Antonio Salieri(1750 — 1825)

Antonio Salieri

république de Venise, empire d'Autriche

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MusiqueCompositeur/triceTemps modernesÉpoque classique (fin du XVIIIe siècle), à la cour des Habsbourg à Vienne sous Joseph II

Antonio Salieri (1750-1825) est un compositeur italien actif à la cour de Vienne, où il fut maître de chapelle impérial. Figure majeure de l'opéra classique, il fut aussi un professeur réputé qui forma Beethoven, Schubert et Liszt.

Questions fréquentes

Pour comprendre qui est Antonio Salieri, il faut imaginer un musicien qui, parti de presque rien — orphelin à 16 ans —, gravit tous les échelons jusqu'à devenir maître de chapelle impérial en 1788, le poste musical le plus prestigieux de l'empire des Habsbourg. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'était pas seulement compositeur, mais aussi un organisateur et un professeur influent : c'est lui qui dirigeait la musique de la cour, formait les jeunes talents et décidait des programmes. Moins un génie solitaire qu'un bâtisseur d'institutions, il incarne la figure du musicien de cour au sommet de son art.

Faits marquants

  • Né en 1750 à Legnago (République de Venise), mort en 1825 à Vienne
  • Nommé maître de chapelle de la cour impériale de Vienne en 1788
  • Compose en 1787 l'opéra Tarare sur un livret de Beaumarchais, son plus grand succès
  • Forme de grands musiciens : Beethoven, Schubert et Liszt comptent parmi ses élèves
  • Sa rivalité supposée avec Mozart, popularisée par la légende et la pièce Amadeus, n'est pas historiquement fondée

Œuvres & réalisations

Les Danaïdes (1784)

Tragédie lyrique créée à Paris, d'abord attribuée en partie à Gluck pour assurer son succès, avant que Salieri n'en revendique la pleine paternité.

Tarare (1787)

Opéra sur un livret de Beaumarchais, immense succès parisien mêlant musique et critique sociale des privilèges, en pleine veille révolutionnaire.

Axur, re d'Ormus (1788)

Version italienne remaniée de 'Tarare', sur un livret de Da Ponte ; ce fut l'un des plus grands succès lyriques de Salieri à travers l'Europe.

La grotta di Trofonio (1785)

Opéra-comique viennois acclamé, l'un des premiers opéras italiens à exploiter un thème fantastique et magique sur scène.

Prima la musica e poi le parole (1786)

Courte comédie musicale créée pour Joseph II, satire amusante du monde de l'opéra, jouée le même soir qu'une œuvre de Mozart.

Messe de Requiem en do mineur (1804)

Œuvre sacrée que Salieri composa pour ses propres funérailles ; elle fut effectivement exécutée à sa mort en 1825.

Anecdotes

Antonio Salieri fut l'un des professeurs de musique les plus recherchés de Vienne, et parmi ses élèves figurent trois des plus grands noms de la musique : Ludwig van Beethoven, Franz Schubert et Franz Liszt. Fait remarquable, il enseignait souvent gratuitement aux élèves doués mais pauvres.

À sa mort en 1825, la légende d'une rivalité meurtrière avec Mozart courait déjà. Mais cette rumeur — qui a inspiré la pièce et le film 'Amadeus' — n'a jamais été prouvée : aucune source sérieuse n'atteste que Salieri ait empoisonné Mozart, et les deux hommes collaborèrent même à une cantate commune en 1785.

Salieri arriva à Vienne à seulement 16 ans, orphelin, pris sous l'aile du compositeur Florian Gassmann qui l'introduisit à la cour. Il gravit tous les échelons jusqu'à devenir maître de chapelle impérial en 1788, le poste musical le plus prestigieux de l'Empire des Habsbourg.

Son opéra 'Tarare' (1787), sur un livret de Beaumarchais — l'auteur du 'Mariage de Figaro' —, connut un triomphe à Paris. Salieri était l'un des rares compositeurs italiens à réussir aussi bien à Vienne qu'à Paris, deux capitales musicales aux goûts très différents.

En 1788, le jeune Mozart écrivit dans une lettre que Salieri assistait avec enthousiasme à une représentation de 'La Flûte enchantée', applaudissant chaque numéro. Loin de l'image d'ennemi jaloux, les documents montrent des relations professionnelles plutôt courtoises entre les deux musiciens.

Sources primaires

Lettre de Wolfgang Amadeus Mozart à sa femme Constanze (14 octobre 1791)
Salieri a tout écouté et regardé avec la plus grande attention, et depuis l'ouverture jusqu'au dernier chœur, il n'y eut pas un seul morceau qui ne lui arrachât un bravo ou un bello.
Tarare, opéra en cinq actes — préface de Beaumarchais (1787)
La musique d'un opéra n'en est que l'habit ; le poème en est le corps. J'ai cherché un musicien dont le génie sût se plier à mes vues : j'ai rencontré Salieri.
Souvenirs d'Ignaz Moscheles, élève et témoin (1823)
Je le visitai sur son lit de mort ; il me dit avec émotion qu'il pouvait, en toute bonne conscience, jurer n'avoir jamais rien fait contre Mozart, et que cette absurde rumeur l'avait tourmenté.

Lieux clés

Legnago

Ville de la République de Venise où naquit Salieri en 1750. C'est là qu'il reçut ses premières leçons de violon et de clavecin auprès de son frère aîné.

Vienne

Capitale de l'Empire des Habsbourg, où Salieri vécut, travailla et mourut. Il y fut maître de chapelle impérial et l'une des figures centrales de la vie musicale.

Hofburg (Palais impérial de Vienne)

Résidence des Habsbourg où Salieri exerçait ses fonctions de maître de chapelle impérial. Il y dirigeait la musique sacrée et les cérémonies officielles de la cour.

Paris

Salieri y triompha avec ses opéras 'Les Danaïdes' (1784) et 'Tarare' (1787), sur des livrets français. Il fut l'un des rares Italiens à conquérir l'Opéra de Paris.

Théâtre de la Scala, Milan

Salieri composa 'L'Europa riconosciuta' pour l'inauguration de ce célèbre théâtre en 1778. Sa musique ouvrit ainsi l'une des plus grandes scènes lyriques du monde.

Voir aussi