Artemisia Gentileschi(1593 — 1653)
Artemisia Gentileschi
États pontificaux
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Artemisia Gentileschi (1593-1653) est la première femme à intégrer l'Académie des arts du dessin de Florence. Peintre baroque italienne d'exception, elle s'impose dans un monde artistique exclusivement masculin grâce à sa maîtrise du clair-obscur et à des œuvres puissantes mettant en scène des héroïnes bibliques.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je vous montrerai ce que peut faire une femme. »
Faits marquants
- 1593 : naissance à Rome, fille du peintre Orazio Gentileschi, qui lui transmet sa technique
- 1610-1612 : peint Judith décapitant Holopherne, œuvre fondatrice de sa carrière
- 1616 : première femme admise à l'Académie des arts du dessin de Florence
- 1638 : séjour à Londres à la cour du roi Charles Ier d'Angleterre aux côtés de son père
- Années 1630-1653 : s'établit à Naples où elle dirige son propre atelier jusqu'à sa mort
Œuvres & réalisations
Première œuvre connue d'Artemisia, peinte à 17 ans, représentant une femme harcelée par deux hommes. Contrairement à ses contemporains masculins, elle peint Suzanne comme une victime terrifiée et non consentante, révélant déjà son regard singulier.
Chef-d'œuvre de la peinture baroque, conservé aux Offices de Florence. Artemisia représente une Judith déterminée et puissante, aidée de sa servante, dans une scène d'une violence réaliste sans précédent dans l'iconographie féminine.
Version antérieure du même sujet, conservée au Museo di Capodimonte de Naples. Peinte peu après le procès Tassi, elle est souvent interprétée comme l'expression symbolique la plus directe du traumatisme et de la vengeance d'Artemisia.
Autoportrait unique dans l'histoire de l'art : Artemisia se représente elle-même en train de peindre, s'identifiant à l'allégorie de la Peinture telle que définie par Cesare Ripa. Conservé à la Royal Collection au Royaume-Uni.
Suite narrative de la scène de décapitation, montrant Judith et Abra s'apprêtant à fuir avec la tête d'Holopherne. L'œuvre illustre la solidarité féminine et le courage des deux personnages, thèmes récurrents dans l'œuvre d'Artemisia.
Grande composition représentant la reine Esther intercédant auprès du roi pour sauver son peuple. Artemisia donne à Esther une dignité et une présence exceptionnelles, loin des représentations passives habituelles.
Portrait introspectif d'une Marie-Madeleine solitaire et recueillie, loin des représentations sensuelles ou dramatiques de l'époque. Artemisia explore ici la psychologie intérieure de ses personnages féminins.
Anecdotes
En 1611, Artemisia Gentileschi est violée par Agostino Tassi, le peintre chargé de lui enseigner la perspective. Lors du procès qui s'ensuit, elle est soumise à la torture des sibilles — des cordes enroulées autour des doigts — pour vérifier sa sincérité. Elle résistera et confirmera sa déposition, dans un acte de courage exceptionnel.
Artemisia est la première femme admise à l'Accademia delle Arti del Disegno de Florence, en 1616, une institution fondée par Vasari et réservée aux artistes les plus reconnus. Cosme II de Médicis lui-même soutient cette nomination extraordinaire pour l'époque.
Artemisia entretenait une correspondance personnelle avec Galilée, son contemporain florentin. Leurs échanges témoignent d'une estime mutuelle entre deux esprits novateurs que la société de leur temps cherchait à marginaliser, l'un pour ses idées scientifiques, l'autre pour son sexe.
Son tableau 'Judith décapitant Holopherne' est souvent interprété comme une réponse symbolique au viol qu'elle avait subi. Contrairement aux versions douces de Botticelli, Artemisia peint une scène brutale et réaliste où deux femmes décidées tranchent la tête d'un homme puissant — une image de vengeance et d'affirmation féminine unique dans la peinture baroque.
Artemisia fut l'une des rares femmes peintres à diriger son propre atelier et à fixer elle-même ses tarifs. Dans ses lettres à ses mécènes, elle revendique ouvertement la valeur de son travail, écrivant que 'l'âme d'une femme est égale à celle d'un homme' — une affirmation radicale pour le XVIIe siècle.
Sources primaires
Io vi dico che come donna ho gran cordoglio, però mi rimetto alla volontà di Dio e della vostra bontà.
Vi farò vedere quello che può fare una donna. Sarà una cosa che stupirà qualunque grande principe.
Io Artemisia, figlia di Orazio Gentileschi, pittore, afferma che Agostino Tassi mi usò violenza e mi tolse l'onore.
La pittura è cosa mia propria e naturale e non imparata, poiché mio padre era pittore e mi ha insegnato l'arte.
Lieux clés
Ville natale d'Artemisia et berceau de sa formation artistique auprès de son père Orazio. C'est à Rome que se déroule le procès Tassi en 1612, événement fondateur de sa vie et de son œuvre.
Ville où Artemisia s'installe après son mariage (1612-1620) et où elle obtient la reconnaissance officielle en intégrant l'Accademia delle Arti del Disegno en 1616, sous le patronage des Médicis.
Capitale artistique du sud de l'Italie où Artemisia dirige son atelier le plus prospère à partir de 1630. C'est là qu'elle réalise certaines de ses œuvres les plus ambitieuses et qu'elle meurt vers 1653.
Artemisia séjourne à la cour de Charles Ier entre 1638 et 1641, invitée pour rejoindre son père Orazio, peintre officiel du roi. Elle y réalise notamment son autoportrait allégorique 'La Pittura'.
Institution qui conserve plusieurs chefs-d'œuvre d'Artemisia, dont 'Judith décapitant Holopherne' (1614-1620). C'est l'un des premiers musées au monde à avoir exposé ses œuvres de son vivant.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Suzanne et les vieillards
1610
Judith décapitant Holopherne (version Naples)
1612-1613
Judith et sa servante
1625
Esther devant Assuérus
1628-1635
Marie-Madeleine en pénitente
1617-1620






