Abd al-Rahman al-Saadi

Abd al-Rahman ibn Abdallah al-Sa'di

5 min de lecture

LettresCultureSpiritualitéTemps modernesAfrique de l'Ouest du XVIIe siècle, après l'effondrement de l'empire songhaï et la conquête marocaine de Tombouctou (1591), à l'époque du pachalik et du déclin des grands centres savants du Soudan.

Chroniqueur, érudit et secrétaire originaire de Tombouctou, auteur du Tarikh es-Soudan, l'une des principales sources écrites sur l'empire songhaï et les villes savantes du Soudan occidental. Son œuvre retrace la succession des Askia et la vie intellectuelle de Tombouctou.

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Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est qu'al-Saadi n'était pas seulement un érudit de Tombouctou : il fut le témoin direct de l'effondrement de l'empire Songhaï après la conquête marocaine de 1591. Son Tarikh es-Soudan, achevé vers 1655, est l'une des rares sources écrites africaines sur cette période. Ce qui rend cette chronique décisive, c'est qu'elle raconte plusieurs siècles d'histoire des empires du Mali et du Songhaï, sans laquelle une grande partie de la mémoire de l'Afrique de l'Ouest médiévale aurait disparu. Il faut imaginer un savant qui, dans une cité en déclin, consacre sa vie à sauver le passé de l'oubli.

Faits marquants

  • Né en 1594 à Tombouctou, au cœur d'un grand foyer de savoir islamique d'Afrique de l'Ouest
  • Rédige le Tarikh es-Soudan, chronique achevée vers 1655 retraçant l'histoire des empires du Ghana, du Mali et du Songhaï
  • Y détaille la généalogie et les règnes des Askia, dont Askia Mohammed (r. 1493-1528), fondateur de la dynastie
  • Exerce comme secrétaire et négociateur pour les autorités du pachalik de Tombouctou après la conquête marocaine de 1591
  • Mort vers 1655-1656, laissant une source majeure pour l'histoire du Soudan occidental

Œuvres & réalisations

Tarikh es-Soudan (vers 1655)

Chronique majeure de l'histoire des empires du Mali et du Songhaï et de la vie savante de Tombouctou ; l'une des principales sources écrites sur le Soudan occidental.

Récit de la dynastie des Askia (XVIIe siècle)

Partie centrale du Tarikh retraçant la succession des souverains songhaï, depuis Sonni Ali jusqu'à la chute de l'empire.

Chronique de la conquête marocaine de 1591 (XVIIe siècle)

Témoignage détaillé de la bataille de Tondibi et de l'effondrement du Songhaï, précieux pour comprendre cette rupture historique.

Notices biographiques des savants de Tombouctou (XVIIe siècle)

Portraits des oulémas et juristes de la cité, qui font du Tarikh une mine de renseignements sur la vie intellectuelle locale.

Relation des pachas et de l'administration arma (XVIIe siècle)

Histoire du pachalik de Tombouctou après 1591, écrite par un témoin proche du pouvoir, sur le gouvernement des Arma.

Anecdotes

Né à Tombouctou en 1594, juste trois ans après la conquête marocaine de 1591, al-Saadi grandit dans une cité savante en plein déclin. Il consacrera sa vie à écrire l'histoire de cette grandeur perdue, comme pour la sauver de l'oubli.

Son grand œuvre, le Tarikh es-Soudan, raconte plusieurs siècles d'histoire des empires du Mali et du Songhaï. Sans ce livre, une grande partie de la mémoire de l'Afrique de l'Ouest médiévale aurait disparu : il reste aujourd'hui l'une des sources écrites les plus précieuses sur ces royaumes.

Al-Saadi ne fut pas qu'un savant enfermé dans les livres : il travailla comme secrétaire et négociateur pour l'administration du pachalik. Il fut même envoyé en mission diplomatique pour apaiser des révoltes le long du fleuve Niger.

Il décrit Tombouctou comme une ville où l'on faisait commerce de livres autant que de sel et d'or, et où certains savants possédaient des bibliothèques de centaines de manuscrits. Pour lui, le savoir était la véritable richesse de la cité.

Le manuscrit du Tarikh es-Soudan resta peu connu en Europe jusqu'au XIXe siècle. C'est l'explorateur allemand Heinrich Barth qui le redécouvrit, avant qu'il ne soit traduit et publié, révélant aux historiens un trésor de l'histoire africaine.

Sources primaires

Tarikh es-Soudan (Histoire du Soudan) (vers 1655)
Tombouctou était une cité saine, élégante, pure, agréable, illustre et bénie, où l'on trafiquait du sel, de l'or, des livres et des esclaves, et où affluaient les voyageurs et les hommes de science.
Tarikh es-Soudan, sur les savants de la ville (vers 1655)
En ces temps-là, Tombouctou n'avait pas son égale parmi les villes du pays des Noirs, par la solidité de ses institutions, ses libertés politiques, la pureté de ses mœurs et le grand nombre de ses savants.
Tarikh es-Soudan, sur la conquête marocaine (vers 1655)
Lorsque l'armée du sultan du Maroc pénétra dans le pays, l'ordre se changea en désordre, la sécurité en peur et la prospérité en misère ; les calamités s'abattirent sur les populations.

Lieux clés

Tombouctou

Cité savante du Soudan occidental où naquit al-Saadi, célèbre pour ses mosquées, ses écoles et son commerce de manuscrits.

Djenné

Ville marchande sur le delta intérieur du Niger, où al-Saadi exerça la fonction d'imam de la grande mosquée à partir de 1627.

Mosquée de Sankoré

Grand foyer d'enseignement de Tombouctou, considéré comme l'une des plus anciennes universités d'Afrique, où s'illustrèrent de nombreux savants.

Gao

Ancienne capitale de l'empire songhaï sur le fleuve Niger, au cœur des événements relatés dans le Tarikh es-Soudan.

Fleuve Niger

Grand axe vital du Soudan occidental, parcouru par al-Saadi lors de ses missions diplomatiques pour le pachalik.

Voir aussi