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L'obed russe et la ration du camp (païok)
Le repas russe traditionnel s'organise en zakouski (petites entrées), pervoïe (le « premier », une soupe chaude), vtoroïe (le « second », kacha ou viande), puis le thé. Mais la vie de Soljenitsyne fut coupée en deux par le goulag : là-bas, tout se réduisait au païok, la ration quotidienne de pain noir pesée au gramme, et à la balanda, la soupe claire du réfectoire. Ces recettes tiennent ensemble les deux tables — celle de la misère du bagne et celle, frugale mais libre, de la Russie qu'il aimait.
Signature : Le pain noir de seigle (tchorny khleb)
Le seigle est l'âme de cette cuisine et le fil rouge de toute la vie de Soljenitsyne : ration sacrée au camp, il devient mie pétrie en chapelet pour prier, croûton séché pour voyager, et même boisson une fois fermenté en kvas. Aigre-doux, dense, increvable — un pain de survie devenu pain de mémoire.

Alexandre Soljenitsyne à table

1918 — 2008

5 recettes d’époque