Robespierre(1758 — 1794)

Maximilien de Robespierre

France

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PolitiqueRévolutionnairePolitiqueJuristeTemps modernesFin du XVIIIe siècle (Révolution française, 1789-1799)

Avocat et homme politique français (1758-1794), Robespierre est une figure majeure de la Révolution française. Chef de file des Montagnards, il domine le Comité de salut public et incarne la Terreur avant d'être exécuté en 1794.

Questions fréquentes

Maximilien de Robespierre (1758-1794) était un avocat d'Arras devenu l'un des principaux acteurs de la Révolution française, notamment comme chef des Montagnards à la Convention nationale. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne à la fois les idéaux démocratiques les plus purs et la dérive autoritaire de la Terreur. Surnommé « l'Incorruptible » pour son intransigeance morale, il a dominé le Comité de salut public et théorisé le lien entre vertu et terreur dans son célèbre rapport de février 1794. Sa chute le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794) marque la fin de la phase la plus radicale de la Révolution.

Citations célèbres

« La vertu sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur sans laquelle la vertu est impuissante. »
« Le secret de la liberté est l'éducation. »

Faits marquants

  • 1789 : Élu député aux États généraux, défend les idées républicaines
  • 1791-1792 : Membre influent du club des Jacobins et de l'Assemblée législative
  • 1793-1794 : Domine le Comité de salut public et dirige la Terreur (environ 16 000 exécutions)
  • 1794 : Élimine les rivaux politiques (Hébert, Danton) pour consolidiser son pouvoir
  • 28 juillet 1794 : Arrêté et guillotiné lors de la réaction thermidorienne

Œuvres & réalisations

Discours sur la peine de mort (1791)

Discours à l'Assemblée constituante plaidant pour l'abolition de la peine de mort, position courageuse à l'époque. Ironie tragique : Robespierre deviendra l'un des principaux artisans des exécutions de la Terreur.

Rapport sur les principes de morale politique (5 février 1794)

Texte fondamental dans lequel Robespierre théorise le lien entre vertu et terreur comme piliers du gouvernement révolutionnaire. Ce discours reste le document le plus cité pour comprendre sa vision politique.

Le Défenseur de la Constitution (journal) (1792)

Journal fondé et rédigé par Robespierre pour défendre ses idées républicaines et attaquer les Girondins. Il contribua à imposer son influence idéologique au sein du mouvement révolutionnaire.

Discours sur la guerre (opposition à la guerre contre l'Autriche) (Janvier 1792)

Discours dans lequel Robespierre s'oppose seul ou presque à la déclaration de guerre, anticipant les dangers d'une guerre offensive pour la Révolution. Il y montra une lucidité stratégique remarquable.

Rapport sur les factions de l'étranger et la conjuration de Danton (Mars-avril 1794)

Rapport ayant mené à l'arrestation et l'exécution de Danton et ses alliés. Il illustre la logique implacable de la Terreur et la paranoïa croissante du Comité de salut public.

Discours sur l'Être suprême (7 mai 1794)

Robespierre y instaure officiellement le culte de l'Être suprême, religion civique destinée à remplacer le christianisme et l'athéisme. Cette initiative théocratique contribua à l'isoler au sein de la Convention.

Anecdotes

Jeune avocat à Arras, Robespierre défendit un client contre la Compagnie des mines d'Anzin en 1782, plaidant pour les plus humbles contre les puissants. Cette réputation de défenseur des pauvres lui valut le surnom d'« Avocat des pauvres » bien avant la Révolution.

Élu aux États généraux en 1789, Robespierre était si peu connu qu'un contemporain le décrivit comme portant des habits défraîchis et regardant autour de lui avec inquiétude. Quelques années plus tard, il serait l'homme le plus puissant de France.

Robespierre était célèbre pour son soin extrême de son apparence : il portait toujours un habit soigné, une perruque poudrée et un fard léger, même aux heures les plus sombres de la Terreur. Ses contemporains notaient qu'il paraissait toujours impeccable, comme s'il voulait incarner lui-même l'idéal de vertu républicaine.

Le 8 Thermidor an II (26 juillet 1794), Robespierre prononça un discours à la Convention annonçant qu'il détenait une liste de traîtres sans la nommer. Cette ambiguïté terrifa tant ses collègues qu'ils se liguèrent contre lui le lendemain : son propre manque de précision précipita sa chute.

Lors de la Fête de l'Être suprême du 8 juin 1794, Robespierre présida la cérémonie en costume bleu ciel, tenant un bouquet de fleurs. Il mit le feu à une statue représentant l'Athéisme, d'où surgit une statue de la Sagesse — mais la fumée la noircit, ce que ses ennemis interprétèrent comme un mauvais présage.

Sources primaires

Discours sur la peine de mort à l'Assemblée constituante (30 mai 1791)
Je viens prier, non les Dieux, mais les hommes, non les tyrans, mais mes concitoyens, d'arrêter le cours de ces funestes erreurs. Je prétends prouver que la peine de mort est essentiellement injuste.
Rapport sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention (5 février 1794)
Le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante.
Discours sur le rapport des idées religieuses et morales avec les principes républicains (7 mai 1794)
Quelle est la nature du gouvernement qui peut opérer de tels prodiges ? Le gouvernement démocratique ou républicain. Ces deux mots sont synonymes, malgré les abus du langage vulgaire.
Lettres à ses concitoyens d'Arras (1792)
Je suis votre défenseur et votre ami ; je n'ai d'autre ambition que de servir la cause du peuple et de la liberté.

Lieux clés

Arras (Pas-de-Calais)

Ville natale de Robespierre, où il naquit en 1758 et exerça comme avocat. C'est là qu'il forgea sa réputation de défenseur des humbles avant d'être élu aux États généraux.

Club des Jacobins, Paris

Installé dans l'ancien couvent des Jacobins rue Saint-Honoré, ce club fut le principal foyer de radicalisme révolutionnaire. Robespierre en devint le leader incontesté et y prononça de nombreux discours décisifs.

La Convention nationale, Paris

Assemblée révolutionnaire qui gouverna la France de 1792 à 1795, où Robespierre siégeait sur les bancs élevés de la Montagne. C'est là qu'il fut arrêté le 9 Thermidor an II.

Maison Duplay, rue Saint-Honoré, Paris

Robespierre logea chez le menuisier Maurice Duplay à partir de 1791 jusqu'à son arrestation. Cette maison simple, symbole de sa sobriété affichée, était un lieu de passage pour les militants révolutionnaires.

Place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), Paris

Lieu d'exécution de Louis XVI en janvier 1793, et de Robespierre lui-même le 28 juillet 1794. Cette place symbolise tragiquement l'aboutissement de la Terreur.

Liens externes & ressources

Voir aussi