Pharaon éphémère de la XVIIIe dynastie égyptienne, Smenkhkarê régna brièvement vers 1338-1336 av. J.-C., succédant à Akhenaton. Son identité reste l'une des plus énigmatiques de l'Égypte ancienne.
Smenkhkaré(1400 av. J.-C. — 1333 av. J.-C.)
Smenkhkarê
Égypte antique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Règne estimé entre 1338 et 1336 av. J.-C., l'un des plus courts de la XVIIIe dynastie
- Possible corégent d'Akhenaton, dont il aurait épousé la fille aînée Méritaton
- Son identité est débattue : certains historiens le confondent avec Néfertiti ou Kiya régnant sous un nouveau nom
- Contemporain de la période hérétique amarnienne et du culte exclusif d'Aton
- Son tombeau n'a jamais été identifié avec certitude
Œuvres & réalisations
Smenkhkarê aurait partagé le pouvoir avec Akhenaton dans les dernières années de son règne, comme l'attestent des reliefs et cartouches d'Amarna. Cette co-régence constitue l'essentiel de l'héritage politique documenté de ce pharaon insaisissable.
La tombe du grand prêtre d'Aton Méryrê II conserve l'une des rares représentations certaines de Smenkhkarê, montré en compagnie de Méritaton recevant des hommages de dignitaires. Ce relief est une source iconographique majeure pour identifier le pharaon.
Certains égyptologues attribuent à Smenkhkarê les premiers gestes de réconciliation avec le clergé d'Amon, avant la restauration officielle de Toutankhamon. Ce tournant politique, s'il est avéré, aurait eu des conséquences décisives pour l'avenir religieux de l'Égypte.
Plusieurs objets funéraires découverts dans la tombe de Toutankhamon portent des inscriptions qui pourraient avoir été réattribuées depuis celles de Smenkhkarê ou Neferneferuaton, témoignant du recyclage des trésors royaux à la fin de la période amarnienne.
Anecdotes
Smenkhkarê est l'un des pharaons les plus énigmatiques de l'histoire égyptienne : son identité exacte reste un mystère débattu par les égyptologues du monde entier. Certains pensent qu'il s'agissait d'un jeune homme proche de la famille royale, peut-être le beau-frère d'Akhenaton, tandis que d'autres avancent l'hypothèse qu'il s'agissait de Nefertiti elle-même régnant sous un nom de trône masculin.
La tombe KV55 dans la Vallée des Rois recèle une momie dont l'identité oscille entre Smenkhkarê et Akhenaton. Les analyses ADN réalisées en 2010 ont révélé que ce corps était le père biologique de Toutankhamon, relançant le débat sur qui était réellement Smenkhkarê parmi les membres de la famille royale amarnienne.
Smenkhkarê aurait régné conjointement avec Akhenaton comme co-régent avant de lui succéder. Certains reliefs d'Amarna montrent deux figures royales côte à côte sous le disque solaire d'Aton, ce qui a alimenté de nombreuses théories sur la nature exacte de leur relation — politique, familiale ou affective.
Après la révolution religieuse d'Akhenaton qui avait imposé le culte exclusif du dieu Aton, Smenkhkarê aurait peut-être amorcé un retour discret vers les anciens cultes, notamment celui d'Amon à Thèbes. Ce geste symbolique annonçait la grande restauration religieuse qui allait s'accomplir pleinement sous Toutankhamon.
Le nom de couronnement de Smenkhkarê, Ankhkheperourê, fut également utilisé par son successeur Neferneferuaton, ce qui complique encore l'identification des personnages. Cette confusion des titres royaux est unique dans l'histoire pharaonique et témoigne du chaos dynastique régnant à la fin de la période amarnienne.
Sources primaires
Une scène de la tombe du grand prêtre Méryrê II représente Smenkhkarê accompagné de Méritaton, sa grande épouse royale. C'est l'une des représentations les plus complètes du pharaon, le montrant recevant des hommages sous le disque rayonnant d'Aton.
La liste royale de Turin, rédigée sous Ramsès II, mentionne une succession de règnes brefs après Akhenaton. Les lacunes et les noms partiellement effacés témoignent de la volonté ultérieure d'occulter les souverains de la période amarnienne.
Les cartouches retrouvés dans la tombe KV55 ont été délibérément martelés et en partie effacés, signe d'une damnatio memoriae partielle. Les fragments de dorure et les équipements funéraires attestent néanmoins d'un enterrement de rang royal.
Les tablettes d'Amarna en cunéiforme conservent la correspondance entre la cour égyptienne et les souverains étrangers durant cette période troublée. Elles illustrent le contexte géopolitique instable dans lequel Smenkhkarê aurait brièvement exercé le pouvoir.
Plusieurs bagues et sceaux portant le cartouche Ankhkheperourê ont été retrouvés à Amarna et dans le Delta. Ces objets constituent des preuves matérielles directes de l'existence du règne de Smenkhkarê, même si leur attribution reste parfois discutée.
Lieux clés
Capitale fondée par Akhenaton et cœur de la cour amarnienne, c'est ici que Smenkhkarê aurait exercé le pouvoir en co-régence puis comme pharaon. Les ruines de cette ville éphémère, fouillées depuis le XIXe siècle, livrent encore des indices précieux sur l'identité du souverain mystérieux.
Cette tombe de la rive occidentale de Thèbes contient une momie dont l'identité — Smenkhkarê ou Akhenaton — demeure l'un des grands débats de l'égyptologie moderne. Les objets funéraires y ont été délibérément endommagés et les cartouches martelés.
Cœur religieux de l'Égypte et siège du puissant clergé d'Amon, Thèbes représentait l'ordre ancien qu'Akhenaton avait tenté de renverser. Smenkhkarê aurait peut-être amorcé la réconciliation avec cette capitale sacrée, ouvrant la voie au retour de la tradition.
Ancienne capitale administrative de l'Égypte, Memphis restait un centre de pouvoir politique et économique même durant la période amarnienne. La gestion de l'empire depuis Akhetaton nécessitait des relais administratifs dans cette ville stratégique au cœur du Delta.
Objets typiques

Le cartouche ovale entourant le nom Ankhkheperourê de Smenkhkarê était gravé sur des bagues, amulettes et monuments. Plusieurs de ces cartouches ont été retrouvés martelés ou réutilisés, témoignant de l'effacement délibéré de sa mémoire par ses successeurs.

Symbole de la royauté unifiée sur la Haute et la Basse Égypte, le Pschent combinant couronne blanche et rouge était l'attribut principal du pharaon lors des grandes cérémonies. Smenkhkarê, héritier de la tradition pharaonique, portait cette couronne pour affirmer sa légitimité.

Symbole central de la religion amarnienne, le disque Aton dont les rayons se terminaient en mains offrant l'ankh ornait temples et palais d'Akhetaton. Smenkhkarê, héritier direct de cette révolution théologique, était entouré de cette iconographie solaire unique.

Ces deux insignes royaux — le sceptre recourbé héqa et le fouet cérémoniel nekhekh — symbolisaient respectivement le pouvoir de gouverner et celui de punir. Croisés sur la poitrine du pharaon lors des représentations officielles, ils affirmaient l'autorité divine du souverain.

Des vases canopes destinés à conserver les organes internes du défunt ont été retrouvés dans la tombe KV55, parfois attribués à Smenkhkarê. Ces récipients en albâtre translucide, ornés de têtes sculptées, témoignent du soin apporté aux rites funéraires de la période amarnienne.

Cette coiffe de lin plissé or et bleu couvrant la tête et tombant en deux pans de chaque côté du visage était l'un des signes les plus reconnaissables de la royauté pharaonique. Représenté avec le nemès sur les rares portraits qui lui sont attribués, Smenkhkarê s'inscrivait dans la longue tradition royale égyptienne.
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Vie quotidienne
Matin
À l'aube, Smenkhkarê participait aux rituels solaires en l'honneur d'Aton au Grand Temple d'Akhetaton, où les cérémonies débutaient avec les premiers rayons du soleil devant la famille royale et les hauts dignitaires. Le pharaon officiant comme grand prêtre, il récitait des hymnes au disque solaire tandis que les fumées d'encens s'élevaient vers le ciel sans plafond des temples à ciel ouvert.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux audiences royales, à la réception des émissaires étrangers et à la gestion des affaires de l'État. La correspondance diplomatique avec les royaumes hittite, babylonien et assyrien nécessitait une attention constante pour maintenir les alliances qui garantissaient la paix aux frontières de l'empire.
Soir
Les soirées se déroulaient dans les jardins du palais royal, animées par de la musique de harpe et de luth, des danseuses et des banquets somptueux. La lumière des lampes à huile illuminait les fresques colorées des salles palatiales, créant une atmosphère fastueuse mais aussi empreinte de l'incertitude qui pesait sur la fin de l'ère amarnienne.
Alimentation
La table royale comprenait des mets raffinés : viandes rôties de bœuf, canard et oie sauvage, poissons du Nil séchés ou grillés, pains variés au levain, fruits du verger (figues, raisins, grenades, dattes) et douceurs au miel et à la grenadine. Le vin blanc du Delta et la bière de qualité supérieure aromatisée aux herbes accompagnaient les repas princiers.
Vêtements
Smenkhkarê portait les insignes royaux traditionnels : le némès rayé or et bleu couvrant la tête, le pagne shendyt en lin blanc finement plissé serré à la taille par une ceinture brodée, et le large collier ousekh en or, cornaline et lapis-lazuli. Lors des grandes cérémonies, la couronne bleue Khepresh ou le Pschent bichrome complétaient l'apparat de la royauté.
Habitat
Le Grand Palais d'Akhetaton, construit sur la rive orientale du Nil par Akhenaton, était la résidence principale du souverain. Cette demeure monumentale comprenait de vastes salles d'audience décorées de scènes de la vie amarnienne, des appartements privés avec jardins et bassins, et des greniers royaux alimentant la cour en denrées précieuses.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style artistique amarnien avec ses silhouettes élancées aux traits androgynes baignées de la lumière dorée d'Aton, sur fonds d'ocre chaud et de lapis-lazuli profond, entre éclat royal et mémoire effacée.
Ambiance sonore
Ambiance de la cour royale d'Akhetaton entre lumière solaire et ombres de palais, mêlant chants rituels à Aton, musique de harpe et sistre, effluves d'encens et murmures des intrigues qui entourent ce pharaon aussi fugace qu'énigmatique.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Co-régence avec Akhenaton
vers 1338-1336 av. J.-C.
Scène de la tombe de Méryrê II à Amarna
vers 1338 av. J.-C.
Tentative de restauration du culte d'Amon
vers 1336 av. J.-C.
Objets réemployés dans la tombe de Toutankhamon
vers 1323 av. J.-C.






