Alexandre Soljenitsyne(1918 — 2008)
Alexandre Soljenitsyne
Russie, Union soviétique, apatride, Russie soviétique
7 min de lecture
Écrivain et dissident russe, ancien détenu du goulag. Son œuvre dénonce le système concentrationnaire soviétique et le totalitarisme. Prix Nobel de littérature 1970, il fut expulsé d'URSS en 1974 avant d'y revenir en 1994.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La ligne de partage entre le bien et le mal passe au cœur de chaque homme.»
« Une grande littérature, c'est la seconde mémoire d'une nation.»
Faits marquants
- Arrêté en 1945 et envoyé huit ans au goulag pour avoir critiqué Staline dans une lettre
- Publie en 1962 *Une journée d'Ivan Denissovitch* avec l'aval de Khrouchtchev
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1970
- Publication en Occident de *L'Archipel du Goulag* en 1973, suivie de son expulsion d'URSS en 1974
- Retour en Russie en 1994 après l'effondrement de l'URSS ; mort en 2008
Œuvres & réalisations
Récit d'une journée ordinaire d'un détenu au camp ; premier texte sur le goulag publié officiellement en URSS, il fit l'effet d'un séisme.
Nouvelle décrivant la vie misérable d'une paysanne russe, hommage à la bonté simple des humbles.
Roman inspiré de la « charachka », prison-laboratoire où des savants détenus travaillaient pour l'État. Publié d'abord à l'étranger.
Roman inspiré de sa propre maladie, où l'hôpital devient une image de la société soviétique malade.
Plaidoyer pour le pouvoir de la littérature et de la vérité contre la violence et le mensonge.
Vaste enquête littéraire et historique sur les camps soviétiques, bâtie à partir de centaines de témoignages. Son œuvre la plus célèbre.
Court appel moral invitant chacun à refuser de participer au mensonge officiel, publié le jour de son arrestation.
Immense fresque romanesque sur les origines de la révolution russe, à laquelle il consacra des décennies.
Anecdotes
En février 1945, alors qu'il commande une batterie d'artillerie sur le front allemand, Soljenitsyne est arrêté par le contre-espionnage soviétique : la censure militaire avait lu ses lettres à un ami, dans lesquelles il critiquait Staline en l'appelant par un surnom moqueur. Cela lui vaut huit ans de camp.
Privé de papier et de crayon au camp, Soljenitsyne composa des milliers de vers dans sa tête et les apprit par cœur. Pour ne rien oublier, il fabriqua un chapelet avec des boulettes de mie de pain durcie : chaque grain l'aidait à compter les strophes qu'il récitait mentalement chaque jour.
En 1962, la nouvelle « Une journée d'Ivan Denissovitch » fut publiée en URSS avec l'autorisation personnelle de Khrouchtchev : c'était la première fois qu'un texte décrivait ouvertement les camps. Le numéro de la revue Novy Mir fut introuvable en quelques heures et s'arracha de main en main.
Quand il reçut le prix Nobel de littérature en 1970, Soljenitsyne refusa d'aller le chercher à Stockholm : il craignait que l'URSS ne le laisse jamais revenir. Il ne le recevra officiellement qu'en 1974, après son expulsion.
En 1974, le jour même où la police vint l'arrêter, Soljenitsyne publia un appel intitulé « Vivre sans mentir ». Le lendemain, il fut déchu de sa nationalité et expulsé d'URSS par avion, sans savoir où on l'emmenait : l'appareil se posa en Allemagne de l'Ouest.
Sources primaires
Peu à peu il m'a été révélé que la ligne séparant le bien du mal ne passe ni entre les États, ni entre les classes, ni entre les partis — elle passe au travers de chaque cœur humain.
Un proverbe russe dit : « Une seule parole de vérité pèsera plus lourd que le monde entier. »
Que le mensonge recouvre tout, qu'il règne sur tout, mais entêtons-nous sur ce point minime : qu'il ne règne pas par moi.
De la première à la dernière sonnerie, sa journée s'était déroulée sans un seul nuage. Il en avait passé, des journées comme celle-là : trois mille six cent cinquante-trois, à cause des années bissextiles.
Lieux clés
Ville thermale du Caucase russe où Soljenitsyne est né en décembre 1918, peu après la révolution.
Soljenitsyne y étudia les mathématiques et la physique avant la guerre ; il deviendra plus tard professeur de maths.
Siège de la police politique soviétique où Soljenitsyne fut interrogé après son arrestation en 1945.
Camp de travail à régime spécial où Soljenitsyne fut détenu et travailla comme maçon ; il y puisa la matière d'« Une journée d'Ivan Denissovitch ».
Village où Soljenitsyne vécut près de vingt ans après son expulsion, écrivant à l'écart du monde derrière une clôture.
Après son retour en Russie en 1994, il s'installa près de Moscou, où il mourut en 2008.






