Al-Ma'mun(786 — 833)
Al-Ma’mūn
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Septième calife abbasside (règne 813-833), fils de Hârûn al-Rachîd. Mécène des savants, il développa la Maison de la Sagesse (Bayt al-Hikma) à Bagdad, foyer de traduction et de recherche scientifique.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Devient calife abbasside en 813 après une guerre civile contre son frère al-Amîn
- Développe la Maison de la Sagesse (Bayt al-Hikma) à Bagdad, centre de traduction gréco-arabe
- Soutient les travaux du mathématicien al-Khwârizmî, dont une mappemonde et l'algèbre
- Finance des mesures scientifiques comme l'évaluation de la circonférence de la Terre
- Meurt en 833 lors d'une campagne militaire contre l'Empire byzantin
Œuvres & réalisations
Al-Ma'mūn transforma cette institution en grand centre de traduction et de recherche, attirant les meilleurs savants de l'empire. Elle assura la transmission de l'héritage scientifique antique au monde arabe puis à l'Europe.
Il finança la traduction systématique des œuvres d'Aristote, Ptolémée, Euclide et Galien. Ce mouvement fit de l'arabe la langue scientifique majeure du Moyen Âge.
Sur son ordre, des astronomes mesurèrent un degré de méridien dans la plaine de Sinjar pour estimer la taille du globe. Le résultat fut d'une précision étonnante pour l'époque.
Les géographes du calife dressèrent une carte révisée du monde connu, corrigeant les données de Ptolémée. Elle figure parmi les premières grandes cartes scientifiques de l'Islam médiéval.
Il soutint l'établissement de tables astronomiques fondées sur l'observation, dont celles liées à al-Khwarizmi. Ces tables servirent à prévoir les positions des astres.
Sous son patronage, al-Khwarizmi rédigea son traité fondateur de l'algèbre. Le mot « algorithme » dérive du nom de ce savant attaché à la cour du calife.
Al-Ma'mūn imposa la doctrine mutazilite du Coran créé par une épreuve officielle des juges et savants. Cette politique controversée marqua durablement les relations entre pouvoir et religion.
Anecdotes
Selon les chroniqueurs, al-Ma'mūn envoyait des émissaires jusqu'à Constantinople pour acheter ou copier des manuscrits grecs anciens. La légende raconte qu'il aurait exigé des manuscrits scientifiques comme tribut de guerre auprès de l'empereur byzantin, préférant les livres à l'or.
Le calife finança une expédition d'astronomes dans la plaine de Sinjar pour mesurer la longueur d'un degré de méridien terrestre. En comparant les positions des étoiles à différentes latitudes, ses savants calculèrent la circonférence de la Terre avec une précision remarquable pour l'époque.
Al-Ma'mūn accéda au trône après une guerre civile sanglante contre son demi-frère al-Amin, qui se termina par le siège de Bagdad en 813. Il dut ensuite déménager temporairement sa cour à Merv, en Asie centrale, avant de rétablir l'autorité abbasside sur la capitale.
Passionné de débats, il organisait dans son palais des controverses (majlis) où philosophes, théologiens musulmans, chrétiens, juifs et zoroastriens discutaient librement de questions de raison et de foi. Le calife y participait lui-même, défendant l'usage de la logique grecque.
Vers la fin de son règne, al-Ma'mūn imposa la doctrine du « Coran créé » par une épreuve appelée la mihna, une sorte d'inquisition qui contraignait les juges et savants à adopter cette position rationaliste, emprisonnant ceux qui refusaient comme le célèbre théologien Ahmad ibn Hanbal.
Sources primaires
Al-Ma'mūn était l'homme le plus savant parmi les califes en matière de jurisprudence et de sciences ; il aimait s'entourer de savants et débattre avec eux.
Al-Ma'mūn vit en songe Aristote et l'interrogea sur le bien ; ce rêve l'incita à faire venir les livres des philosophes des pays des Grecs et à les faire traduire.
Il rassembla autour de lui les hommes de science, fonda la Maison de la Sagesse et fit traduire les ouvrages des Anciens en langue arabe.
Aucun calife avant lui n'avait à ce point encouragé le savoir ni récompensé les savants et les traducteurs avec autant de générosité.
Lieux clés
Capitale de l'Empire abbasside et siège de la Maison de la Sagesse, foyer mondial du savoir au IXe siècle. Al-Ma'mūn y régna après en avoir repris le contrôle en 819.
Grande ville du Khorassan (actuel Turkménistan) où al-Ma'mūn fut gouverneur puis établit sa cour au début de son règne. Il y prépara la reconquête de Bagdad.
Institution de traduction et de recherche que le calife développa, réunissant astronomes, mathématiciens et traducteurs. C'est là que furent transposés en arabe les savoirs grecs, perses et indiens.
Région du nord de la Mésopotamie où les astronomes du calife mesurèrent la longueur d'un degré de méridien vers 830. L'expérience permit d'estimer la circonférence de la Terre.
Ville de Cilicie, à la frontière byzantine, où al-Ma'mūn mourut en 833 lors d'une campagne militaire. Il y fut enterré.






