Bernard Stiegler (1952-2020) est un philosophe français, figure majeure de la philosophie de la technique. Il analyse comment les techniques et les technologies numériques façonnent l'esprit humain, la mémoire et les sociétés contemporaines.
Bernard Stiegler(1952 — 2020)
Bernard Stiegler
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1952 à Villebon-sur-Yvette et mort en 2020.
- Publie à partir de 1994 sa trilogie majeure « La Technique et le Temps ».
- Fonde en 2005 le groupe de réflexion philosophique et politique Ars Industrialis.
- Dirige à partir de 2006 l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) du Centre Pompidou.
- Élève du philosophe Jacques Derrida, dont il prolonge la réflexion sur la technique et la mémoire.
Œuvres & réalisations
Œuvre majeure de Stiegler qui repense le rapport entre l'humain et la technique. Il y défend l'idée que l'homme se constitue par les outils qu'il fabrique.
Essai dénonçant le pouvoir de la télévision et des médias sur l'attention des citoyens. Il analyse les menaces que cela fait peser sur la vie démocratique.
Réflexion sur l'éducation et l'attention des jeunes face aux écrans. Stiegler y propose une « écologie de l'esprit ».
Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit. Elle prolonge concrètement la pensée de Stiegler.
Lieu de transmission de la philosophie ouvert à tous, hors du cadre universitaire. Il illustre la volonté de Stiegler de partager la pensée largement.
Essai sur l'accélération technologique qui dépasse la capacité des sociétés à y réfléchir. Devenu une référence pour penser le numérique contemporain.
Anecdotes
Avant de devenir philosophe, Bernard Stiegler a connu un parcours hors du commun : condamné pour des braquages de banque, il passe cinq ans en prison de 1978 à 1983. C'est derrière les barreaux qu'il se met à lire intensément et à étudier la philosophie, transformant cet enfermement en véritable naissance intellectuelle.
En prison, il entame une correspondance et un travail de réflexion qui attireront l'attention du philosophe Gérard Granel, puis de Jacques Derrida, qui deviendra son directeur de thèse. Stiegler aimait dire que c'est l'expérience de la privation du monde extérieur qui lui a fait comprendre à quel point notre pensée dépend d'objets, de livres et de techniques.
Stiegler a dirigé de grandes institutions culturelles françaises, dont l'IRCAM (centre de recherche musicale) et le département du développement culturel du Centre Pompidou. Il prouvait ainsi qu'un philosophe pouvait aussi agir concrètement sur la culture et les technologies de son époque.
En 2005, il fonde l'association Ars Industrialis et, en 2010, l'École de philosophie d'Épineuil-le-Fleuriel, dans un village du Cher. Il voulait créer des lieux où des gens de tous horizons pouvaient penser ensemble les enjeux du numérique, loin des seuls amphithéâtres universitaires.
Stiegler reprenait le mythe grec de Prométhée et de son frère Épiméthée pour expliquer sa philosophie : l'humain, oublié lors de la distribution des qualités aux animaux, doit compenser ce manque par la technique. Pour lui, nous sommes des êtres « par défaut », constitués par les outils que nous fabriquons.
Sources primaires
Le propre de l'homme, c'est de n'avoir rien en propre : il est constitué par la technique, qui est en lui une prothèse, un supplément à un défaut d'origine.
La captation de l'attention par les industries de programmes détruit le temps de la conscience et menace la vie de l'esprit.
Une société qui ne prend plus soin de l'attention de sa jeunesse est une société qui scie la branche sur laquelle elle est assise.
La disruption va plus vite que les sociétés, qui n'ont plus le temps de penser ce qui leur arrive : elle court-circuite la raison.
Lieux clés
Commune de l'Essonne où Bernard Stiegler est né en 1952.
Établissement où Stiegler a enseigné et dirigé un institut de recherche sur l'innovation et la technologie.
Grande institution culturelle parisienne où Stiegler a dirigé le département du développement culturel et l'IRI (Institut de recherche et d'innovation).
Village du Cher où Stiegler a fondé en 2010 son École de philosophie, ouverte à un large public.
Centre de recherche sur la musique et le son, dont Stiegler a assuré la direction, prouvant son engagement concret dans les technologies culturelles.
Objets typiques

Outil central de la formation autodidacte de Stiegler en prison, le livre est pour lui un support de mémoire et de pensée. Il incarne ce qu'il appelle les « technologies de l'esprit ».

Symbole de la révolution numérique que Stiegler analyse tout au long de son œuvre. Il y voit à la fois un outil d'émancipation et un instrument de captation de l'attention.

Objet emblématique de la « disruption » numérique critiquée par Stiegler. Il représente l'industrie de captation de l'attention qui transforme nos comportements quotidiens.

Instruments d'écriture que Stiegler considérait comme des prothèses de la mémoire, prolongeant l'esprit humain. L'écriture est pour lui le modèle même de la technique qui façonne la pensée.

Stiegler évoquait les premiers supports d'écriture comme l'origine de l'« extériorisation » de la mémoire humaine. Cet objet symbolise sa thèse selon laquelle l'humain se constitue par la technique depuis ses débuts.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Le matin, Stiegler écrivait souvent très tôt, profitant du calme pour rédiger ses livres denses et exigeants. Il considérait l'écriture comme un travail quotidien et discipliné, presque comme un artisan à l'établi.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'enseignement, aux réunions de recherche et à la direction d'institutions culturelles comme le Centre Pompidou. Il aimait débattre avec étudiants, chercheurs et ingénieurs autour des technologies numériques.
Soir
En soirée, il animait parfois des séminaires ou des conférences publiques, notamment à son École de philosophie. Il poursuivait aussi ses lectures, persuadé que penser demande du temps et de l'attention.
Alimentation
Comme un universitaire français de son temps, Stiegler partageait des repas conviviaux où la discussion intellectuelle accompagnait la table. Il appréciait ces moments d'échange comme une forme de vie collective de l'esprit.
Vêtements
Stiegler portait des tenues sobres et décontractées, vestes et chemises, à l'image d'un intellectuel contemporain. Il n'accordait pas d'importance à l'apparence, préférant se concentrer sur les idées.
Habitat
Il vivait en France, partageant son temps entre Paris, où se trouvaient ses institutions, et la campagne du Cher autour d'Épineuil-le-Fleuriel. Ce village rural abritait son école de philosophie.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La technique et le temps (3 tomes)
1994-2001
La télécratie contre la démocratie
2006
Prendre soin, de la jeunesse et des générations
2008
Fondation d'Ars Industrialis
2005
Fondation de l'École de philosophie d'Épineuil-le-Fleuriel
2010
Dans la disruption : comment ne pas devenir fou ?
2016






