Bendis
Bendis
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Bendis est une déesse thrace de la lune, de la chasse et de la nature sauvage, souvent assimilée à l'Artémis grecque. Son culte, introduit à Athènes au Ve siècle av. J.-C., y fut célébré lors d'une fête publique, les Bendideia.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Déesse principale du panthéon thrace, associée à la lune et à la chasse
- Culte officiellement introduit à Athènes vers 429 av. J.-C., notamment au Pirée
- Fête des Bendideia célébrée par une procession et une course aux flambeaux à cheval
- Mentionnée par Platon en ouverture de La République, dont l'action se situe lors de cette fête au Pirée
- Assimilée par les Grecs à Artémis et parfois à Hécate ou Perséphone
Œuvres & réalisations
Fête publique athénienne instituée en l'honneur de Bendis, célèbre pour sa procession et sa course de chevaux aux flambeaux nocturne.
Établissement d'un lieu de culte officiel pour une divinité étrangère, fait exceptionnel dans la religion athénienne.
Série de plaques de marbre figurant la déesse et ses dévots, sources iconographiques majeures sur son culte.
L'ouverture du dialogue place la scène lors des Bendideia, immortalisant la fête dans la littérature philosophique.
Confrérie religieuse, attestée par des inscriptions, chargée d'organiser le culte et les fêtes de la déesse au Pirée.
Identification de Bendis à la déesse grecque de la chasse, exemple d'interpretatio graeca facilitant l'intégration du culte.
Anecdotes
Bendis était une déesse de Thrace, région au nord de la Grèce. Quand des marchands et des immigrés thraces s'installèrent au Pirée, le port d'Athènes, ils apportèrent son culte avec eux. Vers 429 av. J.-C., la cité d'Athènes reconnut officiellement ce culte étranger, ce qui était assez rare pour une divinité non grecque.
Le philosophe Platon ouvre son célèbre dialogue La République en évoquant la fête de Bendis. Socrate raconte être descendu au Pirée pour assister à cette toute première célébration et admirer la procession des Thraces : c'est l'un des rares témoignages directs sur cette déesse.
Les Bendideia, fête en l'honneur de Bendis, comportaient une course de chevaux aux flambeaux organisée la nuit. Les cavaliers se passaient des torches enflammées en pleine course, un spectacle inhabituel et impressionnant pour les Athéniens.
Les Grecs avaient l'habitude d'identifier les dieux étrangers à leurs propres divinités. Comme Bendis était associée à la chasse, à la lune et aux animaux sauvages, ils la rapprochèrent d'Artémis, la déesse grecque de la chasse et sœur d'Apollon.
Bendis était souvent représentée portant un bonnet phrygien, des bottes de chasseur et une longue cape thrace, tenant deux lances ou une lance et une coupe. Cette tenue 'barbare' la distinguait nettement des déesses grecques classiques sur les reliefs votifs.
Sources primaires
Je descendis hier au Pirée avec Glaucon, fils d'Ariston, pour faire ma prière à la déesse et en même temps pour voir comment on célébrerait la fête, qui avait lieu pour la première fois.
La procession des gens du pays m'a paru belle, mais celle des Thraces ne l'était pas moins. (...) Ne savez-vous pas qu'il y aura ce soir une course aux flambeaux à cheval en l'honneur de la déesse ?
Les femmes thraces et péoniennes, lorsqu'elles sacrifient à Artémis Reine, n'accomplissent jamais leurs rites sans employer de la paille de froment.
Bendis figure parmi les divinités thraces honorées par des rites comparables à ceux des Cabires et des fêtes orgiastiques de la Grande Mère.
Lieux clés
Port d'Athènes où s'installa la communauté thrace et où fut établi le sanctuaire de Bendis ; lieu des premières Bendideia.
Région d'origine de Bendis, au nord de la mer Égée, où elle était vénérée comme déesse lunaire et chasseresse avant l'arrivée de son culte en Grèce.
Cité grecque qui reconnut officiellement le culte étranger de Bendis au Ve siècle av. J.-C., cas rare d'adoption d'une divinité barbare.
Temple dédié à Bendis au Pirée, géré par une association de fidèles thraces et athéniens (les orgéons), centre de son culte.
Colline du Pirée associée au culte d'Artémis Munichia, à laquelle Bendis fut rapprochée en raison de leurs attributs communs.






