Biographie

Yinka Shonibare est un artiste plasticien britannique d'origine nigériane, né en 1962. Il est célèbre pour ses installations et sculptures utilisant le wax, ce tissu coloré associé à l'Afrique mais aux origines coloniales complexes, pour interroger l'identité, le colonialisme et l'hybridité culturelle.

Yinka Shonibare(1962 — ?)

Yinka Shonibare

Royaume-Uni, Nigeria

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXIe siècleArt contemporain britannique de la fin du 20e et du 21e siècle, marqué par les questions postcoloniales et la mondialisation culturelle

Questions fréquentes

Yinka Shonibare est un artiste plasticien britannique d'origine nigériane, né en 1962, dont le travail explore les identités hybrides, l'héritage colonial et la mondialisation. Ce qui le rend singulier, c'est l'usage systématique du tissu wax, un coton imprimé aux motifs colorés, fabriqué à l'origine par les Européens pour le marché africain. Il l'utilise pour habiller des mannequins sans tête, des costumes victoriens ou des voiles de navire, montrant que les identités sont construites et mélangées. Il a été finaliste du Turner Prize en 2004 et anobli par la reine (CBE) en 2019. Son œuvre la plus célèbre, Nelson's Ship in a Bottle (2010), a transformé un symbole de l'Empire britannique en hommage à la diversité de Londres.

Faits marquants

  • Né en 1962 à Londres, il grandit au Nigéria avant de revenir étudier l'art à Londres
  • Nommé pour le Turner Prize en 2004
  • Création de l'installation « Nelson's Ship in a Bottle » sur le quatrième socle de Trafalgar Square (2010-2012)
  • Membre de la Royal Academy of Arts (Royal Academician)
  • Décoré commandeur de l'Empire britannique (CBE) en 2019 pour ses contributions à l'art

Œuvres & réalisations

Diary of a Victorian Dandy (1998)

Série de photographies où Shonibare se met en scène en dandy noir au cœur de la haute société victorienne, renversant les hiérarchies raciales et sociales.

Gallantry and Criminal Conversation (2002)

Installation montrée à la Documenta 11, mettant en scène des mannequins en wax dans des poses scandaleuses, évoquant les voyages du Grand Tour européen.

Scramble for Africa (2003)

Quatorze mannequins sans tête réunis autour d'une table reconstituent la conférence de Berlin de 1884 où les puissances européennes se partagèrent l'Afrique.

Nelson's Ship in a Bottle (2010)

Réplique géante du HMS Victory aux voiles en wax, installée sur le Fourth Plinth de Trafalgar Square, parmi ses œuvres les plus célèbres.

The British Library (2014)

Installation de milliers de livres recouverts de wax portant les noms d'immigrants ayant marqué la culture britannique, célébration de la diversité.

Wind Sculptures (2013)

Série de grandes sculptures en fibre de verre imitant un tissu wax soulevé par le vent, installées dans l'espace public à travers le monde.

Anecdotes

À l'âge de 18 ans, Yinka Shonibare contracte une myélite transverse, une inflammation de la moelle épinière qui le laisse partiellement paralysé. Depuis, il se déplace en fauteuil roulant et travaille avec une équipe d'assistants qui réalisent ses œuvres selon ses instructions précises.

Le tissu wax coloré que Shonibare utilise partout dans son travail n'est pas vraiment africain : ces cotons imprimés ont été inventés par les Néerlandais au 19e siècle, en imitant le batik indonésien, avant d'être vendus en Afrique de l'Ouest. L'artiste s'en sert justement pour montrer que les identités sont mélangées et fabriquées.

En 2010, Shonibare installe sur la quatrième colonne de Trafalgar Square à Londres une réplique géante du navire de l'amiral Nelson, le HMS Victory, enfermée dans une bouteille. Les 37 voiles du bateau étaient faites de wax aux motifs éclatants, transformant un symbole de l'Empire britannique en hommage à la diversité de Londres.

Shonibare aime se décrire comme un « Britannique hybride » : né à Londres, il grandit à Lagos au Nigeria, puis revient étudier l'art en Angleterre. Quand un professeur lui demanda un jour de produire un art « authentiquement africain », il décida au contraire d'explorer ce que signifie vraiment l'authenticité.

En 2019, l'artiste a été anobli par la reine et peut désormais ajouter les lettres « MBE » et plus tard « CBE » à son nom. Avec humour, il a officiellement intégré ces titres dans son nom d'artiste, signant « Yinka Shonibare CBE », car ils font partie de son questionnement sur la classe sociale et l'establishment britannique.

Sources primaires

Entretien avec Yinka Shonibare, Museum of Contemporary Art (vers 2009)
Le tissu africain n'est pas vraiment africain. C'est ce qui m'intéresse : cette idée que l'authenticité elle-même est une construction.
Yinka Shonibare, déclaration d'artiste sur Nelson's Ship in a Bottle (2010)
Le navire célèbre la diversité et la richesse multiculturelle de Londres, une ville façonnée par son histoire impériale et migratoire.
Catalogue rétrospective Yinka Shonibare MBE, Brooklyn Museum (2009)
Mon travail interroge la signification des identités culturelles et nationales à travers le prisme du colonialisme et du postcolonialisme.

Lieux clés

Londres, Royaume-Uni

Ville natale de Shonibare et centre de sa carrière artistique, où il vit et travaille encore.

Lagos, Nigeria

Ville où Shonibare passe son enfance dans une famille yoruba, source de son identité hybride. Il y a fondé sa résidence d'artistes G.A.S.

Goldsmiths College, Londres

École d'art où il obtient son master en 1991, aux côtés de la génération des Young British Artists.

Trafalgar Square, Londres

Place emblématique où son « Nelson's Ship in a Bottle » occupe le Fourth Plinth de 2010 à 2012.

Royal Academy of Arts, Londres

Institution prestigieuse dont il devient membre (Royal Academician) en 2013.

Voir aussi