Interview imaginaire

Interview imaginaire avec David Unaipon

par Charactorium · David Unaipon (1872 — 1967) · Sciences · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de David Unaipon

Je retrouve David Unaipon un après-midi de conférence à Adélaïde, entre deux tournées de prédication, son carnet de croquis posé sur la table à côté d'une Bible usée. Le vieil homme que la presse locale surnomme déjà le « Léonard de Vinci australien » accepte, avec la patience d'un prêcheur habitué aux questions, de revenir sur une vie tissée de brevets, de légendes et de silences imposés.

Vous avez grandi à la mission de Point McLeay. Que retenez-vous de ces années-là ?

À Raukkan, que les blancs nomment Point McLeay, j'ai grandi au bord du lac Alexandrina, là où le Murray se repose avant la mer. Les missionnaires y tenaient une bibliothèque modeste, mais pour l'enfant que j'étais, elle contenait l'univers entier : traités de mécanique, ouvrages de philosophie naturelle, tout ce que je pouvais dévorer entre deux prières. Je me souviens d'avoir surpris ces hommes de Dieu par ma mémoire — ils ne s'attendaient pas à ce qu'un garçon aborigène retienne leurs formules aussi vite qu'eux. C'est là, dans ces pages empruntées, qu'est né mon tourment le plus tenace : comprendre le mouvement perpétuel, cette machine parfaite qui n'aurait besoin de rien pour durer toujours. Je n'ai jamais cessé d'y penser, même prêchant sur les routes, même vieillard.

C'est là, dans ces pages empruntées, qu'est né mon tourment le plus tenace.

D'où vous vient cette passion pour la mécanique et l'invention ?

Ma curiosité n'a jamais fait de différence entre la prière et le calcul. Je crois que c'est la même faculté de l'esprit qui cherche Dieu et qui cherche les lois de la matière. Enfant, je notais déjà dans un carnet mes observations sur les leviers, les roues, l'optique — un carnet que j'ai gardé toute ma vie, y ajoutant croquis après croquis. On s'étonnait de voir un homme de ma condition s'intéresser à ces choses réservées, disait-on, aux savants d'Adélaïde. Mais la mission de Point McLeay ne m'avait rien interdit de la science, seulement de la citoyenneté. J'ai donc pris la science comme on prend une terre qu'on vous refuse par ailleurs : entièrement, obstinément.

J'ai pris la science comme on prend une terre qu'on vous refuse par ailleurs.

Racontez-nous la naissance de votre tondeuse mécanique.

En 1909, j'ai déposé une demande de brevet provisoire, le numéro 15624, pour un mécanisme qui transformait le mouvement circulaire en un mouvement de va-et-vient rectiligne. J'y pensais depuis des années en observant les tondeurs manuels s'épuiser sur les moutons des fermes d'Australie du Sud — leurs bras répétant sans fin un geste que la mécanique pouvait accomplir mieux qu'eux. Le principe m'est venu presque naturellement, comme une évidence qu'il suffisait de coucher sur le papier. Je l'ai dessiné, calculé, présenté — et j'ai vu, dans les yeux de ceux à qui je le montrais, la même surprise qu'à la mission : qu'un homme comme moi puisse concevoir pareille chose.

Vous n'avez jamais tiré profit de cette invention. Qu'est-il arrivé ?

La protection d'un brevet coûte de l'argent, année après année, et je n'en avais pas. J'ai dû laisser retomber ma demande provisoire faute de pouvoir la renouveler, et j'ai vu d'autres, mieux pourvus, reprendre le principe que j'avais couché dans mes croquis. Cela ne m'a pas rendu amer — ou si peu. Je savais déjà, par ma tondeuse comme par mes légendes, que ce qu'un homme aborigène invente ne lui appartient pas longtemps aux yeux du monde blanc. On préfère souvent honorer le résultat que reconnaître la main qui l'a façonné. J'ai continué d'inventer malgré tout, parce que la curiosité ne demande pas de permission, elle.

Ce qu'un homme aborigène invente ne lui appartient pas longtemps aux yeux du monde blanc.

On dit que vous avez travaillé sur des machines volantes. Qu'en est-il ?

J'ai passé des années à observer le boomerang, cet objet que mon peuple ngarrindjeri manie depuis toujours, et j'y ai vu bien plus qu'une arme de chasse : un principe de portance que la science n'avait pas encore nommé. J'ai rempli des pages de croquis, des dispositifs à pales tournantes inspirés de sa courbe, convaincu qu'un jour l'homme s'élèverait dans les airs par un mouvement proche de celui d'une hélice plutôt que par des ailes fixes. On me prenait pour un rêveur, un prédicateur qui divague entre deux sermons. Peut-être. Mais je crois profondément que la nature porte déjà, dans ses formes les plus anciennes, les solutions que la science découvrira plus tard.

La nature porte déjà, dans ses formes les plus anciennes, les solutions que la science découvrira plus tard.

Qu'est-ce que le boomerang vous a appris sur le principe du vol ?

Dans mon carnet de notes scientifiques, à côté de mes calculs sur le mouvement perpétuel, il y a des dizaines de croquis de machines volantes, toutes nées de cette même courbe du boomerang. Je crois que le geste du chasseur ngarrindjeri qui le lance contient, sans le savoir, une leçon de mécanique aussi rigoureuse que celle des livres d'Adélaïde. Le boomerang revient parce qu'il obéit à des lois précises de l'air et de la rotation — je n'ai fait que vouloir les écrire, les mesurer, les appliquer à autre chose que la chasse. On me demandait parfois si je prêchais ou si je calculais. La vérité, c'est que je faisais les deux à la fois, sans jamais vraiment les séparer.

Vous avez écrit un recueil de légendes aborigènes en 1924. Comment est-il né ?

J'ai voulu recueillir les récits que mon peuple se transmet depuis toujours au bord des eaux du Murray, avant qu'ils ne s'effacent. C'est ainsi qu'est né, entre 1924 et 1925, mon manuscrit Legendary Tales of the Australian Aborigines — les légendes ngarrindjeri et d'autres peuples, couchées sur le papier pour la première fois par une main aborigène. Je ne voulais pas seulement prêcher l'Évangile aux miens ; je voulais aussi porter à l'homme blanc la sagesse et les traditions qu'il ignorait ou méprisait. Chaque récit que j'écrivais me ramenait au lac Alexandrina, à l'embouchure du fleuve, à mon enfance à Raukkan. Écrire ces légendes, c'était refuser qu'elles ne deviennent silence.

Écrire ces légendes, c'était refuser qu'elles ne deviennent silence.

En 1926, vos textes ont paru sous un autre nom. Comment avez-vous vécu cela ?

En 1926, j'ai vu mes récits paraître sous la plume d'un autre homme, l'anthropologue William Ramsay Smith, comme si les mots que j'avais rassemblés ne pouvaient porter le nom d'un Aborigène sur la couverture d'un livre. Cela m'a blessé profondément, plus que je ne l'ai jamais dit haut. J'ai continué pourtant, et en 1929 j'ai signé de mon propre nom une brochure, Native Legends, pour qu'au moins une fois mon nom accompagne mes mots. Si je pouvais imaginer qu'un jour, dans un siècle peut-être, mon manuscrit de 1924 paraîtrait enfin sous ma seule signature, cela me consolerait de bien des silences imposés. Un homme peut être dépossédé de sa terre, de sa citoyenneté, et même, ai-je appris, de ses propres phrases.

Un homme peut être dépossédé de sa terre, de sa citoyenneté, et même de ses propres phrases.

En 1934, vous avez témoigné devant une commission royale. Que vouliez-vous dire aux autorités ?

En 1934, on m'a demandé de témoigner devant une commission royale sur la condition de mon peuple. Je m'y suis présenté en costume sobre, comme il convient à un prédicateur, et j'ai parlé sans détour : nous ne demandions pas la charité, mais la reconnaissance de notre dignité et de notre capacité à penser, inventer, gouverner nos propres vies. J'avais en tête ma tondeuse, mes conférences, mes années de labeur intellectuel — autant de preuves, me semblait-il, qu'aucune commission ne devrait avoir à juger si un Aborigène mérite d'être un homme libre. Je ne sais si mes mots ont changé grand-chose ce jour-là, mais je les ai prononcés avec toute la fermeté que ma vie m'avait enseignée.

Comment jugez-vous l'exclusion de votre peuple de la citoyenneté depuis la Fédération ?

Depuis la Fédération de 1901, la nouvelle Constitution nous exclut du recensement, comme si nous n'existions pas assez pour être comptés parmi les habitants de ce pays que nous habitons depuis toujours. J'ai vécu cette contradiction toute ma vie : assez visible pour qu'on m'exhibe comme curiosité — le prédicateur savant, l'inventeur aborigène —, mais pas assez pour qu'on me reconnaisse comme citoyen à part entière. Je l'ai dit à la commission, je l'ai dit dans mes tournées à travers les missions comme Point Pearce : la dignité ne se négocie pas par petites concessions. Je ne verrai peut-être jamais ce pays compter mon peuple comme les autres, mais je continue de croire, en homme de foi autant que de science, que la vérité finit toujours par s'imposer.

La dignité ne se négocie pas par petites concessions.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de David Unaipon. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.