Aryabhata(476 — 550)

Âryabhata

6 min de lecture

SciencesMathématicien(ne)AstronomeAntiquitéInde classique (empire Gupta), fin du Ve siècle

Âryabhata est un mathématicien et astronome indien né en 476, premier des grands savants de l'âge classique de l'Inde. Auteur de l'Āryabhaṭīya, il y consigne des avancées majeures en arithmétique, algèbre et astronomie.

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Questions fréquentes

Âryabhata, né en 476 dans la région du Magadha (nord-est de l'Inde), est le premier grand mathématicien et astronome de l'âge classique indien. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il achève son chef-d'œuvre, l'Āryabhaṭīya, à seulement 23 ans, en 499. Ce traité en vers sanskrits couvre l'arithmétique, l'algèbre, la trigonométrie et l'astronomie, et il y consigne des avancées qui étonnent encore par leur audace et leur précision.

Faits marquants

  • Né en 476, en Inde de l'âge classique (empire Gupta)
  • Rédige l'Āryabhaṭīya en 499, à l'âge de 23 ans
  • Donne une approximation remarquable du nombre π (3,1416)
  • Décrit des méthodes de calcul des racines carrées et cubiques
  • Avance l'idée de la rotation de la Terre sur son axe pour expliquer le mouvement apparent des étoiles

Œuvres & réalisations

Āryabhaṭīya (vers 499)

Traité majeur en vers sanskrits couvrant l'arithmétique, l'algèbre, la trigonométrie et l'astronomie ; fondement des mathématiques indiennes classiques.

Approximation de π (3,1416) (vers 499)

Calcul d'une valeur très précise de π, qualifiée d'« approchée », ce qui témoigne d'une grande finesse mathématique.

Table des sinus (valeurs de jyā) (vers 499)

Une des premières tables trigonométriques de l'histoire, à l'origine du mot « sinus » via l'arabe puis le latin.

Théorie de la rotation de la Terre (vers 499)

Affirmation que la Terre tourne sur son axe, expliquant le mouvement apparent des étoiles — idée d'une grande audace pour l'époque.

Explication scientifique des éclipses (vers 499)

Démonstration que les éclipses résultent des ombres de la Terre et de la Lune, rejetant les explications mythologiques.

Méthode de résolution d'équations (kuṭṭaka) (vers 499)

Algorithme pour résoudre les équations indéterminées (analyse diophantienne), utilisé en astronomie pour les calculs de périodes.

Système de numération par syllabes (vers 499)

Notation poétique permettant de coder de très grands nombres astronomiques de façon mémorisable.

Anecdotes

Dans son Āryabhaṭīya, Âryabhata calcule la valeur de π avec une précision remarquable : 3,1416. Il précise même que ce nombre est « approché » (āsanna), ce qui suggère qu'il avait peut-être l'intuition que π ne peut pas s'écrire exactement — une idée que les mathématiciens ne démontreront qu'au XVIIIe siècle.

Âryabhata affirme que la Terre tourne sur elle-même et que c'est cette rotation qui donne l'illusion d'un ciel tournant au-dessus de nos têtes. Il compare cela à un voyageur en bateau qui voit les arbres de la rive « défiler » alors que ce sont lui et son embarcation qui bougent. Cette idée audacieuse était à contre-courant des croyances de son temps.

Pour écrire de très grands nombres dans ses vers, Âryabhata invente un système où des syllabes représentent des chiffres, ce qui lui permet de coder des valeurs astronomiques énormes en quelques mots faciles à mémoriser. Les savants utilisaient ainsi la poésie comme moyen de retenir des calculs complexes.

Âryabhata propose une explication scientifique des éclipses : la Lune s'obscurcit parce qu'elle entre dans l'ombre de la Terre, et le Soleil est caché par la Lune. Il rejette ainsi la croyance populaire selon laquelle un démon nommé Rāhu « avalait » les astres lors des éclipses.

Il termine son traité à seulement 23 ans, comme il l'indique lui-même dans le texte en précisant l'âge qu'il avait. Cette jeunesse étonnante montre à quel point il maîtrisait déjà les mathématiques et l'astronomie de son époque.

Sources primaires

Āryabhaṭīya, Gaṇitapāda (chapitre sur le calcul) (vers 499)
Ajoute 4 à 100, multiplie par 8, puis ajoute 62 000 : le résultat est approximativement la circonférence d'un cercle de diamètre 20 000. (soit π ≈ 3,1416)
Āryabhaṭīya, Golapāda (chapitre sur la sphère) (vers 499)
De même qu'un homme sur un bateau qui avance voit les objets immobiles se déplacer en arrière, de même les étoiles fixes semblent à un observateur de Laṅkā se mouvoir vers l'ouest.
Āryabhaṭīya, Golapāda (chapitre sur la sphère) (vers 499)
La Lune éclipse le Soleil, et la grande ombre de la Terre éclipse la Lune.
Āryabhaṭīya, Kālakriyāpāda (mesure du temps) (vers 499)
Lorsque soixante fois soixante années et trois quarts de yuga s'étaient écoulés, vingt-trois années s'étaient écoulées depuis ma naissance.

Lieux clés

Kusumapura (Pāṭaliputra, actuelle Patna)

Grande ville du Magadha où Âryabhata vécut, étudia et composa l'Āryabhaṭīya ; centre intellectuel majeur de l'empire Gupta.

Magadha (région du nord-est de l'Inde)

Région historique où il est probablement né et qui constituait le cœur de l'empire Gupta.

Nālandā

Célèbre centre d'études du Magadha ; certains historiens pensent qu'Âryabhata y dirigea une institution savante.

Ujjain

Grand centre astronomique de l'Inde ancienne, situé sur le méridien de référence indien, dont les observations dialoguaient avec les travaux d'Âryabhata.

Voir aussi