Chanteuse de jazz et actrice britannico-américaine, pionnière du vocalese. Membre du trio Lambert, Hendricks & Ross, elle est célèbre pour avoir mis des paroles sur des solos instrumentaux, notamment son standard « Twisted » (1952).
Annie Ross(1930 — 2020)
Annie Ross
États-Unis, Royaume-Uni
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 25 juillet 1930 à Mitcham (Surrey, Angleterre), décédée le 21 juillet 2020 à New York
- Enregistre en 1952 « Twisted », vocalese écrit sur un solo de saxophone de Wardell Gray (1949)
- Co-fonde en 1957 le trio vocal Lambert, Hendricks & Ross, sommet du vocalese
- Participe à l'album fondateur « Sing a Song of Basie » (1957), hommage à l'orchestre de Count Basie
- Poursuit une carrière d'actrice, notamment dans les films de Robert Altman (« The Player », « Short Cuts », 1992-1993)
Œuvres & réalisations
Son standard et l'un des sommets du vocalese : des paroles pleines d'humour posées sur un solo de saxophone de Wardell Gray.
Autre vocalese de jeunesse, qui confirme son talent pour transformer des improvisations instrumentales en chansons.
Album fondateur du trio Lambert, Hendricks & Ross, qui met des paroles sur des arrangements entiers de l'orchestre de Count Basie.
Disque enregistré avec le saxophoniste Gerry Mulligan, vitrine de sa voix souple dans le style cool jazz.
Album emblématique du trio, dont le titre résume la réputation du groupe à son apogée.
Au cinéma, elle incarne une chanteuse de jazz de club, dans un personnage qui fait écho à sa propre carrière.
Anecdotes
Annie Ross n'est pas son vrai nom : elle est née Annabelle Short, près de Londres, en 1930. Encore enfant, elle traverse l'Atlantique pour être élevée à Los Angeles par sa tante, la chanteuse Ella Logan. Dès l'âge de sept ans, on la voit chanter « Loch Lomond » dans les célèbres comédies pour enfants « Our Gang » (les Petites Canailles).
En 1952, elle écoute un solo de saxophone enregistré par Wardell Gray en 1949 et a une idée géniale : poser des paroles, note pour note, sur cette improvisation. Le résultat, « Twisted », raconte avec humour ses visites chez le psychanalyste. La chanson devient un classique, repris bien plus tard par Joni Mitchell (1974) et Bette Midler.
Cette technique a un nom : le vocalese. Il s'agit de chanter des paroles calquées exactement sur un solo instrumental déjà enregistré. C'est un exercice redoutable qui exige une oreille parfaite, une diction rapide et un souffle solide, car la voix doit imiter la vitesse et les acrobaties d'un saxophone ou d'une trompette.
En 1957, Annie Ross fonde avec Dave Lambert et Jon Hendricks le trio Lambert, Hendricks & Ross. Surnommés « le groupe le plus brûlant du jazz », ils relèvent un défi fou : mettre des paroles sur des arrangements entiers de big band, comme ceux de l'orchestre de Count Basie, en chantant à trois voix toutes les parties d'instruments.
Après le jazz, Annie Ross mène une seconde carrière d'actrice. En 1993, le réalisateur Robert Altman lui confie dans « Short Cuts » le rôle d'une chanteuse de jazz vieillissante dans un club : un personnage qui ressemble étrangement à sa propre vie. Elle s'éteint à New York en 2020, à 89 ans.
Sources primaires
« My analyst told me that I was right out of my head, the way I act and play » (« Mon psy m'a dit que j'avais perdu la tête, vu ma façon de me comporter et de jouer »).
« The Hottest New Group in Jazz » — « Le nouveau groupe le plus brûlant du jazz », slogan-titre reflétant la réputation du trio à la fin des années 1950.
Joni Mitchell reprend la chanson d'Annie Ross en clôture de son album, signe de l'influence durable du vocalese sur la chanson populaire.
Lieux clés
Région de naissance d'Annabelle Short, future Annie Ross, en 1930.
Ville où elle est élevée par sa tante Ella Logan et où elle débute, enfant, devant la caméra.
Capitale du jazz où elle enregistre ses grands disques avec Lambert, Hendricks & Ross ; elle y meurt en 2020.
Ville où elle ouvre en 1965 son propre club de jazz, « Annie's Room ».
Objets typiques

Outil indispensable de la chanteuse de club, il lui permet de chuchoter ou de lancer les phrases rapides du vocalese tout en restant audible par-dessus l'orchestre.

Support sonore de l'époque ; c'est en réécoutant des disques de solos qu'Annie Ross transcrivait les improvisations avant de leur inventer des paroles.

Instrument du solo de Wardell Gray qu'elle a transformé en chanson : le vocalese consiste justement à imiter à la voix ce que joue le saxophone.

Feuille de musique sur laquelle les solos étaient notés ; le vocalese exigeait de suivre chaque note de l'improvisation originale.

Tenue élégante portée pour se produire dans les clubs et cabarets de New York et de Londres, symbole du glamour du jazz vocal des années 1950.

Appareil servant à écouter et réécouter les solos enregistrés, note après note, pour les apprendre par cœur et composer le vocalese.
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Vie quotidienne
Matin
En tournée ou à New York, Annie Ross se lève tard : les concerts finissent au cœur de la nuit. La matinée sert à récupérer, à répondre au courrier des fans et à relire les paroles qu'elle est en train d'écrire.
Après-midi
L'après-midi est consacré au travail : répétitions avec ses partenaires, séances d'enregistrement en studio et, surtout, l'écoute répétée des solos qu'elle apprend note par note pour composer son vocalese.
Soir
Le soir, c'est la scène. Dans les clubs enfumés de New York ou de Londres, elle chante plusieurs « sets » devant un public assis, enchaînant standards et acrobaties vocales jusque tard dans la nuit.
Alimentation
La vie de musicienne de tournée impose des repas irréguliers, pris entre deux passages sur scène. Café, sandwichs rapides et dîners tardifs dans les restaurants ouverts la nuit rythment le quotidien des artistes de club.
Vêtements
Pour la scène, elle soigne son allure : robes élégantes, coiffure travaillée et maquillage, à l'image du glamour des chanteuses de jazz des années 1950. En coulisses, la tenue est plus simple et confortable.
Habitat
Entre les tournées, elle vit dans des hôtels et des appartements, souvent à New York puis à Londres. Plus tard, son club « Annie's Room » devient une seconde maison, à la fois lieu de travail et de vie.






