Alexandra Kollontaï
Alexandra Kollontaï
1872 — 1952
Union soviétique, Empire russe
Révolutionnaire bolchévique russe, Alexandra Kollontaï fut l'une des premières femmes à occuper un poste diplomatique au monde. Théoricienne du féminisme socialiste, elle défendit l'émancipation des femmes et la libération du mariage.
Citations célèbres
« La femme nouvelle est libre dans ses sentiments comme dans son travail. »
« L'amour est un sentiment social et non un privilège privé. »
Faits marquants
- 1872 : naissance à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique
- 1917 : nommée commissaire du peuple à l'Assistance publique après la Révolution d'Octobre
- 1923 : devient ambassadrice en Norvège, première femme ambassadrice de l'histoire moderne
- 1926-1930 : ambassadrice au Mexique puis en Suède
- 1952 : décès à Moscou à l'âge de 79 ans
Œuvres & réalisations
Premier grand ouvrage théorique de Kollontaï, il articule féminisme et marxisme en analysant l'oppression des femmes comme produit du capitalisme. Ouvrage fondateur du féminisme socialiste russe.
Étude comparative des politiques de protection de la maternité en Europe, plaidant pour une prise en charge collective de la maternité par l'État socialiste, libérant ainsi la femme de la dépendance économique envers son mari.
Brochure polémique dénonçant la bureaucratisation du Parti communiste soviétique et réclamant le contrôle ouvrier de l'économie. Ce texte lui valut une vive opposition de Lénine et de Trotski.
Recueil de trois nouvelles explorant les nouvelles formes d'amour et de relations amoureuses dans la société soviétique. Scandaleux pour les uns, libérateur pour les autres, il reste son œuvre littéraire la plus connue.
Récit autobiographique dans lequel Kollontaï retrace son parcours de femme révolutionnaire et féministe. Document précieux pour comprendre les tensions entre engagement politique et vie personnelle au début du XXe siècle.
Chef-d'œuvre diplomatique de Kollontaï, réalisé depuis Stockholm : elle facilita les contacts secrets entre Helsinki et Moscou, aboutissant à la paix séparée de septembre 1944 qui sortit la Finlande de la Seconde Guerre mondiale.
Anecdotes
En 1917, Alexandra Kollontaï fut nommée Commissaire du peuple à l'Aide sociale, devenant ainsi l'une des toutes premières femmes ministres de l'histoire moderne. Elle occupa ce poste dans le gouvernement bolchévique issu de la Révolution d'Octobre, une première mondiale qui fit sensation dans les chancelleries européennes.
Kollontaï était une oratrice redoutable : lors d'un meeting en 1905, elle harangua des milliers d'ouvriers pétersbourgeois malgré les cosaques postés aux portes. Sa voix portait si loin qu'on disait qu'elle pouvait « retourner une foule comme on retourne un gant ».
En 1923, elle publia 'L'Amour des abeilles travailleuses', un recueil de nouvelles défendant la liberté sexuelle et affective des femmes, qui scandalisa autant les milieux conservateurs que certains dirigeants bolchéviques. Lénine lui-même critiqua ses théories sur l'amour « libre » qu'il jugeait incompatibles avec la discipline révolutionnaire.
Nommée ambassadrice en Norvège en 1923, puis en Mexique et en Suède, Kollontaï devint la première femme à occuper le rang d'ambassadrice plénipotentiaire dans l'histoire de la diplomatie mondiale. Elle négocia notamment en 1944 la paix entre la Finlande et l'URSS, exploit diplomatique majeur qui lui valut d'être citée pour le prix Nobel de la paix.
Issue d'une famille aristocratique aisée, Alexandra abandonna à 26 ans un mariage confortable et une vie bourgeoise pour rejoindre les cercles révolutionnaires. Elle laissa derrière elle son mari ingénieur et son jeune fils Mikhaïl pour s'exiler en Europe occidentale, où elle fréquenta Marx, Engels et Rosa Luxemburg.
Sources primaires
La femme ne peut être vraiment libre tant qu'elle reste économiquement dépendante de l'homme. L'émancipation économique est la condition première, sine qua non, de toute libération réelle.
La société nouvelle exige un nouveau type de rapports entre les sexes, fondé non sur la propriété ni sur la dépendance, mais sur la camaraderie, l'égalité et la liberté mutuelle.
L'organisation de la gestion de l'économie nationale appartient aux syndicats. C'est là le principe fondamental que l'Opposition ouvrière défend contre la bureaucratisation croissante du Parti.
Je vous lègue ma conviction la plus profonde : aucune société ne peut se prétendre juste si elle maintient la moitié de ses membres dans la sujétion domestique et l'invisibilité politique.
Ma vie entière a été placée sous le signe d'une double lutte : celle pour la révolution sociale et celle pour la libération de la femme. Ces deux combats sont, à mes yeux, absolument inséparables.




