Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Tamar de Géorgie

par Charactorium · Tamar de Géorgie (1166 — 1213) · Politique · Militaire · Culture · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Tamar de Géorgie
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L'on m'a menée jusqu'à la salle d'audience du palais de Tbilissi, où la reine reçoit encore, dit-on, les rapports de ses provinces avant l'office du soir. Une lampe à huile brûle près d'une icône de la Mère de Dieu ; Tamar, reine des Kartvéliens, accepte de répondre à mes questions entre deux prières.

Comment avez-vous réagi lorsque certains de vos propres nobles ont refusé de vous reconnaître comme reine, à la mort de votre père ?

Mon père, le roi Georges III, m'avait fait couronner co-régente de son vivant pour que nul ne puisse contester ma part du trône. Et pourtant, quand Dieu l'a rappelé à Lui en 1184, certains aznauri ont osé prétendre qu'une femme seule ne pouvait tenir les rênes du royaume sans tuteur. J'ai laissé parler leur orgueil, puis j'ai convoqué le grand concile de Lorthkhis — devant l'Église, devant les nobles, devant Dieu même. Je n'ai pas plié. On m'a vue reine, non par la seule volonté des hommes, mais parce que le sang des rois de Karthlie coule en moi comme en tout souverain qui m'a précédée.

Que s'est-il passé exactement lors de ce concile de Lorthkhis ?

Le concile fut solennel, tenu devant le Catholicos et les grands du royaume réunis en Darbazi. Certains espéraient encore m'imposer un conseil de tuteurs, comme on ferait pour une enfant. J'ai rappelé que j'avais déjà porté la couronne plusieurs années aux côtés de mon père, et que la légitimité ne se négocie pas dans une salle. J'ai parlé de la charge que Dieu m'avait confiée envers les Kartvéliens, les Arméniens et les Abkhazes de mon royaume. Les plus récalcitrants ont fini par se taire, non par crainte, mais parce qu'aucun d'eux n'a su répondre devant l'assemblée. Depuis ce jour, je n'ai plus eu à prouver que mon sceptre m'appartenait.

On raconte que votre premier mariage fut un échec. Pouvez-vous nous en parler ?

Mes nobles insistaient pour que je prenne époux, un prince digne de partager mon trône et de mener mes armées. On m'a présenté Iouri, fils du prince de Souzdal, réputé vaillant guerrier ; j'ai accepté par devoir envers mon royaume, vers 1185. Mais l'homme que j'ai reçu dans mon palais de Tbilissi buvait plus qu'il ne priait, et sa colère se déversait sur qui l'entourait sans juste motif. Une reine peut supporter bien des épreuves pour la paix du royaume, mais non celle-ci : un époux qui néglige ses devoirs envers Dieu et son peuple. J'ai prié longuement avant d'agir, car le mariage est sacrement, non chaîne à endurer en silence.

Beaucoup de reines auraient enduré un tel mariage sans jamais s'en séparer. Pourquoi avez-vous choisi de le répudier ?

Parce que je gouverne, et qu'une reine qui ne peut ordonner sa propre maison ne saurait ordonner un royaume. Vers 1187, j'ai réuni mon Darbazi, exposé les torts d'Iouri, et obtenu de l'Église l'annulation de notre union selon les voies justes. On l'a renvoyé au-delà de mes frontières, sans les honneurs qu'il espérait. Certains ont murmuré qu'une femme ne pouvait décider seule d'une telle rupture ; je leur ai répondu par les actes, non par les mots. Ce fut, je crois, la première fois qu'on comprit que je ne céderais sur rien de ce qui touche à la dignité de ma couronne, fût-ce dans l'intimité du foyer royal.

Une reine qui ne peut ordonner sa propre maison ne saurait ordonner un royaume.

Parlez-nous de la victoire de Chamkor, en 1195.

Nos armées ont affronté l'atabeg Abu Bakr et ses Eldiguzides près de Chamkor, en terre d'Azerbaïdjan. Dieu nous a donné la victoire, et l'on m'a rapporté que les cloches de nos églises à Tbilissi sonnèrent trois jours durant pour célébrer ce triomphe. Un butin considérable nous revint — armes, étoffes, richesses arrachées à l'ennemi. Mais la victoire au combat n'est rien si elle ne sert que l'orgueil du vainqueur. J'ai pensé aux monastères qui manquaient de pain, aux pauvres qui attendaient devant les portes de mon palais, et j'ai ordonné qu'on leur distribue une large part de ce que Dieu nous avait accordé. Ce fut, je crois, la manière la plus juste de rendre grâce.

Vous auriez pu garder ce butin pour votre trésor. Qu'est-ce qui vous a poussée à le distribuer ?

Chaque matin, avant même de recevoir mes ministres, je m'agenouille avec les prêtres de ma chapelle pour l'office. Je porte toujours près de moi une icône de la Mère de Dieu, y compris lorsque j'accompagne mes armées jusqu'aux abords du champ de bataille. Comment aurais-je pu croire que la victoire venait de mon seul bras, et non de Sa miséricorde ? Garder ce butin pour moi-même eût été un péché d'ingratitude. Je jeûne selon le calendrier de notre Église, je m'abstiens de viande aux jours prescrits, et je tiens qu'un souverain qui amasse sans partager trahit la charge que Dieu lui confie envers son peuple.

Le trésor d'une reine se mesure aux monastères qu'elle nourrit, non aux coffres qu'elle remplit.
The Georgian Empire of Queen Tamar, ca. 1200-es
The Georgian Empire of Queen Tamar, ca. 1200-esWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — The Georgian Empire of Queen Tamar, ca. 1200.JPG: Unknown authorUnknown author derivative work: Rowanwindwhistler (t

Votre cour a vu naître une grande œuvre de notre littérature. Comment est né Le Chevalier à la peau de panthère ?

Ma cour attire depuis longtemps les esprits les plus fins du royaume — lettrés, théologiens, poètes que je reçois le soir même, après les offices, autour de ma table. Parmi eux, Chota Roustavéli portait en lui un chant qu'aucun scribe géorgien n'avait encore osé composer avec une telle ampleur. Je lui ai offert ma protection et mes moyens, comme je le fais pour tant de manuscrits enluminés destinés à nos monastères. Il en a tiré le Vepkhistkaosani, où l'amour, la vaillance et la fidélité se répondent comme dans un miroir. Je ne sais si les siècles retiendront mon nom autant que les vers de ce chevalier, mais aucune cour d'Orient ne pouvait faire naître pareille œuvre sans la paix que mon règne lui a donnée.

Le poème vous est dédié directement. Que représente pour vous cet hommage ?

Roustavéli m'a dédié ses vers comme on offre un cierge devant une icône, avec un dévouement qui dépasse, je crois, ma seule personne — c'est le royaume tout entier qu'il honore à travers moi. Dans sa dédicace, il écrit que je suis « semblable au soleil, dont le regard fait fondre le cœur comme cire ». Je reçois cette image avec humilité plus qu'avec orgueil, car un souverain n'est rien sans les poètes qui savent dire ce que ses actes seuls ne peuvent exprimer. Ce chant restera peut-être, quand mes batailles et mes chartes seront oubliées des hommes, le témoignage le plus vivant de ce que fut mon règne.

Vos chartes vous donnent des titres venus de mondes très différents. Pourquoi ce choix ?

Mon royaume touche à la fois aux terres chrétiennes d'Arménie, aux principautés perses et musulmanes du Sud, et aux rivages de la mer Noire où parle encore le grec de Byzance. Dans mes chartes, je me nomme reine d'Abkhazie, de Karthlie, des Kakhétiens et des Arméniens, mais aussi Chaahinchah — roi des rois en langue persane — car j'ai soumis des dynasties musulmanes qui n'auraient reconnu nul autre titre. Ce n'est pas vanité : un souverain qui gouverne des peuples si divers doit parler à chacun dans les mots qu'il entend. Mon chancelier scelle ces chartes de mon sceau, et chacun, du Catholicos de Mtskheta jusqu'au dernier aznauri, sait que mon autorité s'étend sur l'Orient comme sur l'Occident.

En 1203, vous remportez la victoire de Basiani. Que représentait cette bataille ?

Le sultan seldjoukide Rukn al-Din Suleiman Shah croyait pouvoir humilier mon royaume sur la plaine de Basiani. Mes généraux, les frères Zakarian, y ont conduit nos troupes avec la bravoure que je leur connaissais, et Dieu nous a de nouveau favorisés. Cette victoire a scellé ce que je considère comme l'apogée de mon règne : nos frontières touchaient alors la mer Noire comme la mer Caspienne. Mais je n'oublie jamais que la force des armes ne vaut que si elle protège les monastères, les laboureurs, les marchands qui font vivre ce royaume. Basiani a confirmé aux yeux de tous les peuples du Caucase que la Géorgie tient sa place parmi les grandes puissances chrétiennes d'Orient.

L'année suivante, en 1204, Constantinople tombe aux mains des croisés. Comment avez-vous vécu cet événement, et pourquoi avez-vous choisi de soutenir les princes Comnène ?

Nouvelle terrible pour tout chrétien d'Orient : la ville de Constantin, cœur de notre foi byzantine, saccagée par des croisés venus d'Occident. Les princes Alexis et David Comnène, réfugiés à ma cour, portaient dans leurs yeux le désespoir d'un monde qui semblait s'effondrer. Je leur devais bien plus qu'une hospitalité : par les liens du sang et de la foi, je leur ai donné mes soldats et mon or pour qu'ils fondent un nouvel État sur les rives de la mer Noire, à Trébizonde. Ainsi, même quand Constantinople chancelait, un foyer de l'orthodoxie grecque continuait de brûler, allumé par une main géorgienne.

Même quand Constantinople chancelait, un foyer de l'orthodoxie grecque continuait de brûler, allumé par une main géorgienne.

Si l'on devait se souvenir d'une seule chose de votre règne, que souhaiteriez-vous que ce soit ?

Je ne sais ce que les siècles retiendront de moi, ni même si mon nom traversera les générations au-delà de mon fils Georges, que certains appellent déjà Lasha, lumière du monde. J'aimerais qu'on se souvienne que j'ai reçu un royaume menacé par la discorde de ses propres nobles, et que je le laisse plus vaste, plus riche de monastères et de poèmes qu'il ne l'était sous mon père. Qu'on se souvienne aussi que j'ai gouverné comme une chrétienne fidèle, distribuant plus que je n'amassais, jugeant avec justice au Darbazi, et priant chaque matin avant de commander mes armées. Si l'Église, dans sa miséricorde, voulait un jour compter mon nom parmi ceux qu'elle honore, je n'y verrais que la preuve que j'ai servi Dieu autant que ma couronne.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Tamar de Géorgie. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.