Jean-Jacques Rousseau
Jean-Jacques Rousseau
1712 — 1778
république de Genève
Philosophe, écrivain et musicien genevois (1712-1778), figure majeure des Lumières. Auteur du Contrat social et des Confessions, il a profondément influencé la pensée politique et pédagogique en promouvant la souveraineté populaire et l'éducation naturelle.
Citations célèbres
« L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. »
« Je sens mon cœur et je connais les hommes. »
« La volonté générale ne peut point errer. »
Faits marquants
- 1712 : Naissance à Genève le 28 juin
- 1749 : Découverte de sa vocation philosophique en lisant l'Académie de Dijon
- 1762 : Publication du Contrat social et d'Émile, qui provoquent sa condamnation
- 1769-1770 : Rédaction des Confessions (publiées posthumément en 1782)
- 1778 : Mort à Ermenonville le 2 juillet
Œuvres & réalisations
Premier grand texte de Rousseau, couronné par l'académie de Dijon, dans lequel il soutient paradoxalement que le progrès des arts et des sciences a corrompu les mœurs plutôt que de les améliorer.
Œuvre majeure dans laquelle Rousseau imagine l'état de nature originel de l'homme, bon par essence, et analyse comment la propriété et la société ont engendré les inégalités.
Roman épistolaire à succès immense, qui prône les vertus de la sensibilité, de l'amour sincère et de la vie à la campagne contre l'hypocrisie des mœurs parisiennes.
Traité de philosophie politique fondateur, dans lequel Rousseau développe les notions de volonté générale et de souveraineté populaire, posant les bases théoriques de la démocratie moderne.
Traité pédagogique révolutionnaire qui prône une éducation naturelle respectant le développement spontané de l'enfant, loin des contraintes artificielles de la société.
Autobiographie pionnière dans laquelle Rousseau se livre avec une sincérité inédite, inventant un nouveau genre littéraire et influençant toute la tradition romantique.
Dernier texte inachevé de Rousseau, dix promenades méditatives au cours desquelles il réfléchit à sa solitude, à la nature et au bonheur, chef-d'œuvre du lyrisme préromantique.
Anecdotes
En 1749, Rousseau marchait vers Vincennes pour rendre visite à Diderot emprisonné lorsqu'il s'arrêta sous un chêne pour se reposer et lire le Mercure de France. En tombant sur un concours de l'académie de Dijon sur la question 'Les sciences et les arts ont-ils contribué à épurer les mœurs ?', il fut pris d'une illumination soudaine qui allait changer sa vie. Il décida de soutenir la thèse inverse de tous ses contemporains : les arts et les sciences corrompent l'homme. Ce texte, le Discours sur les sciences et les arts, lui valut le premier prix et une célébrité immédiate.
Rousseau entretenait une passion sincère pour la musique et proposa en 1742 à l'Académie des sciences de Paris un nouveau système de notation musicale fondé sur des chiffres plutôt que sur des notes. L'Académie jugea le système ingénieux mais impraticable. Malgré cet échec, il continua à composer et écrivit un opéra, Le Devin du village, qui fut joué devant Louis XV à Fontainebleau en 1752 et remporta un immense succès.
Bien que philosophe des Lumières, Rousseau entretint une relation tumultueuse avec Voltaire. Lorsque Voltaire publia anonymement un pamphlet révélant que Rousseau avait abandonné ses cinq enfants à l'Hospice des Enfants-Trouvés, le scandale fut immense. Rousseau reconnut les faits mais s'en expliqua dans ses Confessions, affirmant avoir agi dans l'intérêt des enfants et par incapacité à les élever dignement — une contradiction douloureuse avec ses théories sur l'éducation exposées dans l'Émile.
Vers la fin de sa vie, Rousseau développa une passion pour la botanique qui lui apportait une sérénité qu'il ne trouvait plus dans la philosophie. Il herborisait des heures entières dans les champs et les forêts, constituant un herbier et entretenant une correspondance avec des botanistes. Cette activité lui inspirera ses Rêveries du promeneur solitaire, dans lesquelles la nature devient un refuge contre les angoisses et les persécutions ressenties.
Sources primaires
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit le maître des autres, qui ne laisse pas d'être plus esclave qu'eux.
Tout est bien sortant des mains de l'Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme.
Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.
Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même.
Lieux clés
Ville natale de Rousseau, dont il était fier d'être citoyen. Son attachement à la République de Genève et à ses valeurs démocratiques a profondément influencé sa pensée politique.
Maison de Mme de Warens où Rousseau vécut une période heureuse entre 1736 et 1742, se formant en autodidacte en lisant et réfléchissant dans un cadre champêtre qu'il idéalisera toute sa vie.
Rousseau y vécut de nombreuses années, fréquentant les salons des Lumières et collaborant à l'Encyclopédie, avant de se brouiller avec le milieu philosophique parisien qu'il jugeait corrompu.
Refuge de Rousseau en 1765, chassé de Môtiers par ses opposants. Il y vécut deux mois de bonheur champêtre qu'il considérait comme les plus beaux de sa vie, évoqués avec nostalgie dans les Rêveries.
Domaine du marquis de Girardin où Rousseau passa les dernières semaines de sa vie et mourut le 2 juillet 1778. Son tombeau sur l'île des Peupliers devint immédiatement un lieu de pèlerinage révolutionnaire.
Galerie
Portrait of Jean-Jacques Rousseau (1712–1778)
Wikimedia Commons, Public domain — Maurice Quentin de La Tour

Mayer-Portrait de Rousseau à Ermenonville
Wikimedia Commons, Public domain — Georges-Frédéric Meyer (1735-1779)

French: Portrait de René-Louis de Girardin avec le buste de Jean-Jacques Rousseautitle QS:P1476,fr:"Portrait de René-Louis de Girardin avec le buste de Jean-Jacques Rousseau"label QS:Lfr,"Portrait d
Wikimedia Commons, Public domain — Attributed to Jean-Baptiste Greuze

Portrait of Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)label QS:Len,"Portrait of Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)"
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Portrait of Capitaine Ebenerlabel QS:Len,"Portrait of Capitaine Ebener"
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Wikimedia Commons, Public domain — Jean-Antoine Houdon
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Discours sur les sciences et les arts
1750
Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
1755
Julie, ou la Nouvelle Héloïse
1761
Du Contrat social
1762
Émile, ou De l'éducation
1762
Les Confessions
1782 (posthume)
Les Rêveries du promeneur solitaire
1782 (posthume)






