Retour à Baba Yaga
La table de l'isba (stol paysan slave autour du four pech')
Dans la maison slave, tout gravite autour du grand four de brique, le pech' : il chauffe, il cuit, on dort dessus l'hiver. Le repas n'est pas découpé en entrée-plat-dessert mais s'ordonne autour d'un socle de bouillie chaude (kasha) ou de potage, accompagné de pain de seigle, de conserves de la forêt (champignons et baies salés ou trempés), et arrosé d'une boisson épaisse (kissel) ou chaude (sbiten). On pose tout ensemble sur la table ; chacun puise. Les plats de fête et d'offrande aux morts (koutia) viennent marquer les passages — exactement le territoire de Baba Yaga, gardienne du seuil entre les vivants et les défunts.
Signature : Le four pech' et la cuisson par étouffée (tomlénié)
La grande affaire de la cuisine slave forestière, c'est le four de brique qui garde la chaleur des heures durant : on n'y fait pas bouillir vif, on y laisse fondre et confire lentement (tomlénié). Avec lui, la forêt en réserve : champignons séchés en guirlande, baies trempées, miel des ruches sauvages. C'est le four de Baba Yaga, celui qui réchauffe… ou qui dévore.

Baba Yaga à table

5 recettes d’époque