Interview imaginaire avec Adolf Hitler
par Charactorium · Adolf Hitler (1889 — 1945) · Politique · 5 min de lecture
C'est dans la Wolfsschanze, le quartier général enfoui sous les forêts de Prusse-Orientale, que Benito Mussolini retrouve Adolf Hitler en cet après-midi du 20 juillet 1944. Quelques heures plus tôt, une bombe a soufflé la salle de conférence : l'odeur de bois brûlé flotte encore, des éclats jonchent le sol et le Führer porte le bras droit en écharpe. Les deux hommes se connaissent depuis leur première rencontre à Venise, en 1934, et scellent l'Axe depuis 1936. Mussolini, lui-même chancelant depuis sa chute en Italie l'été précédent, est venu chercher chez son allié de quoi croire encore à la victoire.
—Adolf, j'arrive à peine et l'on me montre cette salle éventrée. Que s'est-il donc passé ici ce matin, sous ton propre toit ?
Tu vois cette table, Benito ? Une lourde plaque de chêne. C'est elle qui m'a sauvé. Ce matin, pendant le rapport sur le front de l'Est, une mallette a explosé à quelques pas de moi. Quatre hommes sont morts, j'ai le tympan crevé et le bras secoué, rien de plus. L'auteur est un officier, le colonel von Stauffenberg, un de ces aristocrates galonnés qui n'ont jamais cru en moi. Ils rêvaient de traiter avec l'ennemi dans mon dos. Toi qui as connu la trahison de ton propre Grand Conseil l'an dernier, tu sais de quoi ces gens-là sont capables. Mais cette fois le sort a tranché autrement : je suis debout, et eux vont payer.
—Tu parles déjà de sort. Crois-tu vraiment qu'une main invisible te protège, après tant d'années passées à défier la mort ?
Je le crois plus que jamais. Combien de fois la mort m'a-t-elle frôlé sans me prendre ? Dans les tranchées de la Grande Guerre, j'étais estafette, deux fois blessé là où mes camarades tombaient par dizaines. Aujourd'hui encore, à un mètre d'une bombe, je sors vivant. Un homme ordinaire serait mort dix fois. Si je suis épargné, c'est que ma tâche n'est pas achevée. Ceux qui ont comploté ce matin l'ont compris trop tard. On ne supprime pas d'un coup de mallette celui à qui l'on a confié un peuple entier.
Le destin ne sauve pas un homme par hasard ; il le sauve pour une mission.
—Remontons loin de cette guerre. On raconte qu'avant la politique, tu voulais être peintre. Ce jeune homme de Vienne, qui était-il ?
Un rêveur entêté, Benito. À dix-huit ans, je suis monté à Vienne persuadé d'entrer à l'Académie des beaux-arts. Deux fois, en 1907 et 1908, le jury m'a recalé : mes dessins d'architecture les frappaient, disaient-ils, mais mes figures humaines ne valaient rien. Deux refus secs. J'ai vendu mes aquarelles dans la rue, dormi dans des asiles de nuit, connu la faim et le froid au milieu d'une capitale cosmopolite qui m'écœurait. On croit qu'un échec brise un homme. Le mien m'a durci. C'est dans cette misère viennoise que j'ai pris en horreur ce qui, à mes yeux, rongeait l'Europe, et que j'ai compris que mon œuvre ne serait pas un tableau, mais un peuple tout entier à refaçonner.
—Comme moi avec ma Marche sur Rome, tu as tenté la force avant l'urne. Ton coup de Munich, en 1923, fut un fiasco. Que t'a-t-il appris ?
Ton exemple, justement, m'avait grisé. En novembre 1923, j'ai cru que la rue suffirait. La police a tiré, seize des miens sont tombés, et je me suis retrouvé à la prison de Landsberg. Condamné à cinq ans, je n'en ai purgé que neuf mois, mais quels mois ! J'y ai compris qu'on ne renverse pas un État moderne à coups de revolver dans une brasserie. Il fallait prendre le pouvoir par ses propres lois, légalement, pour mieux les abattre ensuite de l'intérieur. Et dans cette cellule, au lieu de me morfondre, j'ai dicté à mon fidèle Rudolf Hess le livre de toute ma vie.
—Ce livre, Mein Kampf, tu en as fait l'évangile de ton parti. Qu'y avais-tu donc mis qui valût dix années de pouvoir ?
Tout y était déjà, Benito, dès 1925. Ma vision de la race, de l'espace que notre peuple devait conquérir à l'Est, ce que j'appelle le Lebensraum, et la désignation de ceux que je tenais pour les ennemis du sang allemand. On m'a ri au nez : un agitateur sorti de prison qui prétend redessiner l'Europe. Je n'ai pourtant rien renié. Les peuples ne suivent pas les tièdes ; ils suivent celui qui ose nommer son combat à voix haute. Mon tort ne fut jamais d'en avoir trop dit. Ce fut, parfois, de croire qu'on me lirait assez tôt pour me prendre au sérieux.
Ce que d'autres cachent dans leurs arrière-pensées, je l'ai écrit noir sur blanc, vingt ans à l'avance.

—Et pourtant tu n'as pas pris le pouvoir par la force. En janvier 1933, c'est le vieux Hindenburg qui t'a ouvert la porte. Comment as-tu fait ?
Par la patience, et par la sottise de mes adversaires. Le 30 janvier 1933, le maréchal Hindenburg m'a nommé chancelier, entouré de conservateurs persuadés qu'ils me tiendraient en laisse comme un dogue utile. von Papen se vantait de m'avoir engagé à leur service. Les pauvres. En quelques semaines, j'avais les pleins pouvoirs, les partis dissous, la presse muselée, la Gestapo à l'œuvre. Ils croyaient se servir de moi ; ce sont eux qui ont disparu. La légalité fut mon cheval de Troie. Vois-tu, Benito, le plus court chemin vers la dictature passe souvent par la porte qu'on vous ouvre poliment.
On m'a remis les clés de la maison, et j'ai changé toutes les serrures.
—Chez moi le Roi demeure ; chez toi, plus rien au-dessus du Führer. Ce Führerprinzip, n'est-ce pas un fardeau d'être seul à tout décider ?
Un fardeau ? C'est la seule force qui vaille. Toi, tu as gardé un roi au-dessus de ta tête, et ce roi t'a lâché au premier orage, l'été dernier. Moi, je n'ai laissé personne au-dessus de moi. Le Führerprinzip est simple : un seul chef, responsable devant l'Histoire, et une obéissance absolue de tous les autres. Pas de parlement pour discutailler, pas de majorité pour diluer la volonté. Quand je décide, l'Allemagne entière exécute. Les officiers de ce matin auraient préféré un comité où l'on marchande la défaite. Mais un peuple ne se sauve pas par le compromis : il se sauve par une volonté unique, fût-elle terrible.

—Assez de doctrine, parle-moi de l'homme. Ici, dans ce bunker de forêt, à quoi ressemblent tes journées de guerre ?
Elles ne ressemblent plus à grand-chose d'humain, Benito. Je me lève tard, vers onze heures, un thé, quelques biscuits, puis les rapports de la nuit. L'après-midi, les cartes, les généraux, mes longs exposés qu'ils écoutent en silence. Je ne bois guère, je ne fume pas, je touche à peine à la viande, pendant que des villes brûlent au-dehors. Le soir, parfois un film, des disques, le cercle restreint, Eva quand elle me rejoint. Et la nuit, encore les cartes, jusqu'à des heures où le monde dort. Je vis dans le béton et la lumière artificielle, coupé du ciel. La Wolfsschanze est moins un quartier général qu'un caveau d'où je commande des armées que je ne vois plus.
—Tu disais que les conjurés paieraient. Jusqu'où iras-tu, Adolf, contre les tiens, contre ta propre armée ?
Jusqu'au bout, sans une once de pitié. Ce ne sont pas les miens : ce sont des serpents que j'ai nourris dans mon état-major. Cette nuit même, les arrestations ont commencé ; il y en aura des centaines, des milliers, avant que j'aie fini de nettoyer cette engeance galonnée. Je veux que leurs noms s'effacent, que leurs familles tremblent, qu'aucun officier n'ose plus jamais lever la main sur le Führer. On me dira cruel. Mais qui a frappé le premier ? Toi, Benito, tu sais ce qu'il en coûte d'épargner ses ennemis : ils t'ont jeté à terre en une seule nuit. Je ne commettrai pas cette faute. En de telles heures, la clémence serait une trahison de l'Allemagne.
—L'ennemi avance à l'Est comme à l'Ouest depuis le débarquement. Le soir, seul avec tes cartes, crois-tu encore vraiment à la victoire ?
Plus que jamais, parce que je n'ai pas le droit de douter. Oui, ils ont débarqué en Normandie le mois dernier ; oui, les Soviétiques poussent à l'Est. Mais l'Histoire bascule sur un fil, et un seul coup du sort peut tout renverser : ce matin l'a prouvé. Nos savants préparent des armes que l'ennemi n'imagine même pas. Et quand bien même tout devrait vaciller, je poursuivrai le combat jusqu'à mon dernier souffle, comme je l'ai toujours dit. Un chef ne se rend pas, Benito ; il tombe debout ou il vainc. Je préfère une Allemagne en ruines mais fidèle à elle-même à une Allemagne qui plie le genou. Voilà, peut-être, ce que nos alliés timorés n'ont jamais su comprendre.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Adolf Hitler. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.



