Philosophe allemand du XIXe siècle, Schopenhauer est le penseur du pessimisme et de la volonté. Son œuvre majeure, Le Monde comme volonté et comme représentation (1818), a profondément influencé Nietzsche, Freud et Wagner.
Arthur Schopenhauer(1788 — 1860)
Arthur Schopenhauer
royaume de Prusse
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La vie oscille comme un pendule de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui.»
« Le talent touche une cible que les autres ne peuvent atteindre ; le génie touche une cible que les autres ne peuvent voir.»
« La compassion est le fondement de toute morale.»
Faits marquants
- 1788 : naissance à Dantzig (actuelle Gdańsk, Pologne)
- 1813 : soutenance de sa thèse Sur la quadruple racine du principe de raison suffisante
- 1818 : publication de son œuvre maîtresse Le Monde comme volonté et comme représentation
- 1820 : rivalité avec Hegel à l'Université de Berlin, où il programme ses cours aux mêmes heures
- 1860 : mort à Francfort, reconnu tardivement comme grand philosophe
Œuvres & réalisations
Thèse de doctorat de Schopenhauer, posant les bases épistémologiques de sa philosophie. Il y analyse les quatre formes sous lesquelles le principe de causalité régit notre connaissance du monde.
Chef-d'œuvre absolu de Schopenhauer, dans lequel il développe sa vision du monde comme double réalité : représentation (ce que nous percevons) et Volonté aveugle (force obscure qui anime tout). Ouvrage fondateur du pessimisme philosophique occidental.
Essai dans lequel Schopenhauer confronte sa métaphysique de la Volonté aux découvertes des sciences naturelles de son époque, cherchant des confirmations empiriques à son système philosophique.
Recueil réunissant ses deux essais sur la liberté de la volonté et le fondement de la morale. Schopenhauer y affirme que la compassion — et non la raison kantienne — est le seul fondement authentique de l'éthique.
Recueil d'essais accessibles sur des sujets variés (sagesse pratique, psychologie, littérature, philosophie). Ce livre tardif apporta à Schopenhauer la célébrité internationale qu'il avait vainement attendue pendant quarante ans.
Anecdotes
Schopenhauer était connu pour son caractère misanthrope et son amour passionné pour les animaux, en particulier les caniches. Il posséda successivement plusieurs de ces chiens qu'il surnommait tous 'Atma', terme sanskrit désignant l'âme universelle, reflétant sa philosophie bouddhiste sur l'unité de toute vie.
Pendant des décennies, Schopenhauer fut ignoré du grand public et de l'université. Il avait eu l'imprudence de programmer ses cours à Berlin aux mêmes heures que Hegel, le philosophe vedette de l'époque — avec un résultat désastreux : ses amphithéâtres restaient vides tandis que ceux de Hegel débordaient. Sa gloire ne vint qu'à la fin de sa vie, dans les années 1850.
En 1851, Schopenhauer publia Parerga et Paralipomena, un recueil d'essais accessibles et mordants. Ce livre, qu'il considérait comme mineur, devint paradoxalement le succès qui lui apporta enfin la célébrité à plus de soixante ans. Il en fut à la fois soulagé et amer, conscient du temps perdu dans l'incompréhension.
Schopenhauer vouait une haine tenace à Hegel, qu'il qualifiait de 'charlatan' et d''imposteur'. Cette rivalité philosophique profonde n'était pas feinte : pour Schopenhauer, l'idéalisme hégélien représentait exactement le type de spéculation creuse et prétentieuse qu'il s'attachait à combattre tout au long de sa carrière.
À la fin de sa vie, Schopenhauer avait acquis une telle notoriété que des visiteurs du monde entier venaient le voir à Francfort. Il déjeunait chaque jour à la même table dans le même restaurant, lisait le Times anglais qu'il adorait, et promenait son caniche dans les rues de la ville — une routine immuable qui contrastait curieusement avec la turbulence de sa philosophie.
Sources primaires
Le monde est ma représentation : voilà une vérité qui vaut pour tout être vivant et pensant... L'homme ne connaît pas un soleil, ne connaît pas une terre ; il connaît seulement un œil qui voit un soleil, une main qui touche une terre.
La volonté de vivre est le fond de notre être ; c'est elle qui nous pousse, nous agite, nous fait souffrir. Toute souffrance naît d'un désir insatisfait, et tout désir satisfait engendre aussitôt un nouvel ennui.
La santé de l'âme, la paix intérieure, ce bien inestimable que nous appelons parfois bonheur, dépend de ce que nous sommes, bien plus que de ce que nous avons ou de ce que nous représentons aux yeux des autres.
Rien n'est sans raison suffisante d'être. Ce principe est le fondement de toute science et de toute connaissance. Sans lui, nulle démonstration, nulle explication ne sauraient être menées à bien.
C'est à votre enseignement, à vos travaux sur la théorie des couleurs, que je dois d'avoir compris que la vérité philosophique ne peut se passer de l'observation du monde sensible, et que la métaphysique doit s'enraciner dans la nature.
Lieux clés
Ville natale de Schopenhauer, alors grand port hanséatique cosmopolite. Sa naissance dans ce milieu marchand européen lui donna un goût permanent du voyage et des langues étrangères.
Sa mère Johanna Schopenhauer y tenait un salon littéraire célèbre où le jeune Arthur rencontra Goethe. Leur relation intellectuelle fut féconde mais tendue avec sa mère, dont il était profondément brouillé.
Schopenhauer y enseigna comme privatdozent à partir de 1820, choisissant délibérément les mêmes créneaux horaires que Hegel. L'échec de cette confrontation directe l'amena à abandonner définitivement la carrière universitaire.
Ville où Schopenhauer s'établit en 1831 et vécut jusqu'à sa mort en 1860. Il y menait une existence solitaire et réglée, déjeunant chaque jour au même restaurant et promenant son caniche dans les rues de la vieille ville.
Schopenhauer voyagea longuement en Italie entre 1818 et 1819 après la publication de son œuvre principale. Ces séjours méditerranéens nourrirent sa réflexion esthétique sur la beauté comme échappatoire temporaire à la Volonté.
Objets typiques

Schopenhauer considérait ce recueil de textes philosophiques indiens comme la plus grande consolation de sa vie. Il en gardait un exemplaire sur sa table de nuit et y voyait une confirmation de sa propre métaphysique de la Volonté.

Schopenhauer possédait toujours un caniche qu'il nommait 'Atma', terme sanskrit pour l'âme universelle. Cet animal était son compagnon quotidien, symbole de sa conviction que la compassion envers tous les êtres vivants est le fondement de la morale.

Grand amateur de musique et d'opéra, Schopenhauer fréquentait régulièrement les salles de spectacle de Francfort. Pour lui, la musique était l'art suprême, expression directe de la Volonté universelle au-delà de toute représentation.

Schopenhauer lisait chaque jour le Times de Londres, manifestation de son cosmopolitisme et de son excellente maîtrise de l'anglais, langue qu'il apprit lors de ses voyages et qu'il pratiqua toute sa vie.

Schopenhauer collectionnait des statuettes et représentations bouddhistes, religion qu'il admirait pour son insistance sur la souffrance universelle et le détachement — une philosophie qu'il jugea la plus proche de sa propre vision du monde.

Schopenhauer rédigeait méthodiquement ses réflexions dans des cahiers personnels depuis sa jeunesse. Une grande part de ses Parerga et Paralipomena est issue de ces notes accumulées pendant des décennies d'isolement productif.
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Vie quotidienne
Matin
Schopenhauer se levait tôt et consacrait ses matinées au travail philosophique avec une discipline rigoureuse. Il écrivait et réfléchissait pendant plusieurs heures dans son appartement de Francfort, entouré de ses livres et de ses statuettes bouddhistes. Ses matinées de travail étaient protégées des interruptions avec un soin jaloux.
Après-midi
Chaque jour à la même heure, Schopenhauer se rendait déjeuner au restaurant Englischer Hof de Francfort, où il occupait toujours la même table. L'après-midi était consacrée à de longues promenades en ville avec son caniche Atma, promenades qu'il considérait comme indispensables à la santé du corps et à la clarté de l'esprit.
Soir
Les soirées de Schopenhauer étaient souvent consacrées à la musique et au théâtre, qu'il fréquentait assidûment. Il lisait également beaucoup la nuit, notamment des ouvrages scientifiques et littéraires en plusieurs langues — il parlait couramment l'allemand, le français, l'anglais et l'italien. Il se couchait tôt selon une hygiène de vie méticuleuse.
Alimentation
Schopenhauer était un gastronome attaché à ses habitudes et déjeunait chaque jour au restaurant, appréciant une cuisine bourgeoise soignée. Il buvait modérément du vin, aimait le café et accordait une grande importance au plaisir de la table comme compensation aux souffrances de l'existence. Il méprisait l'ascétisme alimentaire excessif, préférant une tempérance raisonnée.
Vêtements
Schopenhauer s'habillait avec la sobriété élégante d'un gentleman bourgeois allemand du milieu du XIXe siècle : habit sombre, cravate soigneusement nouée, gilet de laine. Rien d'ostentatoire, mais un soin méticuleux de sa tenue, reflet d'un certain stoïcisme aristocratique dans sa manière d'habiter le monde social.
Habitat
À Francfort, Schopenhauer occupait un appartement bourgeois confortable mais sans luxe excessif, orné de ses collections de statuettes bouddhistes et de son portrait de Kant accroché au mur. Sa bibliothèque constituait le cœur de son espace de vie. Il vivait seul — jamais marié, entretenant des relations difficiles avec les femmes — en compagnie de son fidèle caniche.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
L'univers visuel de Schopenhauer s'inscrit dans l'esthétique Biedermeier et romantique allemande : intérieurs bourgeois sombres et studieux, atmosphère de clair-obscur mélancolique rappelant les paysages existentiels de Caspar David Friedrich.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Schopenhauer mêle le silence studieux d'un appartement de philosophe solitaire à Francfort aux sons feutrés de la ville bourgeoise du XIXe siècle, ponctué par la musique qu'il vénérait par-dessus tout.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
De la quadruple racine du principe de raison suffisante
1813
Le Monde comme volonté et comme représentation
1818
Sur la volonté dans la nature
1836
Les Deux Problèmes fondamentaux de l'éthique
1841
Parerga et Paralipomena
1851






