Akiko Yosano

Akiko Yosano

1878 — 1942

Japon

LettresXIXe siècleÈre Meiji et Taishō — modernisation du Japon, ouverture à l'Occident, émergence du féminisme

Poétesse et romancière japonaise (1878-1942), figure majeure du renouveau de la poésie waka à l'ère Meiji. Féministe engagée, elle défendit l'émancipation des femmes et s'opposa au nationalisme militariste japonais.

Citations célèbres

« Ne sacrifie pas ta vie, mon frère bien-aimé. (Kimi shinitamo koto nakare, 1904) »

Faits marquants

  • 1878 : naissance à Sakai (Osaka)
  • 1901 : publication du recueil de tanka Midaregami (Cheveux en désordre), révolution poétique
  • 1904 : poème antimilitariste 'Kimi shinitamo koto nakare' ('Ne meurs pas') adressé à son frère pendant la guerre russo-japonaise
  • 1921 : fonde avec son mari Tekkan l'école de poésie Myōjō
  • 1942 : décès à Tokyo

Œuvres & réalisations

Midaregami (Cheveux emmêlés) (1901)

Premier et plus célèbre recueil de tankas d'Akiko, il révolutionne la poésie classique en y introduisant une voix féminine libre, sensuelle et subversive. Son succès scandaleux en fait immédiatement un événement littéraire majeur de l'ère Meiji.

Kimi Shini Tamō Koto Nakare (Tu ne dois pas mourir) (1904)

Ce poème pacifiste adressé à son frère mobilisé lors de la guerre russo-japonaise est le texte le plus politiquement engagé d'Akiko. Il lui vaut des attaques virulentes des nationalistes, mais reste aujourd'hui son œuvre la plus citée hors du Japon.

Kogiwa (À la rive du vieux fleuve) (1905)

Deuxième recueil de tankas, il confirme la maîtrise d'Akiko et approfondit ses thèmes de prédilection : l'amour, la nature et la condition féminine.

Shin-shin yaku Genji Monogatari (Nouvelle traduction du Dit du Genji) (1912–1913 (1re version), 1938–1939 (2e version))

Akiko traduit par deux fois en japonais moderne le roman du XIe siècle de Murasaki Shikibu. Cette entreprise colossal de vulgarisation littéraire contribue à faire redécouvrir au grand public japonais l'œuvre fondatrice écrite par une femme.

Bosei shugi wo haikyo su (Contre le maternalisme) (1916)

Essai féministe majeur dans lequel Akiko conteste l'idéologie dominante qui réduit les femmes à leur rôle de mères au service de la nation. Elle y affirme que l'indépendance économique est la condition première de l'émancipation féminine.

Hakuōki (Fleurs de prunier blanc) (1942)

Dernier recueil de tankas publié l'année de sa mort, il témoigne d'une écriture épurée et d'un regard serein sur une vie consacrée à la poésie et à la liberté.

Anecdotes

En 1901, Akiko publie son premier recueil de poésie tanka, 'Midaregami' (Cheveux emmêlés), qui provoque un scandale dans le Japon meiji. Ses poèmes décrivent avec une franchise saisissante le désir amoureux et la sensualité féminine, thèmes alors tabous. Le recueil est immédiatement censuré, mais il devient un événement littéraire majeur et propulse la jeune femme de vingt-trois ans au rang de poétesse nationale.

En 1904, alors que son frère cadet est mobilisé lors de la guerre russo-japonaise, Akiko lui adresse un poème resté célèbre, 'Kimi Shini Tamō Koto Nakare' (Tu ne dois pas mourir). Elle y implore son frère de préserver sa vie plutôt que de sacrifier son existence pour l'Empereur. Ce texte pacifiste déchaîne les foudres des nationalistes, mais il est aujourd'hui considéré comme l'un des premiers textes féministes et antimilitaristes de la littérature japonaise moderne.

En 1912, Akiko traverse seule la Sibérie en train pour rejoindre son mari Tekkan, parti étudier à Paris. Ce voyage de plusieurs semaines, extraordinairement audacieux pour une femme japonaise de l'époque, la marque profondément. Elle découvre l'Europe, rencontre des artistes et intellectuels, et confirme ses convictions sur l'émancipation des femmes au contact des mouvements féministes occidentaux.

Mère de treize enfants, Akiko ne cesse jamais d'écrire. Elle publie plus de cinquante mille tankas au cours de sa vie, tout en rédigeant des essais, des romans et en traduisant en japonais moderne Le Dit du Genji, le chef-d'œuvre du XIe siècle. Sa capacité à concilier vie familiale nombreuse et production littéraire exceptionnelle force l'admiration de ses contemporains et reste un symbole de la femme créatrice revendiquant son indépendance intellectuelle.

Sources primaires

Midaregami (Cheveux emmêlés) (1901)
Haru mijikashi / nani ni fuchaku no / inochi zo to / chikara aru chichi no / oshie wo zo kiku — 'Le printemps est court, pour quoi s'attacher à la vie, entends-je enseigner par un père puissant.'
Kimi Shini Tamō Koto Nakare (Tu ne dois pas mourir) (Septembre 1904)
Ah, mon frère cadet, je pleure pour toi. / Tu ne dois pas mourir. / Dernier né de nos parents, / le plus aimé de tous — / tu ne dois pas mourir à la guerre.
Yama no Ugoku Hi (Le jour où les montagnes bougeront) (Septembre 1911, revue Seitō n°1)
Le jour où les montagnes bougeront est venu. / Je dis cela, mais personne ne me croit. / Les montagnes ont dormi un moment seulement. / Jadis, dans les flammes, elles avaient toutes bougé.
Lettres de Paris (Furansu dayori) (1912)
Je suis venue ici non par caprice, mais parce que je croyais en quelque chose : que les femmes ont le droit de penser, de voyager, d'aimer et d'écrire pour elles-mêmes.
Essai : 'Bosei shugi wo haikyo su' (Contre le maternalisme) (1916)
Avant d'être mère, je suis un être humain. L'État ne peut pas demander aux femmes de se sacrifier au nom de la maternité sans d'abord garantir leur indépendance économique et intellectuelle.

Galerie

Naar het licht Akarumi e (titel op object), RP-P-2005-544

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Akiko Yosano

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YOSANO Akiko (cropped)

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Akiko Yosano younger

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Bloem van dromen

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YOSANO Akiko

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130202 The Site of Yosano Akiko's Birthplace Sakai Osaka pref Japan01n

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Giftige plant

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Wikimedia Commons, Public domain — Fujishima Takeji; Fujishima Takeji died 1943; Akiko Yosano died 1942-05-29; Tekkan Yosano died 1935-03-26

Voir aussi