Interview imaginaire

Les enfants interrogent Jean Yanne

par Charactorium · Jean Yanne (1933 — 2003) · Spectacle · Arts visuels · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de 12 ans, en classe découverte, poussent la porte d'un studio poussiéreux plein de vieux micros. Un monsieur à la voix moqueuse les attend, un demi-sourire aux lèvres. « Alors comme ça, on veut savoir comment on rit de tout ? »

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à parler dans un micro ?

J'étais tout jeune, mon enfant, dans les années 1960. J'animais des émissions à la radio, sur Europe 1. Tu sais ce que c'était, une radio à mon époque ? Imagine une grosse boîte dans le salon, et des familles entières collées à écouter des voix, sans aucune image. Moi, je parlais dans ce micro comme si de rien n'était, et je disais des choses insolentes. Ça faisait rire les gens, mais pas du tout les patrons ! J'avais toujours des ennuis avec la direction. Une voix libre, à ce moment-là, c'était rare et ça dérangeait.

Un micro, c'est une bouche qui parle à tout un pays d'un coup.

Pourquoi ça énervait autant vos chefs, ce que vous disiez ?

Parce qu'à mon époque, mon petit, on ne rigolait pas avec les ondes. L'État surveillait tout, avec un gros machin qu'on appelait l'ORTF : l'Office qui contrôlait la radio et la télévision. Alors moi, je passais par une radio périphérique, une station qui émettait depuis l'étranger pour échapper à ce contrôle. Mais même là, dès que je me moquais un peu trop, on me tirait les oreilles. Tu vois, dire ce qu'on pense, ça semble simple. En vrai, à ce moment-là, ça pouvait te coûter ta place. Moi, je préférais perdre ma place que perdre ma langue.

Je préférais perdre ma place que perdre ma langue.

C'était comment de gagner un grand prix à Cannes ?

Ah, ça ! En 1972, j'ai reçu le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes. C'était pour un film triste, Nous ne vieillirons pas ensemble, où je jouais un homme dur. Imagine une grande salle pleine de gens élégants qui applaudissent. Eh bien, moi, je faisais un peu la tête. Ça peut te sembler bizarre, mon enfant. On me donnait la plus belle récompense, et je boudais ! Mais je me méfiais de tous ces honneurs officiels. J'avais peur qu'une médaille me rende sage et gentil. Or moi, mon métier, c'était de piquer, pas de ronronner.

J'avais peur qu'une médaille me rende sage et gentil.

Vous étiez content quand même, au fond, d'avoir ce prix ?

Un peu, oui, je ne vais pas te mentir, mon petit. Ça prouvait que je savais faire autre chose que rire. Dans ce film de Maurice Pialat, je jouais un rôle grave, presque méchant. Les gens ne me connaissaient que pour mes plaisanteries, et là ils découvraient un vrai acteur. Mais tu sais, quand on t'applaudit trop fort, une petite voix te dit : « Attention, tu deviens à la mode. » Et être à la mode, pour un moqueur comme moi, c'est presque une insulte. Alors j'ai pris le prix, et j'ai gardé mon air renfrogné. Comme ça, personne ne pouvait m'acheter.

Quand on t'applaudit trop fort, c'est que tu deviens à la mode.

Pourquoi vous vous êtes mis à faire vos propres films ?

Parce que jouer, c'était bien, mais je voulais commander, mon enfant ! En 1972, j'ai pris une caméra et j'ai réalisé Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Un titre rigolo, hein ? C'était une moquerie de la radio et de la publicité, tout ce blabla mielleux qui te promet le bonheur pour te vendre du savon. Derrière la caméra, je pouvais montrer exactement ce que je pensais. Imagine que tu tiens un pinceau et que tu peins la France telle qu'elle t'agace. Voilà ce que je faisais. Le public a adoré, et ça, ça me faisait bien plaisir.

Derrière la caméra, je peignais la France telle qu'elle m'agaçait.
Jean Yanne 1954 Studio Harcourt
Jean Yanne 1954 Studio HarcourtWikimedia Commons, CC BY 3.0 fr — Studio Harcourt

Vous n'aviez pas peur de fâcher les gens avec vos films ?

Fâcher les gens ? C'était un peu mon métier, mon petit ! En 1974, j'ai fait Les Chinois à Paris. J'imaginais la France envahie, et je montrais comment certains, au lieu de résister, se mettaient à plat ventre pour bien s'entendre avec l'envahisseur. Ça a fait scandale ! Beaucoup criaient, se sentaient visés. Mais c'était le but : je voulais gratter là où ça pique. Tu sais, une satire, c'est une œuvre qui se moque des défauts des gens pour les leur montrer. Moi, je me moquais des lâches et des opportunistes. Et il y en avait partout, crois-moi.

Mon métier, c'était de gratter juste là où ça pique.

Pourquoi vous aimiez autant vous moquer des époques anciennes ?

Parce que le passé, c'est un formidable terrain de jeu, mon enfant ! En 1982, j'ai fait Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ. Une parodie — c'est une imitation exagérée et comique — de l'Antiquité romaine, avec des Romains qui parlaient comme les gens d'aujourd'hui. Imagine des soldats en toge qui râlent comme ton voisin dans l'escalier ! Le public a ri aux éclats, ce fut un énorme succès. Plus tard, j'ai recommencé avec la Révolution française dans Liberté, Égalité, Choucroute. Tu vois, en déguisant les gens d'autrefois, je disais des choses sur nous, sur maintenant.

En riant du passé, je disais tout haut des choses sur le présent.

Ça vous demandait beaucoup de travail, un film comme ça ?

Oh oui, mon petit, plus qu'on ne croit ! Le matin, je lisais les journaux et j'écrivais mes dialogues sur un scénario dactylographié, tapé à la machine, feuille après feuille. L'après-midi, j'étais sur le plateau, à surveiller les acteurs, la musique, chaque plaisanterie. On répète une bêtise dix fois pour qu'elle fasse rire une seule ! Les gens pensent qu'une blague, ça tombe du ciel. En vérité, ça se travaille comme un menuisier travaille son bois. Une farce bien faite, c'est du sérieux qui se cache derrière un grand éclat de rire.

Une blague, ça se travaille comme un menuisier travaille son bois.
Identite-JeanYanne-1955-Sacem
Identite-JeanYanne-1955-SacemWikimedia Commons, Public domain — Inconnu

C'est vrai que vous collectionniez plein de vieilles voitures ?

Ah, ça, c'était ma grande passion, mon enfant ! J'adorais les automobiles anciennes et tout ce qui touche à la mécanique. J'en gardais plusieurs, rangées dans des endroits près de chez moi, en région parisienne. J'aimais les regarder, les toucher, sentir l'odeur du vieux cuir et de l'huile. Imagine un garçon devant un coffre à jouets qui n'aurait jamais grandi : c'était moi ! Et le plus drôle, c'est que j'en faisais même la matière de mes spectacles. Ma vie et mon métier se mélangeaient tout le temps. Ce qui m'amusait dans la vie finissait toujours sur une scène.

Ce qui m'amusait dans la vie finissait toujours sur une scène.

Si on venait chez vous, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier ?

Le désordre joyeux, mon petit ! Chez moi, en région parisienne, tu aurais vu des voitures anciennes rangées comme des trésors, des objets curieux ramassés partout, et des feuilles de dialogues qui traînaient. Je m'habillais sans chichi, veste décontractée, l'air un peu débraillé exprès. Ça collait avec mon caractère : je détestais faire l'important. Le soir, j'aimais recevoir des gens du spectacle, discuter fort, lancer des piques. La conversation vive, la repartie, c'était mon vrai plaisir. Tu vois, je n'ai jamais séparé le travail de l'amusement. Toute ma maison ressemblait à un immense atelier de bêtises sérieuses.

Je n'ai jamais séparé le travail de l'amusement.

Si on se souvient de vous aujourd'hui, vous aimeriez qu'on retienne quoi ?

Que j'ai ri de tout, mon enfant, mais jamais bêtement. Ce que j'appelle l'anticonformisme, c'est refuser de penser comme le troupeau, juste parce que tout le monde le fait. Moi, dès qu'une idée devenait trop sage, trop consensuelle, j'avais envie de la chatouiller. J'ai passé ma vie à me moquer des puissants, des lâches, des flatteurs. Non pour être méchant, mais pour réveiller les gens. Alors, si un jour tu entends une phrase que tout le monde répète sans réfléchir, souviens-toi du vieux Yanne. Pose-toi une question toute simple : « Et si c'était faux ? » Ça, c'est mon plus bel héritage.

Quand tout le monde répète la même phrase, demande-toi : et si c'était faux ?
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jean Yanne. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.