Xochiquetzal

Xochiquetzal

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MythologieSpiritualitéAvant J.-C.Civilisation aztèque (mexica), Empire aztèque du XIVe au XVIe siècle

Déesse aztèque de la beauté, de l'amour, de la fertilité et des arts créatifs, associée aux fleurs, aux plantes et à la féminité. Elle représente la jeunesse éternelle et la sensualité dans le panthéon mésoaméricain.

Faits marquants

  • Xochiquetzal signifie « fleur de quetzal » en nahuatl, associant beauté et préciosité
  • Elle était vénérée comme patronne des tisserands, brodeurs, peintres et orfèvres
  • Dans les mythes aztèques, elle résidait dans le paradis Tamoanchan avant d'en être chassée
  • Elle est associée au calendrier rituel aztèque (tonalpohualli) et au chiffre 3
  • Son culte est attesté bien avant l'Empire aztèque, hérité des civilisations toltèque et teotihuacane

Œuvres & réalisations

Enseignement du tissage et des arts textiles (Temps mythiques)

Xochiquetzal est créditée dans la tradition aztèque d'avoir enseigné aux femmes l'art du tissage sur métier à ceinture. Elle est la patronne divine de toute création textile, de la broderie à la teinture des fibres.

Présidence de la troisième trecena du Tonalpohualli (Perpétuel (calendrier rituel aztèque))

Dans le calendrier divinatoire de 260 jours, Xochiquetzal gouverne la trecena 1-Cerf, déterminant le destin des artisans, des amoureux et de tous ceux nés sous ces signes favorables aux arts.

Mythe de l'enlèvement et de Tamoanchan (Temps mythiques (récit fondateur))

Le récit de son enlèvement par Tezcatlipoca depuis le paradis céleste est l'un des mythes fondateurs de la cosmologie aztèque, expliquant la séparation entre le monde parfait des dieux et le monde imparfait des humains.

Festival Ōchpāniztli (fête de la déesse mère) (Annuel, mois 11 du calendrier solaire aztèque)

Durant ce grand festival agraire, Xochiquetzal recevait des offrandes de femmes artisanes qui lui dédiaient leurs productions. La fête célébrait la fertilité féminine et le renouveau des récoltes à venir.

Iconographie dans les codices précolombiens (XVe – début XVIe siècle)

Xochiquetzal est l'une des divinités les mieux documentées dans les codices survivants (Borgia, Borbonicus, Fejérváry-Mayer). Ses représentations ont codifié les attributs des déesses de la féminité dans toute la Mésoamérique.

Anecdotes

Son nom, Xochiquetzal, signifie « fleur de quetzal précieux » en nahuatl — xochitl désignant la fleur et quetzalli la plume iridescente du quetzal. Elle était toujours représentée avec des fleurs dans les cheveux, un huipil en coton brodé et entourée de papillons et de colibris, animaux considérés comme ses messagers sacrés dans les codices précolombiens.

Selon les mythes aztèques, Xochiquetzal résidait à Tamoanchan, le paradis originel situé au-delà du ciel occidental. Le dieu Tezcatlipoca, maître du miroir fumant et de la nuit, l'aurait enlevée de ce lieu céleste, provoquant la douleur des autres dieux et symbolisant la rupture entre l'âge d'or et le monde imparfait des humains.

Xochiquetzal était la patronne attitrée de toutes les femmes qui pratiquaient un art : tisserandes, brodeuses, orfèvres, potières et peintres lui dédiaient leurs œuvres. Lors du festival Ōchpāniztli, elles lui offraient des guirlandes de fleurs et brûlaient du copal pour obtenir sa bienveillance et la beauté dans leurs créations.

Dans le calendrier rituel aztèque tonalpohualli de 260 jours, Xochiquetzal présidait la troisième trecena (jours 1-Cerf à 13-Lapin). Les personnes nées sous ces signes étaient réputées posséder des dons artistiques naturels et une personnalité séduisante, mais aussi être exposées aux tentations et aux excès.

Xochiquetzal avait un pendant masculin, Xochipilli, le « Prince des Fleurs », dieu des arts, de la musique, de la danse et des jeux. Certains textes les décrivent comme des jumeaux divins, deux faces complémentaires d'une même force créatrice et festive qui animait la vie aztèque.

Sources primaires

Codex Borgia (vers 1400-1500 (précolombien))
Xochiquetzal y est représentée assise sur un trône de fleurs, vêtue d'un huipil brodé, tenant des objets de tissage et entourée de papillons. Elle préside les jours fastes liés aux arts et à la féminité dans les tableaux divinatoires.
Historia General de las Cosas de Nueva España (Codex Florentin), Fray Bernardino de Sahagún (1575-1577)
Sahagún décrit Xochiquetzal comme la déesse patronne des tisserandes et des brodeuses, des orfèvres et des peintres : « Elle était invoquée par toutes celles qui travaillaient avec leurs mains à des œuvres de beauté, car elle leur en avait transmis le secret. »
Codex Borbonicus (vers 1500 (précolombien))
Dans la roue de la trecena 1-Cerf, Xochiquetzal apparaît en divinité patronne, coiffée de fleurs et de plumes de quetzal, présidant les destinées des artisans et des femmes nées sous ces signes.
Leyenda de los Soles (Légende des Soleils) (1558)
Le texte nahuatl évoque Tamoanchan comme le lieu d'origine mythique où résidaient les dieux, dont Xochiquetzal, avant que la transgression divine ne provoque l'exil des créatures sur la terre.
Codex Fejérváry-Mayer (vers 1400-1521 (précolombien))
Xochiquetzal y figure parmi les divinités du calendrier rituel, associée aux couleurs chaudes et aux emblèmes floraux dans les tableaux de divination destinés aux prêtres et aux devins aztèques.

Lieux clés

Tamoanchan (paradis mythique)

Lieu céleste d'origine de Xochiquetzal, décrit comme un jardin paradisiaque peuplé de fleurs éternelles et d'oiseaux précieux. C'est là qu'elle résidait avant d'en être arrachée par Tezcatlipoca, symbolisant la perte de l'âge d'or.

Tenochtitlan (actuelle Mexico)

Capitale de l'Empire aztèque où se trouvaient les grands temples dédiés aux divinités dont Xochiquetzal. Le Templo Mayor était le centre de toutes les cérémonies religieuses d'État qui l'honoraient.

Xochimilco (Jardins flottants)

Cité des jardins flottants (chinampas) au sud de Tenochtitlan, étroitement associée au culte des fleurs et par extension à Xochiquetzal. Son nom même signifie « champ de fleurs » en nahuatl.

Xochicalco (Morelos)

Site archéologique fortifié de l'État de Morelos, traditionnellement associé à Tamoanchan par les chercheurs. Ses bas-reliefs témoignent d'une riche iconographie liée aux dieux des fleurs et de la fertilité.

Tula (Tollan, Hidalgo)

Ancienne capitale toltèque dont les Aztèques se réclamaient héritiers culturels. Les mythes entourant Xochiquetzal s'y enracinent en partie, notamment les récits de Tamoanchan et de l'exil des dieux.

Voir aussi