Béhémoth est une créature monstrueuse de la Bible hébraïque, décrite comme une bête terrestre colossale et primordiale. Dans le Livre de Job, Dieu l'évoque pour illustrer sa toute-puissance face à l'humanité. La tradition juive en fait le pendant terrestre du monstre marin Léviathan.
Béhémoth
Béhémoth
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Vois Béhémoth, que j'ai créé comme toi : il mange de l'herbe comme le bœuf.»
Faits marquants
- Apparaît dans le Livre de Job (chapitre 40), texte rédigé vraisemblablement entre le VIe et le IVe siècle av. J.-C.
- Décrit comme une bête terrestre à la force colossale, broutant l'herbe, aux os comme des tubes d'airain
- Forme avec le Léviathan (monstre marin) un couple de créatures primordiales du chaos dans la tradition juive
- La tradition rabbinique en fait un animal réservé au festin des justes à la fin des temps
- Son nom hébreu (behemot) est un pluriel d'intensité signifiant littéralement « les bêtes », évoquant une bête par excellence
Œuvres & réalisations
Texte fondateur où Dieu décrit Béhémoth puis Léviathan pour répondre à Job. C'est la source biblique de toute la tradition sur la bête.
Premier texte à séparer nettement Béhémoth (terre) et Léviathan (mer) et à les situer dans des lieux mythiques précis.
Apocryphes juifs qui posent l'idée du festin des temps derniers, où les deux monstres seront mangés par les justes.
Développe les légendes de Béhémoth broutant mille montagnes et de son affrontement final avec Léviathan.
Le poète anglais y nomme Béhémoth « le plus grand fils de la Terre », parmi les créatures de la Création.
Essai sur la guerre civile anglaise, pensé comme le pendant du Léviathan : le monstre y symbolise le chaos et le désordre civil.
Planche des Illustrations du Livre de Job, image célèbre montrant les deux monstres encadrés par la puissance divine.
Range Béhémoth parmi les démons et fixe son image populaire de monstre ventru à tête d'éléphant, démon de la gourmandise.
Anecdotes
Le nom « Béhémoth » est en réalité un pluriel hébreu du mot behemah, qui veut dire « bête » ou « animal ». En hébreu, mettre un mot au pluriel sert parfois à le grossir : Béhémoth signifie donc quelque chose comme « la bête des bêtes », la super-bête. Le nom à lui seul annonce un monstre démesuré.
Dans le Livre de Job, Dieu ne raconte pas une histoire de Béhémoth : il s'en sert pour clouer le bec à Job. Du fond d'une tempête, il décrit cette créature que personne ne peut capturer ni dompter, pour montrer à l'homme à quel point il est petit face à la puissance de la Création.
La tradition juive forme un trio de monstres primordiaux : Béhémoth règne sur la terre ferme, Léviathan sur la mer, et le Ziz sur le ciel. Selon plusieurs textes, à la fin des temps, leur chair sera servie en festin aux justes lors du grand banquet messianique.
Depuis des siècles, des savants se demandent si Béhémoth décrit un animal réel : sa façon de brouter l'herbe et de se vautrer dans les marais évoque l'hippopotame ou l'éléphant. Mais le détail de la « queue raide comme un cèdre » continue de diviser les spécialistes.
Au XIXe siècle, le démonologue Collin de Plancy a transformé Béhémoth en démon de la gourmandise dans son Dictionnaire infernal, le représentant en gros monstre à tête d'éléphant et au ventre rebondi — très loin de la bête sauvage et puissante de la Bible.
Sources primaires
Vois Béhémoth, que j'ai créé comme toi : il se nourrit d'herbe comme le bœuf. Sa force est dans ses reins, et sa vigueur dans les muscles de son ventre. Il raidit sa queue comme un cèdre ; ses os sont des tubes d'airain.
En ce jour, deux monstres seront séparés l'un de l'autre : un monstre femelle, nommé Léviathan, pour habiter dans les abîmes de la mer ; et un monstre mâle, nommé Béhémoth, qui occupe de sa poitrine un désert immense nommé Dendaïn.
Alors tu as conservé deux créatures : tu as appelé l'une Béhémoth et l'autre Léviathan. Tu les as séparées l'une de l'autre... À Béhémoth tu as donné une des parties qui furent desséchées le troisième jour, là où se trouvent mille montagnes.
Et Béhémoth sortira de son lieu, et Léviathan montera de la mer, ces deux grands monstres que j'ai créés au cinquième jour de la création, et que j'ai gardés jusqu'à ce temps ; alors ils serviront de nourriture à tous ceux qui resteront.
Les sages enseignent que Béhémoth paît chaque jour l'herbe de mille montagnes, et que ces montagnes refont pousser leur pâture pendant la nuit, afin que la bête trouve toujours de quoi se nourrir.
Lieux clés
Selon le Livre d'Hénoch, Béhémoth occupe de sa poitrine un désert immense nommé Dendaïn, situé à l'est du jardin d'Éden. C'est sa demeure mythique sur la terre ferme.
Le Livre de Job imagine Béhémoth confiant dans les eaux : il reste calme quand le Jourdain se jette dans sa gueule, couché parmi les roseaux. Le fleuve réel sert ici de décor à la bête.
La tradition rabbinique place Béhémoth sur mille montagnes dont l'herbe lui sert de pâture quotidienne. Ces hauteurs mythiques disent l'étendue de son territoire.
Lieu du banquet de la fin des temps où, selon les textes juifs, la chair de Béhémoth nourrira les justes. C'est un espace eschatologique, hors du temps ordinaire.
Dans le Dictionnaire infernal, Béhémoth devient un démon des Enfers, gardien des festins et de la gourmandise. Le lieu marque sa transformation en figure diabolique.
Objets typiques

Dans le Livre de Job, seul celui qui a fait Béhémoth peut s'approcher de lui avec son épée. Elle symbolise le pouvoir exclusif de Dieu sur la bête que nul homme ne peut maîtriser.

Béhémoth broute l'herbe comme un bœuf et, selon le Talmud, dévore chaque jour la pâture de mille montagnes qui repoussent durant la nuit. Cette nourriture illimitée souligne sa taille colossale.

Le Livre de Job décrit Béhémoth couché à l'ombre des lotus, caché dans les roseaux des marais. Ce repaire végétal le situe au bord des eaux, dans un décor primordial.

Plusieurs textes annoncent qu'à la fin des temps la chair de Béhémoth, avec celle de Léviathan, sera servie en banquet aux justes. L'objet devient symbole de récompense et de monde renouvelé.

Dans l'imagerie démonologique tardive, Béhémoth est parfois figuré soufflant dans une trompe. L'instrument accompagne sa réputation de démon bruyant et de meneur de festins.

La démonologie fait de Béhémoth le grand échanson chargé des banquets infernaux. La coupe symbolise alors son rôle de démon de la gourmandise et de la table.
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Vie quotidienne
Matin
Au lever du jour, Béhémoth quitte l'ombre des roseaux pour gagner les montagnes. Selon le Talmud, il y broute l'herbe de mille collines, comme un bœuf gigantesque, sans jamais épuiser sa pâture.
Après-midi
Aux heures chaudes, la bête redescend vers les marais et se vautre dans la boue, à l'abri des lotus. Le Livre de Job la montre confiante et tranquille, même quand le fleuve gonfle autour d'elle.
Soir
Le soir, Béhémoth se couche parmi les roseaux et les saules du torrent. Pendant la nuit, dit la légende juive, les montagnes qu'il a broutées refont pousser leur herbe pour le lendemain.
Alimentation
Béhémoth est herbivore : il « mange l'herbe comme le bœuf », précise le Livre de Job. Loin d'un prédateur, c'est une masse paisible qui engloutit des prairies entières.
Vêtements
En tant que bête primordiale, Béhémoth ne porte rien : sa « parure » est son corps lui-même. Le texte vante ses os « comme des tubes d'airain » et ses membres « comme des barres de fer ».
Habitat
Sa demeure est la nature sauvage : un désert mythique nommé Dendaïn, les rives d'un fleuve, et un lit de roseaux dans les marais. Aucun enclos humain ne pourrait le contenir.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Livre de Job (chapitres 40-41)
VIe-IVe siècle av. J.-C.
Livre d'Hénoch (1 Hénoch, ch. 60)
IIe-Ier siècle av. J.-C.
Quatrième livre d'Esdras et Apocalypse de Baruch
fin du Ier siècle ap. J.-C.
Talmud de Babylone, traité Baba Batra (74b-75a)
IIIe-Ve siècle ap. J.-C.
Le Paradis perdu, de John Milton
1667
Behemoth, de Thomas Hobbes
1681
Béhémoth et Léviathan, gravure de William Blake
1826






