Ban Zhao(45 — 116)
Ban Zhao
Han orientaux
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Ban Zhao (45-116) est la première grande femme lettrée de Chine, historienne et philosophe sous la dynastie Han orientaux. Elle achève les œuvres de son frère Ban Gu, notamment le Livre des Han. Son traité Leçons pour les femmes (Nüjie) influence profondément la pensée confucéenne sur le rôle féminin.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naît vers 45 apr. J.-C. dans une famille de lettrés : son père Ban Biao et son frère Ban Gu sont tous deux historiens renommés.
- Vers 92 apr. J.-C., elle est convoquée à la cour impériale pour achever le Livre des Han (Hanshu), laissé inachevé par son frère Ban Gu mort en prison.
- Rédige les Leçons pour les femmes (Nüjie) vers 100 apr. J.-C., premier traité chinois d'éducation féminine fondé sur les valeurs confucéennes.
- Devient préceptrice de l'impératrice Deng et des dames de la cour, acquérant une influence politique considérable.
- Meurt vers 116 apr. J.-C., laissant une œuvre qui sera étudiée en Chine pendant plus de quinze siècles.
Œuvres & réalisations
Traité en sept chapitres sur les vertus féminines confucéennes : humilité, déférence, travail, respect des beaux-parents. Texte fondateur de la littérature didactique féminine en Chine, étudié pendant plus de mille ans.
Ban Zhao compléta les huit tableaux chronologiques et le Traité d'astronomie du Hanshu, premier ouvrage d'histoire dynastique de Chine. Cette œuvre collective, commencée par son père et son frère, reste une référence historique majeure.
Poème en prose (fu) décrivant un voyage et exprimant la mélancolie de la séparation familiale. Il révèle la dimension poétique et personnelle de Ban Zhao, au-delà de son rôle d'historienne.
Recueil de compositions lyriques en partie perdues, mentionnées dans les sources dynastiques. Ces textes témoignent de la maîtrise de Ban Zhao dans tous les genres littéraires de son époque.
Anecdotes
Lorsque son frère Ban Gu mourut en prison en 92 apr. J.-C. sans avoir achevé le Livre des Han (Hanshu), l'empereur He fit appel à Ban Zhao pour terminer cette œuvre monumentale. Elle compléta les tableaux chronologiques et les traités astronomiques, devenant ainsi la première femme historienne officielle de Chine.
L'impératrice Deng Sui, régente de l'empire, tenait Ban Zhao en si haute estime qu'elle la fit venir au palais pour enseigner aux dames de la cour. Ban Zhao y enseignait la calligraphie, l'astronomie, les mathématiques et l'histoire — disciplines alors réservées aux hommes.
Ban Zhao rédigea ses célèbres Admonitions pour les femmes (Nüjie) non pas pour en faire un traité universel, mais pour éduquer ses propres filles avant leur mariage. Elle s'y montrait à la fois exigeante et lucide, insistant sur l'instruction des femmes comme condition de leur dignité dans la société confucéenne.
Issue d'une famille d'érudits exceptionnelle, Ban Zhao avait un père historien (Ban Biao) et deux frères illustres : Ban Gu, le grand historien, et Ban Chao, le général légendaire qui étendit l'influence chinoise jusqu'en Asie centrale. Elle incarna à elle seule la réunion des lettres et de l'histoire dans cette dynastie des Han.
Vers la fin de sa vie, alors qu'elle était âgée et que son fils était en poste lointain, Ban Zhao composa une élégie poignante exprimant la séparation familiale et la mélancolie du temps qui passe. Ce poème, conservé dans le Hou Hanshu, révèle une voix personnelle et sensible derrière l'érudition officielle.
Sources primaires
L'humilité consiste à se montrer respectueuse et réservée, à passer avant les autres et à se mettre soi-même en retrait, à faire ce que l'on doit faire même si l'on en est incapable, à souffrir l'injure sans se plaindre.
Ban Zhao acheva les huit tableaux et le Traité d'astronomie, parties que son frère Ban Gu n'avait pu mener à terme avant sa mort.
La dame Cao était d'une érudition profonde ; l'impératrice régente l'appelait au palais et lui demandait des conseils sur les affaires de l'État. Les dames de la cour l'appelaient 'Grande Maîtresse'.
Je pars vers l'Est, loin de mes proches ; mon cœur souffre de la séparation. Les plaines s'étendent à perte de vue, le vent souffle sur les herbes jaunies.
Lieux clés
Ville natale de Ban Zhao, dans le nord-ouest de la Chine actuelle, berceau de la famille Ban. C'est là que son père Ban Biao et ses frères grandirent dans une culture familiale tournée vers les lettres et l'histoire.
Cœur politique et intellectuel de la Chine au Ier et IIe siècle, Luoyang abritait la cour impériale, les archives et la bibliothèque royale où Ban Zhao travailla toute sa vie d'adulte.
Lieu où étaient conservées les archives et les textes officiels de la dynastie Han. C'est dans ce bâtiment de Luoyang que Ban Zhao consulta les sources et rédigea les parties manquantes du Hanshu.
Résidence de la cour des Han orientaux, où Ban Zhao enseigna aux dames du palais sous la protection de l'impératrice Deng Sui. Elle y jouissait d'un prestige sans équivalent pour une femme de son époque.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Nüjie (Admonitions pour les femmes / Leçons pour les femmes)
vers 106 apr. J.-C.
Hanshu (Livre des Han) — parties achevées
vers 92-111 apr. J.-C.
Dong Zheng Fu (Fu du voyage vers l'Est)
vers 110 apr. J.-C.
Dazhan Fu (Fu de la grande sauterelle) et autres poèmes
Ier-IIe siècle apr. J.-C.
Voir aussi
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