Alexandre le Grand(355 av. J.-C. — 322 av. J.-C.)

Alexandre le Grand

royaume de Macédoine

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PolitiqueMonarqueChef militaireAntiquitéIVe siècle av. J.-C. (période hellénistique)

Roi de Macédoine et conquérant légendaire, Alexandre a édifié l'un des plus vastes empires de l'Antiquité en moins de treize ans. Formé par le philosophe Aristote, il a conquis l'empire perse achéménide et étendu son domination jusqu'à l'Inde, propageant la culture grecque en Asie.

Questions fréquentes

Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.) était roi de Macédoine et l'un des plus grands conquérants de l'Antiquité. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'en à peine treize ans, il a édifié un empire colossal allant de la Grèce jusqu'à l'Inde, renversant l'Empire perse achéménide et diffusant la culture grecque en Asie. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il était aussi un élève d'Aristote et qu'il s'inspirait du héros homérique Achille. Son héritage, appelé hellénisation, a marqué durablement les civilisations du Proche-Orient et de l'Asie centrale.

Faits marquants

  • 336 av. J.-C. : accession au trône de Macédoine à l'âge de 20 ans
  • 334 av. J.-C. : début de la campagne d'Asie avec la traversée de l'Hellespont
  • 331 av. J.-C. : victoire décisive à Gaugamèles contre Darius III et conquête définitive de l'empire perse
  • 327-325 av. J.-C. : campagne militaire jusqu'en Inde et arrivée au fleuve Hyphase
  • 323 av. J.-C. : mort à Babylone à l'âge de 32 ans

Œuvres & réalisations

Fondation d'Alexandrie d'Égypte (331 av. J.-C.)

La plus célèbre des nombreuses villes fondées par Alexandre. Elle devint le centre intellectuel et commercial du monde hellénistique, abritant la célèbre bibliothèque et le phare, l'une des sept merveilles du monde antique.

Conquête de l'Empire perse achéménide (334-330 av. J.-C.)

En quatre ans et trois batailles majeures (Granique, Issos, Gaugamèles), Alexandre renverse l'Empire perse, le plus vaste État du monde antique, et se proclame roi d'Asie.

Fondation de cités à travers l'Asie (330-324 av. J.-C.)

Alexandre fonda une vingtaine de villes portant son nom, de l'Égypte à l'Afghanistan actuel. Ces cités devinrent des foyers de diffusion de la culture grecque et des points stratégiques de contrôle du territoire.

Politique de fusion des cultures (324 av. J.-C.)

Les noces de Suse illustrent la volonté d'Alexandre de fusionner élites grecques et perses. Il encouragea les mariages mixtes, intégra des soldats perses dans son armée et adopta des coutumes orientales.

Expédition en Inde (327-325 av. J.-C.)

Alexandre franchit l'Hindou Kouch et pénètre dans le sous-continent indien, atteignant les limites du monde connu des Grecs. Cette campagne ouvrit des contacts durables entre les mondes grec et indien.

Diffusion de l'hellénisme (334-323 av. J.-C.)

Les conquêtes d'Alexandre inaugurent la période hellénistique : la langue grecque, l'art, la philosophie et les sciences se répandent de la Méditerranée à l'Asie centrale, créant un espace culturel unifié qui perdurera des siècles.

Anecdotes

À l'âge de douze ans, Alexandre dompte Bucéphale, un cheval réputé indomptable que personne à la cour de Philippe II n'avait réussi à monter. Il remarque que l'animal a peur de son ombre et le tourne face au soleil avant de l'enfourcher. Philippe, impressionné, lui aurait déclaré : « Mon fils, cherche-toi un royaume à ta mesure, la Macédoine est trop petite pour toi. »

Lors du siège de la ville de Gordion en Asie Mineure (333 av. J.-C.), Alexandre est confronté au célèbre nœud gordien, qu'un oracle promettait de récompenser celui qui le dénouerait par la domination de l'Asie. Plutôt que de chercher à le défaire patiemment, Alexandre tranche le nœud d'un coup d'épée, affirmant qu'il n'importait pas comment il était défait.

Après la bataille d'Issos en 333 av. J.-C., Alexandre capture la famille de Darius III, dont sa mère Sisygambis. Celle-ci se prosterne par erreur devant Héphaestion, l'ami d'Alexandre, le prenant pour le roi car il était plus grand. Alexandre lui répond avec bienveillance : « Tu ne t'es pas trompée, mère, car lui aussi est Alexandre. »

En Égypte, Alexandre entreprend un périlleux voyage à travers le désert libyen pour consulter l'oracle du dieu Amon à l'oasis de Siwa en 331 av. J.-C. Selon les sources antiques, le prêtre l'accueille en le saluant comme « fils d'Amon », ce qu'Alexandre interprète comme une confirmation de son origine divine. Cet épisode marque un tournant dans sa conception du pouvoir.

Lors de la campagne en Inde, Alexandre affronte le roi Poros à la bataille de l'Hydaspe en 326 av. J.-C. Après sa victoire, il demande à Poros vaincu comment il souhaite être traité. Poros répond : « En roi. » Impressionné par sa dignité, Alexandre lui restitue son royaume et en fait un allié.

Sources primaires

Vies parallèles – Vie d'Alexandre (Ier-IIe siècle apr. J.-C. (Plutarque))
Alexandre naquit le six du mois Hécatombéon, que les Macédoniens appellent Loos, le même jour où le temple d'Artémis à Éphèse fut brûlé. Ce qui fit dire à Hégésias de Magnésie un bon mot assez froid pour éteindre cet incendie : il dit qu'il n'était pas étonnant que le temple d'Artémis eût brûlé, puisque la déesse était occupée à mettre Alexandre au monde.
Anabase d'Alexandre (Anabase d'Alexandre le Grand) (IIe siècle apr. J.-C. (Arrien de Nicomédie))
Alexandre rangea ses troupes en bataille et marcha contre Darius et les Perses. Les deux armées s'approchèrent l'une de l'autre en silence, puis, quand elles ne furent plus qu'à portée de trait, Alexandre, à la tête de l'aile droite, lança sa cavalerie au galop contre l'ennemi.
Bibliothèque historique, livre XVII (Ier siècle av. J.-C. (Diodore de Sicile))
Alexandre fonda à l'embouchure du Nil une grande ville à laquelle il donna son propre nom. Par l'heureuse disposition de son emplacement, elle devint la cité la plus florissante de toutes, et la plus commerçante du monde habité.
Histoires d'Alexandre le Grand (Historiae Alexandri Magni) (Ier siècle apr. J.-C. (Quinte-Curce))
Alexandre entra dans Babylone comme en triomphe. La foule, curieuse de voir le nouveau roi, se pressait aux portes de la ville. Les Babyloniens avaient couvert de fleurs et de couronnes le chemin qu'il devait parcourir, et dressé des autels d'argent chargés d'encens et de parfums.

Lieux clés

Pella, Macédoine

Capitale du royaume de Macédoine et lieu de naissance d'Alexandre. C'est là qu'il grandit à la cour de Philippe II et reçut sa première éducation avant d'étudier avec Aristote.

Alexandrie, Égypte

Fondée par Alexandre en 331 av. J.-C. sur la côte méditerranéenne de l'Égypte. Elle devint la plus grande ville du monde hellénistique, célèbre pour son phare et sa bibliothèque.

Issos, Cilicie

Site de la bataille décisive de 333 av. J.-C. où Alexandre vainquit Darius III. Cette victoire lui ouvrit les portes de la Syrie, de l'Égypte et du cœur de l'Empire perse.

Persépolis, Perse

Capitale cérémonielle de l'Empire achéménide, prise et incendiée par Alexandre en 330 av. J.-C. Sa destruction symbolisa la chute définitive de la puissance perse.

Babylone, Mésopotamie

Ancienne capitale de l'Empire néo-babylonien où Alexandre établit le centre de son empire. C'est dans le palais de Nabuchodonosor II qu'il mourut en juin 323 av. J.-C.

L'Hydaspe (Jhelum), Inde

Fleuve du Pendjab où Alexandre remporta sa dernière grande bataille contre le roi Poros en 326 av. J.-C. Ce fut le point le plus oriental de ses conquêtes.

Voir aussi