Général d'artillerie du Premier Empire, Hureau de Sénarmont se distingue à Iéna et à Friedland par ses tactiques innovantes d'artillerie offensive. Il est tué à la bataille de Saragosse en 1809.
Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont(1769 — 1810)
Alexandre-Antoine Hureau de Sénarmont
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1769 : naissance à Strasbourg
- 1806 : se distingue à la bataille d'Iéna par une charge d'artillerie audacieuse
- 1807 : joue un rôle décisif à la bataille de Friedland avec sa tactique d'artillerie en masse
- 1809 : tué lors du siège de Saragosse, en Espagne
Œuvres & réalisations
Sénarmont fit avancer ses 38 canons par échelons successifs jusqu'à 60 pas des lignes russes, inventant une doctrine d'artillerie offensive à courte distance qui révolutionna l'emploi de l'artillerie de campagne dans toutes les armées européennes.
Lors de la campagne de Prusse, Sénarmont utilisa ses batteries avec une mobilité et une agressivité inédites, contribuant de manière décisive à l'effondrement de l'armée prussienne en une seule journée de combat.
Sénarmont restructura l'organisation tactique et logistique de l'artillerie sous son commandement, améliorant la rapidité de mise en batterie, la coordination avec l'infanterie et la gestion des munitions en cours de bataille.
Sénarmont adapta ses méthodes de campagne aux exigences du combat urbain et du siège méthodique, supervisant les opérations d'artillerie lourde contre les remparts et les barricades de la ville espagnole jusqu'à sa mort au combat.
Anecdotes
À la bataille de Friedland, le 14 juin 1807, Sénarmont réalisa l'un des exploits d'artillerie les plus audacieux de l'ère napoléonienne. Il fit avancer ses 38 pièces par bonds successifs, de 600 mètres jusqu'à environ 60 pas des lignes russes, sous le feu ennemi. Ce déploiement offensif à bout portant, totalement contraire à la doctrine habituelle qui maintenait les canons à l'abri, provoqua une déroute totale de l'armée du tsar et décida de la victoire française.
Lors de la bataille d'Iéna en octobre 1806, Sénarmont engagea ses batteries dans des positions que ses collègues officiers jugeaient suicidaires, trop exposées aux tirs de contre-batterie prussiens. Son sang-froid absolu sous le feu et sa capacité à diriger ses servants avec précision au plus fort du combat lui valurent une citation personnelle de Napoléon et contribuèrent à l'effondrement de l'armée prussienne en une seule journée.
Sénarmont était réputé pour refuser tout traitement de faveur par rapport à ses hommes. En bivouac, il dormait souvent sous la même toile que ses sous-officiers plutôt que dans une tente d'officier général, et veillait à ce que les rations de ses artilleurs soient distribuées avant la sienne. Cette proximité avec la troupe, inhabituelle pour un général de son rang, lui assurait une loyauté et un dévouement extraordinaires de la part de ses servants.
Lors du siège de Saragosse, Sénarmont s'exposait régulièrement à découvert pour diriger personnellement le tir de ses batteries contre les ouvrages de la ville. C'est au cours d'une de ces reconnaissances que l'imprudence courageuse qui avait fait sa gloire lui fut fatale : frappé par un projectile ennemi, il succomba à ses blessures, illustrant jusqu'au bout son principe de commandement à l'avant.
Après Friedland, les militaires européens — y compris les adversaires de Napoléon — étudièrent avec fascination la charge d'artillerie de Sénarmont. Les manuels prussiens et russes d'après 1807 intégrèrent des chapitres spécifiques sur l'artillerie offensive à courte distance, reconnaissant que cet obscur général français avait inventé une doctrine nouvelle qui allait transformer le rôle de l'artillerie sur les champs de bataille du XIXe siècle.
Sources primaires
Le général Sénarmont, à la tête de l'artillerie du premier corps, s'avança avec une résolution remarquable et porta ses pièces à portée de pistolet des bataillons russes, dont le feu fut éteint par cette manœuvre hardie.
Vous ferez connaître à l'armée que le général Sénarmont a rendu à Friedland des services d'une nature supérieure, et que sa conduite doit être proposée en exemple à tous les officiers d'artillerie.
Je vis de mes yeux le général Sénarmont faire avancer ses canons au pas, comme s'il eût manœuvré sur un champ d'exercice, cependant que la mitraille ennemie fauchait ses servants ; jamais je n'ai vu pareil sang-froid sous le feu.
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que le général de brigade Sénarmont, commandant l'artillerie du siège, a été mortellement frappé en dirigeant en personne le tir de ses batteries contre les remparts de la place.
Lieux clés
Ville de naissance de Sénarmont en 1769, carrefour entre France et États allemands, foyer traditionnel de recrues pour l'artillerie française rhénane. Son environnement frontalier lui donna très tôt une conscience des réalités militaires.
Lieu de la victoire napoléonienne du 14 octobre 1806 sur la Prusse, où Sénarmont fit parler ses batteries avec une audace remarquée par l'Empereur, préfigurant ses futurs exploits.
Théâtre de la victoire française du 14 juin 1807 sur la Russie, où Sénarmont accomplit sa charge d'artillerie offensive à bout portant, un exploit qui entra dans tous les manuels militaires européens.
Ville espagnole assiégée par les Français en 1808-1809, théâtre d'une résistance héroïque et acharnée. C'est devant ses remparts que Sénarmont fut mortellement blessé en dirigeant personnellement le tir de ses batteries.
Établissement militaire d'excellence où étaient formés les officiers d'artillerie français. Sénarmont y reçut la formation technique et scientifique rigoureuse — balistique, mathématiques, logistique — qui fonda ses futures innovations tactiques.
Objets typiques

Pièce d'artillerie standardisée par le général Gribeauval sous l'Ancien Régime et massivement utilisée sous l'Empire. Sénarmont fit de ce canon de 12 livres le fer de lance de ses charges offensives, notamment à Friedland où ses 38 pièces avancèrent jusqu'à portée de pistolet des lignes russes.

Instrument optique portable utilisé par les officiers d'artillerie pour observer les positions ennemies, identifier les cibles et régler le tir à distance. Sénarmont s'en servait en première ligne, souvent exposé au feu, pour diriger personnellement ses batteries.

Arme blanche réglementaire portée par les officiers généraux de l'Empire, à la fois insigne de grade et arme de dernier recours. Dans l'artillerie, il symbolisait davantage l'autorité de commandement que la mêlée proprement dite.

Représentation cartographique précise du terrain incluant relief, routes et positions, indispensable à Sénarmont pour choisir ses emplacements de batterie et planifier ses mouvements d'artillerie offensifs avant chaque bataille.

Châssis robuste sur lequel repose la bouche à feu, permettant son transport par des chevaux de trait et son pointage vertical. L'amélioration des affûts par Gribeauval — plus légers et résistants — avait rendu possible la mobilité rapide qu'exploitait Sénarmont.

Uniforme bleu sombre brodé d'or sur les revers noirs et les épaulettes, distinctif du corps d'artillerie de la Grande Armée. Il signalait la présence de l'officier à ses servants sur le champ de bataille et symbolisait l'appartenance à l'élite technique de l'armée impériale.
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Vie quotidienne
Matin
La journée de Sénarmont commençait avant l'aube, comme il était d'usage dans l'artillerie impériale. Il inspectait personnellement ses pièces, vérifiait l'état des munitions et la condition de ses chevaux de trait, dont dépendait toute la mobilité de ses batteries. Il tenait ses réunions d'état-major très tôt pour planifier les mouvements du jour avant que les premiers tirs n'éclatent.
Après-midi
L'après-midi était consacrée aux reconnaissances du terrain, lunette à la main, pour identifier les emplacements favorables aux batteries et observer les mouvements ennemis. En campagne active, il chevauchait en première ligne, exposé au même danger que ses servants. Il consacrait également du temps à la formation de ses sous-officiers, insistant sur la rapidité de manœuvre et la précision du pointage.
Soir
Le soir, Sénarmont rédigeait ses rapports au commandement supérieur et étudiait les cartes à la lumière d'une bougie pour anticiper les positions du lendemain. Il partageait souvent le bivouac de ses artilleurs autour des feux de camp, préférant cette proximité à l'isolement d'un quartier général éloigné. La maintenance des affûts et le comptage des gargousses restantes occupaient également ses soirées de campagne.
Alimentation
Comme tous les officiers de la Grande Armée en campagne, Sénarmont vivait d'une alimentation frugale et aléatoire : biscuit de soldat, viande salée ou boucanée, légumes réquisitionnés dans les villages traversés et eau-de-vie de troupe. En cantonnement, l'ordinaire s'améliorait avec du pain frais, de la viande rôtie et du vin local. La ration de l'artilleur comprenait une portion supplémentaire pour compenser l'effort physique intense du service des pièces.
Vêtements
En service, Sénarmont portait l'habit réglementaire de général de brigade d'artillerie : habit bleu à revers noirs brodés d'or, épaulettes à franges dorées, culotte blanche et bottes à l'écuyère. Sur le terrain, il revêtait souvent la capote grise pour se protéger des intempéries. Il arborait le bicorne à la française et les insignes de la Légion d'honneur instituée par Napoléon en 1804.
Habitat
En campagne, Sénarmont logeait dans une tente de campagne ou réquisitionnait une ferme dans les villages traversés, comme il était d'usage pour les officiers généraux. Son quartier général de campagne se résumait à quelques coffres contenant cartes, instruments de visée et correspondance militaire. En garnison entre deux campagnes, il disposait d'un logement de fonction dans la ville de cantonnement de son corps d'armée.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Charge d'artillerie offensive à Friedland
14 juin 1807
Engagement d'artillerie à Iéna
14 octobre 1806
Réorganisation de l'artillerie du 1er corps de la Grande Armée
1806-1807






