Les enfants interrogent Audrey Hepburn
par Charactorium · Audrey Hepburn (1929 — 1993) · Spectacle · 5 min de lecture

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'une maison de campagne suisse. Une dame élégante les attend, un sourire doux aux lèvres. Elle les fait asseoir près du jardin et se prépare à répondre à toutes leurs questions.
—C'est vrai qu'un jour, quand vous étiez petite, vous avez mangé des tulipes ?
Oui, mon enfant, c'est bien vrai, même si ça paraît fou. J'avais quatorze ans, à Arnhem, aux Pays-Bas. La guerre était là, et l'hiver 1944 fut terrible. On l'a appelé l'hiver de la faim. Imagine une ville entière sans pain, sans lait, sans rien à mettre dans son assiette. Alors nous avons déterré les bulbes de tulipes dans les jardins. On les faisait cuire, on les mangeait. Ce n'était pas bon, mais c'était ça ou rien. Tu sais, je n'ai jamais oublié ce goût-là. « Nous avons mangé des tulipes — les bulbes — parce qu'il n'y avait rien d'autre. Je n'oublierai jamais ce que signifie avoir faim. »
On mangeait des bulbes de tulipes : c'était ça, ou rien.
—Vous aviez peur, la nuit, pendant la guerre ?
Bien sûr que j'avais peur, comme tous les enfants autour de moi. Les soldats étaient partout, et on ne savait jamais ce qui arriverait demain. Mon corps s'affaiblissait à cause du manque de nourriture. À la fin, je pouvais à peine marcher. Puis, au printemps 1945, la libération est arrivée. Des gens sont venus nous apporter à manger, à nous les enfants affamés. Imagine ce que ça fait, quand tu meurs de faim, de voir arriver des mains pleines de lait et de biscuits. Ce jour-là, quelque chose s'est planté dans mon cœur pour toujours. Je me suis promis de ne jamais oublier les enfants qui ont faim.
Voir arriver des mains pleines de lait quand tu meurs de faim, ça ne s'oublie jamais.
—C'était comment, votre premier grand film à Rome ?
Ah, Vacances romaines ! C'était en 1953, et je jouais une princesse qui s'enfuit pour découvrir la ville toute seule. Tu imagines ? Une jeune fille qui laisse tomber ses obligations juste pour rire un jour entier. On a tourné dans les vraies rues de Rome. Il y avait la Fontaine de Trevi, et une bouche de pierre où l'on glisse la main. Le plus amusant, c'était la scène en Vespa, ce petit scooter italien. On filait dans les ruelles, les cheveux au vent. Pour la première fois, une caméra me regardait vraiment. Et le plus incroyable : ce premier grand rôle m'a valu un Oscar. Je n'y croyais pas.
Une princesse qui laisse tout tomber juste pour rire un jour entier.
—Vous étiez contente ou stressée de gagner l'Oscar aussi vite ?
Les deux à la fois, mon garçon ! Tu sais, gagner l'Oscar de la meilleure actrice pour son tout premier grand rôle, c'est très rare. J'avais peur de ne pas le mériter. Dans le film, on m'avait fait une coiffure de princesse : un beau chignon relevé, avec une petite tiare posée dessus. Beaucoup de jeunes filles ont voulu se coiffer comme ça après. Mais moi, au fond, j'étais une danseuse timide qui avait connu la guerre. Alors tenir cette statuette dorée entre mes mains, c'était comme un rêve un peu trop grand pour moi. J'ai compris ce jour-là que ma vie allait complètement changer.
Tenir cette statuette dorée, c'était un rêve un peu trop grand pour moi.
—Pourquoi tout le monde parle autant de votre petite robe noire ?
Ah, cette robe ! Tu parles de celle du film Breakfast at Tiffany's, en 1961. C'était une petite robe noire toute simple, mais élégante. Elle avait été dessinée par mon ami couturier, Hubert de Givenchy. Un couturier, c'est quelqu'un qui crée des vêtements à la main, rien que pour toi. Nous nous étions rencontrés dès 1957, et depuis, il habillait mes films. Tu sais, je crois qu'un vêtement simple mais bien coupé vaut mieux que mille fanfreluches. « La beauté d'une femme n'est pas dans ses vêtements ni son visage. Elle se trouve dans ses yeux. » Voilà ce que je pensais vraiment.
Un vêtement simple mais bien coupé vaut mille fanfreluches.

—Et vous, à la maison, vous vous habilliez élégante aussi ?
Oh non, pas du tout comme dans les films ! Chez moi, j'étais très simple. Je portais un pantalon droit, un col roulé bien chaud, une chemise blanche. Et surtout, des ballerines plates, ces chaussures sans talon. Tu sais pourquoi ? Parce que j'avais été danseuse quand j'étais jeune, à Londres. Alors mes pieds aimaient être libres. Les belles robes de Givenchy, je les gardais pour les grandes occasions, les cérémonies. Mais dans mon jardin, j'étais juste une dame ordinaire en pantalon confortable. Imagine : tu me croiserais dans la rue et tu ne devinerais peut-être même pas que je faisais du cinéma. J'aimais bien cette discrétion.
Mes pieds de danseuse aimaient être libres : toujours des ballerines plates.
—Pourquoi vous êtes partie aider les enfants en Afrique après le cinéma ?
Parce que je n'avais jamais oublié ma propre faim, mon enfant. En 1988, je suis devenue ambassadrice de l'UNICEF, une organisation qui protège les enfants du monde entier. Ma première grande mission, c'était en Éthiopie, après une terrible famine. J'ai vu des enfants maigres, affamés, exactement comme moi pendant la guerre. Sauf que moi, on m'avait sauvée. Alors je devais leur rendre la pareille. Je le disais dans mes lettres : « Je me bats pour les enfants qui n'ont pas de voix, parce que des mains et une voix m'ont été tendues quand j'en avais besoin, après la guerre. » C'était devenu le vrai sens de ma vie.
Des mains m'avaient sauvée enfant ; je devais rendre la pareille.

—Ça faisait quoi de voir ces enfants qui avaient faim comme vous avant ?
C'était bouleversant, mon garçon. Chaque fois, je revoyais la petite fille d'Arnhem que j'avais été. Je m'agenouillais près d'eux, je les prenais dans mes bras. Je notais tout dans un petit carnet, pour ne rien oublier et tout raconter au monde. Je suis allée dans des pays très pauvres : l'Éthiopie, le Bangladesh, la Somalie, le Vietnam. J'y suis restée engagée jusqu'à quelques semaines avant ma mort, en 1993. On m'a même remis un grand prix humanitaire en 1992. Mais je m'en fichais des prix. Ce qui comptait, c'était qu'un enfant de plus mange à sa faim ce soir-là. Un seul. C'était déjà énorme.
Chaque enfant affamé, c'était la petite fille d'Arnhem que j'avais été.
—Pourquoi vous êtes partie vivre à la campagne loin d'Hollywood ?
Parce que le cinéma, c'est beau, mais très bruyant, tu sais. Dès les années 1960, j'ai choisi une petite maison en Suisse, à Tolochenaz. Je l'avais appelée La Paisible — la paisible, celle qui donne la paix. Il y avait un jardin plein de fleurs, le calme, les oiseaux. Loin des caméras et des projecteurs. Le soir, je ne courais pas de fête en fête. Je cuisinais des pâtes ou de bons plats belges, je lisais des livres. Imagine : après avoir été une grande vedette, je préférais éplucher mes légumes tranquillement. C'est là que j'étais vraiment moi-même. Le bonheur, pour moi, ne brillait pas sous les projecteurs.
Le bonheur, pour moi, ne brillait pas sous les projecteurs.
—Vous mangiez quoi le soir, dans votre maison ?
Des choses toutes simples, mon enfant ! Après avoir connu la faim, je n'aimais pas le gaspillage ni les grands festins. J'affectionnais les pâtes, les légumes frais du jardin, un peu de fromage. Et j'avoue un petit péché gourmand : le chocolat belge, celui de mon pays de naissance. Le soir, je préférais un dîner tranquille en famille ou avec quelques amis proches, plutôt que les restaurants chics. On riait, on parlait, c'était doux. Tu vois, j'avais joué des princesses et des femmes glamour à l'écran. Mais dans la vraie vie, mon plus grand luxe, c'était une assiette de pâtes maison et les gens que j'aimais autour de la table.
Mon plus grand luxe : des pâtes maison et les gens que j'aimais autour de la table.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Audrey Hepburn. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.

