Adelaide Hall(1901 — 1993)

Adelaïde Hall

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueSpectacleXXe sièclePremière moitié et milieu du XXe siècle : l'âge d'or du jazz, de Harlem aux cabarets européens, traversant l'entre-deux-guerres, la Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre.

Adelaide Hall est une chanteuse de jazz américaine, naturalisée britannique, à la carrière exceptionnellement longue. Pionnière du chant sans paroles, elle s'illustre dès 1927 aux côtés de Duke Ellington avant de devenir une vedette de la scène européenne.

Questions fréquentes

Adelaide Hall était une chanteuse de jazz américaine naturalisée britannique, née en 1901 à Brooklyn et morte en 1993 à Londres. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle a été l'une des pionnières du scat, cette technique de chant sans paroles qui imite un instrument. En 1927, elle improvise ainsi sur Creole Love Call avec Duke Ellington, ce qui fait d'elle une innovatrice du jazz vocal. Moins connue que Joséphine Baker, sa carrière a pourtant été exceptionnellement longue – plus de 70 ans – et lui a valu une entrée au Livre Guinness des records.

Faits marquants

  • Née le 20 octobre 1901 à Brooklyn (New York), morte le 7 novembre 1993 à Londres.
  • Enregistre en 1927 le célèbre « Creole Love Call » avec Duke Ellington, où sa voix sans paroles est utilisée comme un instrument.
  • Se produit dans les revues de Harlem, notamment au Cotton Club, durant la Harlem Renaissance.
  • S'installe en Europe dans les années 1930, ouvrant un club à Paris (La Grosse Pomme) puis s'établissant à Londres.
  • Détient un record de longévité (carrière d'enregistrement s'étendant sur plus de sept décennies).

Œuvres & réalisations

Shuffle Along (1921)

Comédie musicale afro-américaine pionnière de Broadway, dans laquelle la jeune Adelaide Hall fait ses débuts.

Creole Love Call (avec Duke Ellington) (1927)

Enregistrement où sa vocalise sans paroles fait sensation et la consacre comme pionnière du chant-instrument.

Blackbirds of 1928 (1928)

Revue à grand succès où elle interprète notamment « I Can't Give You Anything But Love » et « Diga Diga Doo ».

Enregistrements avec Django Reinhardt (1938)

Séances parisiennes avec le célèbre guitariste, symboles du jazz transatlantique de l'entre-deux-guerres.

Émissions et concerts pour la BBC et les troupes (1939-1945)

Pendant la guerre, elle chante à la radio et pour les soldats, devenant une figure familière du public britannique.

Concert au Carnegie Hall (1988)

Retour triomphal sur l'une des plus prestigieuses scènes du monde, couronnant une carrière exceptionnellement longue.

Anecdotes

En 1927, en tournée avec l'orchestre de Duke Ellington, Adelaide Hall se met à improviser une mélodie sans paroles depuis les coulisses, transformant sa voix en véritable instrument. Ellington est si séduit qu'il l'enregistre aussitôt : ce « Creole Love Call » fait d'elle une pionnière du chant sans paroles, technique reprise plus tard par d'innombrables chanteurs de jazz.

La carrière d'Adelaide Hall est l'une des plus longues de l'histoire de la musique : elle chante professionnellement des années 1920 jusqu'aux années 1990. Le Livre Guinness des records l'a distinguée pour une carrière d'enregistrement s'étendant sur plus de soixante-dix ans.

Dans les années 1930, Adelaide Hall s'installe quelque temps à Paris et y ouvre un cabaret à Montmartre, « La Grosse Pomme », surnom de New York. La capitale française, folle de jazz, accueille alors de nombreux artistes afro-américains, comme Joséphine Baker.

Installée à Londres, Hall et son mari Bert Hicks dirigent un club très couru. Pendant le Blitz, les bombardements allemands de 1940, l'établissement est détruit. Loin de renoncer, la chanteuse continue de se produire pour soutenir le moral des Britanniques et des soldats.

En 1988, à 86 ans, Adelaide Hall remonte sur la scène du prestigieux Carnegie Hall de New York. Le public y découvre avec émotion une artiste dont la voix aura traversé presque tout le XXe siècle.

Sources primaires

Enregistrement « Creole Love Call », Duke Ellington & His Orchestra avec Adelaide Hall (Victor) (26 octobre 1927)
Sur ce disque, la voix d'Adelaide Hall ne prononce aucune parole : elle vocalise et plane comme un instrument au-dessus de l'orchestre, inaugurant une nouvelle façon de chanter le jazz.
Chanson « I Can't Give You Anything But Love » (revue Blackbirds of 1928) (1928)
« I can't give you anything but love, baby / That's the only thing I've got plenty of, baby. » Adelaide Hall popularise ce standard dès la création de la revue à Broadway.
Enregistrements parisiens avec Django Reinhardt et le Quintette du Hot Club de France (1938)
À Paris, Adelaide Hall grave plusieurs titres accompagnée du guitariste Django Reinhardt, témoignant des échanges du jazz transatlantique entre l'Amérique et l'Europe.
Livre Guinness des records — artiste à la carrière d'enregistrement la plus durable (années 1990)
Adelaide Hall y est reconnue pour une carrière d'enregistrement s'étendant sur plus de sept décennies, des années 1920 aux années 1990.

Lieux clés

Brooklyn, New York

Quartier de New York où naît Adelaide Hall en 1901.

Harlem, New York

Cœur de la Renaissance de Harlem, où elle se produit dans les revues et enregistre avec Duke Ellington.

Montmartre, Paris

Quartier parisien où elle ouvre son cabaret « La Grosse Pomme » dans les années 1930.

Londres

Sa ville d'adoption à partir de 1938 : elle y dirige un club, chante à la BBC et y meurt en 1993.

Carnegie Hall, New York

Salle prestigieuse où elle fait un retour triomphal en 1988, à plus de 80 ans.

Voir aussi