Ay
Aÿ
1400 av. J.-C. — 1400 av. J.-C.
Égypte antique
Aÿ fut pharaon d'Égypte vers 1323-1319 av. J.-C., successeur de Toutânkhamon. Haut fonctionnaire et prêtre, il joua un rôle clé à la fin de la période amarnienne en restaurant le culte traditionnel des dieux égyptiens.
Faits marquants
- Règne vers 1323-1319 av. J.-C., après la mort de Toutânkhamon
- Probable tuteur et conseiller de Toutânkhamon
- Participa à la restauration du culte d'Amon après la période hérétique d'Akhénaton
- Son tombeau (KV23) se trouve dans la Vallée des Rois
- Succédé par le général Horemheb, qui effaça sa mémoire
Œuvres & réalisations
Aÿ poursuivit et consolida la politique initiée par Toutânkhamon en restaurant les temples, le clergé et le culte des divinités traditionnelles, mettant définitivement fin à la parenthèse religieuse amarnienne.
Aÿ fit ériger une salle à colonnes dans le grand temple d'Amon à Karnak, affirmant par la pierre son engagement envers le clergé traditionnel et inscrivant son bref règne dans la continuité des bâtisseurs pharaoniques.
L'organisation et la célébration des funérailles de Toutânkhamon constituent l'acte politique fondateur du règne d'Aÿ. En officiant comme prêtre-sem, il s'inscrivit dans la continuité dynastique et légitima publiquement sa succession.
Sa tombe dans la Vallée des Rois Ouest, ornée de scènes de chasse et de l'Amdouat, représente la continuation des traditions artistiques de la XVIIIe dynastie tout en marquant le retour aux codes funéraires classiques après la période amarnienne.
La tombe préparée par Aÿ à Amarna avant son règne contient la version la plus longue et la mieux préservée du Grand Hymne à Aton, texte poétique majeur de la littérature égyptienne antique, toujours étudié par les chercheurs.
Anecdotes
Aÿ fut l'un des rares personnages à accomplir le rite de l'«Ouverture de la Bouche» pour un pharaon défunt : il présida la cérémonie funèbre de Toutânkhamon, comme le montrent les peintures de la tombe KV62. Ce geste rituel, normalement réservé au fils du roi, lui permit d'affirmer symboliquement sa légitimité à monter sur le trône.
Pour s'emparer du pouvoir, Aÿ épousa Ânkhesenamon, la veuve de Toutânkhamon et fille du pharaon hérétique Akhenaton. Cette union politique lui conférait une légitimité dynastique, bien qu'il fût déjà âgé. Ânkhesenamon disparaît ensuite des sources historiques, laissant planer un mystère sur son sort.
Aÿ s'était fait préparer une grande tombe (WV23) dans la Vallée des Rois Ouest, mais on suppose qu'il s'appropria finalement celle initialement destinée à Toutânkhamon (KV62) pour son jeune prédécesseur mort sans sépulture achevée, gardant WV23 pour lui-même. Ce détail révèle les tensions dynastiques de l'époque.
Après sa mort, le pharaon Horemheb fit effacer le nom d'Aÿ de nombreux monuments — une pratique que les Romains appelleront plus tard «damnatio memoriae». Cette vengeance posthume visait à effacer toute trace de la période amarnienne. C'est pourquoi les sources concernant Aÿ sont si rares et fragmentaires.
Avant de devenir pharaon, Aÿ portait le titre énigmatique de «Père Divin» (it-netjer) à la cour d'Akhenaton. Ce titre pourrait indiquer qu'il était le beau-père du pharaon hérétique, voire le père de la célèbre reine Néfertiti — bien que cette filiation reste âprement débattue parmi les égyptologues.
Sources primaires
Aÿ, représenté en pharaon revêtu de la peau de léopard du prêtre-sem, accomplit le rite de l'Ouverture de la Bouche devant la momie dressée de Toutânkhamon. Cette scène est la seule représentation contemporaine d'Aÿ en tant que successeur légitime.
La tombe qu'Aÿ fit préparer à Amarna contient la version la plus complète du Grand Hymne à Aton : «Que tu es beau, Aton vivant, toi qui es apparu à l'horizon du ciel !» Ce texte poétique témoigne de la proximité d'Aÿ avec la réforme religieuse amarnienne.
Ce décret, dont Aÿ fut l'un des principaux architectes politiques, ordonne la réouverture des temples des dieux traditionnels, la refonte des statues divines et la réorganisation du clergé, abandonnant officiellement le culte exclusif d'Aton.
Les parois de WV23 reprennent le Livre de l'Amdouat et des scènes du Livre des Morts, illustrant le voyage nocturne du pharaon à travers les douze heures de la nuit. Plusieurs cartouches d'Aÿ ont été martelés et remplacés par ceux de Horemheb.
La reine écrit : «Mon mari est mort et je n'ai pas de fils. Envoie-moi l'un de tes fils et il deviendra mon mari.» Cette lettre révèle la pression dynastique à laquelle Ânkhesenamon était soumise, vraisemblablement par Aÿ qui cherchait à s'imposer comme successeur.
Lieux clés
Capitale fondée par Akhenaton où Aÿ servit comme haut dignitaire. Sa tombe de cour (AT25) y contient la version la plus complète du Grand Hymne au Soleil, témoignage de son implication dans la révolution amarnienne.
Capitale religieuse et politique où Aÿ régna comme pharaon. Les grands temples de Karnak et de Louxor furent restaurés et agrandis sous son règne, marquant le retour triomphal au culte d'Amon.
Lieu de sépulture d'Aÿ dans la branche occidentale de la Vallée des Rois. Sa tombe est ornée de scènes de chasse au marais uniques dans l'art funéraire royal ; ses cartouches furent systématiquement martelés par Horemheb.
Tombe où Aÿ est représenté accomplissant le rite de l'Ouverture de la Bouche, acte fondateur de sa légitimité royale. Certains égyptologues pensent que KV62 était initialement destinée à Aÿ lui-même.
Ancienne capitale administrative d'Égypte que les pharaons post-amarniens, dont Aÿ, s'efforcèrent de restaurer en soutenant ses institutions religieuses, son clergé et son artisanat royal.
Liens externes & ressources
Références
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Voir aussi
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