réussie du premier câble permanent reliant l'Irlande à Terre-Neuve. Ses inventions (galvanomètre à miroir, système de réception) sont décisives pour la fiabilité de la transmission.

Treatise on Natural Philosophy (avec P.G. Tait) (1867)

Traité de mécanique et de physique mathématique qui unifie la dynamique newtonienne avec les nouveaux concepts énergétiques. Ouvrage de référence pour toute une génération de physiciens britanniques.

Prédicteur de marées (1872)

Machine analogique calculant automatiquement les marées par décomposition harmonique des forces lunaires et solaires. Utilisée par les services hydrographiques de plusieurs pays, elle préfigure les calculateurs analogiques du XXe siècle.

Baltimore Lectures (1884)

Série de vingt conférences données à Baltimore synthétisant la physique classique (mécanique, chaleur, électricité, lumière). Publiées en 1904, elles montrent Thomson aux limites de la physique classique, pressentant les révolutions à venir.

Anecdotes

William Thomson entre à l'université de Glasgow à seulement 10 ans, accompagnant son père qui y enseigne les mathématiques. À 15 ans, il remporte le prix d'excellence en astronomie. Cette précocité exceptionnelle le conduira à devenir professeur titulaire de la même université à 22 ans, poste qu'il occupera pendant 53 ans sans interruption.

Lors de la pose du premier câble télégraphique transatlantique en 1858, Thomson est à bord du navire. Le câble fonctionne quelques semaines puis cède. Lors de la seconde tentative en 1866, c'est son invention — le galvanomètre à miroir, capable de détecter des signaux électriques infimes — qui permet enfin une liaison stable entre l'Europe et l'Amérique. La reine Victoria lui accorde le titre de chevalier en récompense.

En 1848, Thomson propose une échelle de température fondée non pas sur les propriétés d'un liquide particulier, mais sur les lois universelles de la thermodynamique. Il définit le zéro absolu (-273,15 °C) comme la température théorique à laquelle toute agitation thermique cesse. Cette échelle, baptisée 'kelvin' après sa mort, est aujourd'hui l'unité internationale de température en science.

Thomson passa des années à calculer l'âge de la Terre d'après le taux de refroidissement de notre planète, concluant à environ 20 à 100 millions d'années. Cette estimation, bien argumentée pour l'époque, s'avéra radicalement sous-estimée : la radioactivité, découverte peu avant sa mort, réchauffe l'intérieur terrestre et n'était pas connue de lui. Cette erreur illustre comment une science rigoureuse peut être renversée par une découverte inattendue.

Lord Kelvin était passionné de navigation et possédait son propre yacht, le Lalla Rookh, à bord duquel il mena de nombreuses expériences. Il inventa un compas maritime amélioré et une sonde de profondeur automatique, des instruments qui sauvèrent de nombreuses vies en mer. Il déposait volontiers des brevets et devint ainsi l'un des scientifiques les plus riches de son époque.

Sources primaires

On an Absolute Thermometric Scale (1848)
The determination of temperature has long been recognized as a problem of the greatest importance in physical science. [...] The numerical value of an absolute temperature does not depend on the physical properties of a specific substance.
On the Dynamical Theory of Heat (1851)
When equal quantities of mechanical effect are produced by any means whatever from purely thermal sources, equal quantities of heat are put out of existence; or, heat and mechanical effect are mutually convertible.
Letters on the Laying of the Atlantic Telegraph Cable (correspondance avec Cyrus Field) (1857-1858)
The mirror galvanometer is the only instrument sensitive enough to detect the feeble electrical impulses which can be transmitted through 2000 miles of submarine cable.
Baltimore Lectures on Molecular Dynamics and the Wave Theory of Light (1900)
The more I study the science of physics, the more I am struck by two great difficulties, two great clouds that hang over our understanding of the universe.
Treatise on Natural Philosophy (co-écrit avec P.G. Tait) (1867)
The foundations of dynamics may be said to consist in the following propositions: a material point is a portion of matter so small that, for the purposes of the investigation, it may be treated as a mathematical point.

Lieux clés

Belfast, Irlande

Lieu de naissance de William Thomson le 26 juin 1824. Sa famille s'installe ensuite à Glasgow quand son père y obtient une chaire universitaire.

Université de Glasgow, Écosse

Thomson y fut étudiant dès 10 ans, puis professeur pendant 53 ans (1846–1899). Son laboratoire de physique y fut l'un des premiers au Royaume-Uni. La rivière Kelvin qui longe le campus a donné son titre de baron et son nom à l'unité de température.

Peterhouse College, Cambridge, Angleterre

Thomson y étudia les mathématiques de 1841 à 1845, terminant deuxième du prestigieux concours du Tripos. Il y découvrit les analogies formelles entre l'électrostatique et la théorie de la chaleur.

Largs, Ayrshire, Écosse

Ville côtière où Thomson possédait sa résidence principale, Netherhall, et mouillait son yacht. Il y mourut le 17 décembre 1907 à l'âge de 83 ans.

Abbaye de Westminster, Londres

Lieu de sépulture de Lord Kelvin, inhumé en janvier 1908 à proximité de la tombe d'Isaac Newton, témoignage du rang exceptionnel accordé à ses contributions scientifiques.

Valentia Island, Irlande

Point de départ européen du câble télégraphique transatlantique. C'est depuis cette côte irlandaise que furent envoyés les premiers messages vers Terre-Neuve en 1858 puis en 1866, sous la supervision technique de Thomson.

Voir aussi