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Bhojana et le principe des ṣaḍrasa (les six saveurs)
Dans l'Inde classique des Gupta, un repas (bhojana) bien composé n'est pas divisé en entrée-plat-dessert mais pensé comme un équilibre des six saveurs (ṣaḍrasa) théorisées par la médecine ayurvédique : doux (madhura), acide (amla), salé (lavaṇa), piquant (kaṭu), amer (tikta) et astringent (kaṣāya). On sert ensemble, sur une grande feuille de bananier ou un plateau de cuivre, le riz ou les galettes au centre, entourés de petites portions : légumineuses, légumes, lait caillé, condiments et une douceur. Chez un lettré comme Âryabhata, le repas est sobre, végétarien, rythmé par les saisons et les astres qu'il observait.
Signature : Le ghṛta (beurre clarifié, ghee) et le hiṅgu (asafoetida)
Le ghee, beurre fondu et purifié, est à la fois graisse de cuisson, remède et offrande sacrée : il lie tout le repas. L'asafoetida (hiṅgu), résine au parfum puissant importée des hauts plateaux de l'ouest, remplace l'oignon et l'ail souvent évités par les brahmanes et savants, et signe la cuisine du nord de l'Inde ancienne.

Aryabhata à table

476 — 550

5 recettes d’époque