Yhi est la déesse du soleil, de la lumière et de la création dans la mythologie des peuples aborigènes d'Australie, notamment des Karraur. Endormie au commencement des temps, son réveil illumina le monde et fit naître toute vie sur Terre.
Yhi
Yhi
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Yhi est une figure centrale du Dreamtime (Temps du Rêve), cosmologie fondatrice des peuples aborigènes d'Australie
- Selon le mythe, Yhi dormait dans les ténèbres originelles ; son réveil apporta la lumière et la chaleur au monde
- En marchant sur la Terre, elle fit jaillir les plantes, les insectes, les poissons et les animaux de la glace et des cavernes
- Elle est associée à la fois au soleil visible et à la lumière spirituelle qui guide les vivants
- Le mythe de Yhi illustre une tradition orale vieille de plus de 50 000 ans, parmi les plus anciennes de l'humanité
Œuvres & réalisations
En ouvrant les yeux pour la première fois, Yhi dissipe les ténèbres primordiales et crée la lumière. Cet acte fondateur est l'équivalent australien des grandes théogonies mondiales.
En parcourant la Terre entière à pied, Yhi fait surgir toute la végétation. Cette épopée cosmique est le récit fondateur de la relation entre les Aborigènes australiens et la nature.
Yhi pénètre dans le monde souterrain obscur et éveille insectes, poissons et animaux. Cet épisode explique l'origine de la diversité du vivant selon la tradition karraur.
En insufflant sa lumière dans la matière, Yhi crée l'homme et la femme, leur confiant la responsabilité de garder le monde vivant. Cet acte final complète l'œuvre de création.
En se transformant en soleil, Yhi institue le rythme du jour et de la nuit qui structure la vie de tous les êtres. Son voyage quotidien dans le ciel est la fondation du temps lui-même.
Anecdotes
Au commencement des temps, selon la mythologie des Karraur d'Australie, Yhi sommeillait dans un silence absolu, son corps de lumière replié sur lui-même. Lorsqu'elle ouvrit les yeux pour la première fois, un flot doré se répandit sur un monde vide et figé, dissipant les ténèbres primordiales. Les pierres, la terre et les eaux se mirent alors à frémir sous l'effet de cette première aube.
Yhi descendit sur la Terre et se mit à marcher à travers les continents encore déserts. Partout où ses pieds effleuraient le sol, des plantes surgissaient spontanément : herbes, fougères, arbres et fleurs jaillissaient dans son sillage. Ce n'est qu'après avoir parcouru toute la surface du monde qu'elle s'éleva de nouveau dans le ciel, laissant derrière elle une Terre entièrement couverte de végétation.
Pour compléter son œuvre, Yhi descendit dans les grottes souterraines obscures où gisaient des formes endormies. De sa lumière, elle éveilla les insectes, les poissons et les animaux qui dormaient encore dans l'obscurité primordiale. Chaque créature qu'elle touchait s'animait et rejoignait la surface du monde — c'est ainsi, dit la tradition, que naquit le règne animal tout entier.
Selon la tradition karraur, Yhi observa un jour que ses créatures restaient insatisfaites et solitaires. Elle insuffla alors son énergie dans une forme particulière d'où naquit le premier homme, puis, de l'ombre projetée par celui-ci, surgit la première femme. Cet acte final donna au monde ses gardiens, chargés d'honorer la lumière solaire qui les avait fait naître.
Yhi ne disparut pas après la création : elle se transforma elle-même en soleil pour continuer d'éclairer le monde chaque jour. Les Aborigènes voyaient dans le lever du soleil le réveil quotidien de la déesse, et dans son coucher sa plongée dans le monde souterrain pour y renouveler les forces de vie. Ce cycle éternel symbolise la continuité entre création, mort et renaissance, au cœur des cosmogonies du Temps du Rêve.
Sources primaires
Yhi, the sun goddess, lay sleeping in the Dreamtime until the great moment when she opened her eyes. Light streamed from her in all directions, flooding the empty world with warmth and radiance, and wherever she walked, plants sprang from the barren earth.
The stories of the great spirit beings who shaped the world during the Dreamtime were passed from elders to children around the fire, each telling carrying the memory of how light, life and law came into being on this land.
The sun, personified as a goddess of light and creation, traversed the sky each day as a living reminder of the original act of creation. Her daily journey mirrored the mythological walk she had undertaken across the newly born Earth, bringing life wherever her light fell.
Lieux clés
Espace obscur des origines où dormaient toutes les formes vivantes avant que Yhi ne descende les éveiller. Dans la cosmogonie karraur, cet espace invisible est le ventre du monde, source de toute vie.
Territoire traditionnel du peuple karraur, autour du fleuve Murray et du lac Alexandrina, où les récits mythologiques de Yhi ont été transmis oralement de génération en génération.
Après avoir créé la vie sur Terre, Yhi s'éleva dans le ciel pour y devenir le soleil. Son voyage quotidien d'est en ouest structure le temps et le cosmos dans la mythologie aborigène australienne.
Ensemble majeur de peintures rupestres australiennes représentant des êtres du Dreamtime, dont des figures solaires et de création. Ces œuvres illustrent la vitalité des traditions cosmogoniques auxquelles appartient Yhi.
Monolithe sacré au cœur de l'Australie, lieu de convergence des songlines et des récits du Dreamtime. Il incarne universellement le lien entre la Terre, le ciel et les êtres créateurs comme Yhi.
Objets typiques

Pigments minéraux utilisés dans les cérémonies et l'art rupestre pour représenter la lumière solaire et le feu de Yhi. L'ocre rouge évoque le sang de la vie insufflé par la déesse dans ses créatures.

Objet sacré ovale en bois ou en pierre, gravé de motifs symboliques liés aux êtres du Dreamtime. Certains tjurunga représentent les chemins parcourus par Yhi lors de sa marche créatrice à travers le monde.

Outil utilisé pour allumer le feu par friction, symbole de la lumière solaire donnée par Yhi à l'humanité. La flamme produite rappelle la première illumination du monde au réveil de la déesse.

Lors des cérémonies du corroboree, les danseurs se couvrent le corps d'ocre et de motifs circulaires rayonnants évoquant le soleil-Yhi. Ces peintures sont réalisées selon des traditions transmises de génération en génération.

Instrument à vent ancestral dont les vibrations profondes accompagnent les cérémonies religieuses liées au Dreamtime. Son son grave et continu symbolise la voix des esprits créateurs comme Yhi.

Les graines représentent le pouvoir créateur de Yhi : dans la mythologie karraur, chaque graine qui germe répète le geste de la déesse marchant sur la Terre vierge et y faisant surgir la vie végétale.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Lieu
Vie quotidienne
Matin
Chaque matin, selon la tradition karraur, Yhi s'éveille à l'horizon est et commence son ascension dans le ciel. Son lever est célébré par les chants et cérémonies du peuple qui voit dans chaque aurore la répétition du geste originel de création. Les Anciens enseignent aux jeunes à saluer le soleil naissant comme on saluerait la déesse elle-même.
Après-midi
Au zénith de sa course, Yhi déploie toute sa puissance créatrice : c'est l'heure où sa lumière est la plus intense, où les plantes et les animaux reçoivent le maximum de son énergie vitale. Dans les cérémonies traditionnelles, le milieu du jour est un temps de recueillement et de gratitude envers la déesse solaire qui maintient la vie en mouvement.
Soir
Le coucher du soleil marque la plongée de Yhi dans le monde souterrain, où elle renouvelle chaque nuit les forces de vie pour le lendemain. Loin d'être une mort, ce retrait quotidien est vu comme une gestation : dans l'obscurité, la déesse prépare une nouvelle aube et un nouveau cycle de création.
Alimentation
En tant que divinité du Dreamtime, Yhi se sustente de la lumière primordiale et de l'énergie vitale du cosmos, non de nourriture humaine. Son alimentation est symboliquement représentée par les offrandes végétales — graines, fleurs, fruits — déposées par les Karraur lors des cérémonies en rappel des plantes nées de sa marche créatrice.
Vêtements
Yhi est décrite dans les traditions orales comme un être de lumière pure, son corps irradiant une clarté dorée qui est à la fois son vêtement et sa nature propre. Dans les représentations artistiques aborigènes (peintures corporelles, art rupestre), elle est évoquée par des motifs rayonnants en ocre jaune et blanc, couleurs de la lumière solaire.
Habitat
La demeure de Yhi est le ciel lui-même, qu'elle parcourt chaque jour d'est en ouest. La nuit, elle réside dans le monde souterrain, espace mythologique des origines. Les grottes et les creux rocheux sont considérés comme des portes vers ce domaine intérieur, et certains sites naturels karraur sont vénérés comme lieux de contact avec la déesse.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'Illumination du monde
Temps du Rêve
La Marche créatrice et l'éveil du règne végétal
Temps du Rêve
La Descente dans les grottes et l'éveil du règne animal
Temps du Rêve
La Création de l'humanité
Temps du Rêve
Institution du cycle solaire quotidien
Temps du Rêve






