Bessie Coleman (1892-1926) est la première femme afro-américaine à obtenir un brevet de pilote, en France en 1921, car aucune école américaine ne l'acceptait en raison de sa race et de son sexe. Elle devient une aviatrice de voltige célèbre avant de mourir lors d'un accident d'avion.
Bessie Coleman(1892 — 1926)
Bessie Coleman
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1892 : naissance à Atlanta, Texas, dans une famille afro-américaine pauvre
- 1921 : obtention du brevet de pilote international de la Fédération Aéronautique Internationale en France, première femme noire à y parvenir
- 1922 : premier spectacle aérien public aux États-Unis devant un public afro-américain
- Refus systématique de se produire devant des publics ségrégués
- 1926 : mort à 34 ans lors d'un accident d'avion à Jacksonville, Floride
Œuvres & réalisations
Premier exploit majeur de Bessie Coleman : décrocher le brevet de pilote de la FAI en France après avoir été refusée dans toutes les écoles américaines. Cet acte fondateur fit d'elle la première femme afro-américaine de l'histoire à détenir une licence internationale de pilotage.
Bessie Coleman réalisa son premier spectacle de voltige public en Amérique devant des milliers de spectateurs. Cette performance établit sa réputation nationale et lança officiellement sa carrière de barnstormer itinérante.
Pendant quatre ans, Coleman parcourut les États-Unis de ville en ville pour donner des spectacles de voltige acrobatique, utilisant ses gains pour sensibiliser les Afro-Américains à l'aviation et réunir les fonds nécessaires à son projet d'école.
En parallèle de ses spectacles, Coleman donna de nombreuses conférences dans les églises, écoles et associations noires pour encourager les jeunes à surmonter les discriminations raciales. Elle était convaincue que l'aviation pouvait être un symbole d'émancipation.
Grand projet inachevé de Bessie Coleman : créer la première école de pilotage ouverte aux Afro-Américains sur le sol américain, pour que personne ne soit contraint de traverser l'Atlantique comme elle avait dû le faire. Sa mort accidentelle l'empêcha de le concrétiser.
Anecdotes
Refusée par toutes les écoles d'aviation américaines en raison de sa race et de son sexe, Bessie Coleman décida d'apprendre le français et traversa l'Atlantique pour se former en Europe. En juin 1921, à l'école d'aviation des frères Caudron au Crotoy, en Normandie, elle obtint son brevet de pilote international délivré par la Fédération Aéronautique Internationale, devenant ainsi la première femme afro-américaine pilote de l'histoire.
De retour aux États-Unis, Bessie Coleman refusait catégoriquement de se produire lors de meetings aériens où le public noir et le public blanc étaient séparés. Si les organisateurs maintenaient cette ségrégation, elle annulait purement et simplement sa participation, quitte à perdre son cachet, affirmant que l'aviation devait être une cause d'égalité et non de division.
Surnommée « Queen Bess » par la presse afro-américaine, elle réalisa des numéros de voltige spectaculaires à travers les États-Unis pour lever des fonds en vue d'un projet qui lui tenait profondément à cœur : ouvrir la première école de pilotage destinée aux Afro-Américains, afin que personne n'ait à traverser l'Atlantique pour apprendre à voler.
Le 30 avril 1926, lors d'une répétition de voltige à Jacksonville en Floride, l'avion qu'elle occupait effectua une brusque mise en vrille. Bessie Coleman, qui ne portait pas de ceinture de sécurité pour observer le terrain depuis le cockpit, fut éjectée à environ cinq cents mètres d'altitude et mourut sur le coup. Elle avait trente-quatre ans.
Tombée dans l'oubli pendant des décennies, Bessie Coleman est aujourd'hui célébrée comme une pionnière à double titre. En 1995, la Poste américaine lui a consacré un timbre commémoratif, et plusieurs aéroports aux États-Unis portent son nom ou lui rendent hommage, faisant d'elle une icône de la lutte pour l'égalité raciale et de l'émancipation des femmes.
Sources primaires
Document officiel délivré le 15 juin 1921 par la Fédération Aéronautique Internationale, attestant que Bessie Coleman a satisfait aux épreuves théoriques et pratiques de pilotage. Ce brevet, reconnu dans tous les pays membres de la FAI, fit d'elle la première femme afro-américaine titulaire d'un tel certificat.
Le Chicago Defender, principal journal afro-américain de l'époque, couvre le retour de Bessie Coleman à Chicago en 1921 et rapporte ses déclarations : elle affirme que son objectif est de prouver que les Afro-Américains peuvent devenir pilotes et qu'elle entend ouvrir une école d'aviation ouverte à tous, sans distinction de race.
Bessie Coleman y déclare : « Je savais que nous avions besoin d'aviatrices noires, et je savais que, si quelqu'un devait y arriver, ce serait moi. » Elle insiste sur sa volonté d'inspirer la jeunesse afro-américaine et de montrer que les barrières raciales peuvent être surmontées par le travail et la persévérance.
Le rapport officiel établit que l'appareil Curtiss JN-4 piloté par William Wills a subi une perte de contrôle due à une clé à molette coincée dans les commandes. Coleman, qui occupait le cockpit arrière ouvert sans ceinture afin d'observer le terrain pour préparer son numéro, a été éjectée à haute altitude.
Lieux clés
Ville natale de Bessie Coleman, où elle vit le jour le 26 janvier 1892. Elle y grandit dans une famille de métayers confrontée à la pauvreté et à la ségrégation raciale quotidienne du Sud des États-Unis.
Bessie Coleman s'y installa vers 1915 et y travailla comme manucure. C'est dans cette ville dynamique, carrefour de la presse et de la culture afro-américaine, qu'elle entendit parler de l'aviation et décida d'apprendre le français pour se former en France.
C'est à l'école d'aviation des frères Caudron, au bord de la baie de Somme, que Bessie Coleman apprit à piloter en 1920-1921 et obtint son brevet international, devenant la première femme afro-américaine pilote de l'histoire.
Lieu du premier meeting aérien public de Bessie Coleman aux États-Unis le 3 septembre 1922. Sa prestation devant une foule nombreuse marqua le début officiel de sa carrière d'aviatrice de spectacle en Amérique.
Bessie Coleman trouva la mort le 30 avril 1926 lors d'une répétition de voltige au-dessus de cette ville. Éjectée de son biplan Curtiss JN-4 à environ cinq cents mètres d'altitude, elle mourut sur le coup.
Objets typiques

Bessie Coleman portait une combinaison ajustée en cuir brun, équipement indispensable pour supporter le froid et le vent dans les cockpits ouverts des années 1920. Sa tenue soignée et photogénique contribuait à son image de vedette et à sa visibilité médiatique.

Indispensables dans les biplans à cockpit ouvert, ces lunettes à monture métallique et verres en verre trempé protégeaient les yeux du vent, des insectes et des projections. Bessie Coleman en portait systématiquement lors de ses vols de voltige, et elles sont devenues l'un des symboles de son identité d'aviatrice.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Avion biplace à cockpit ouvert utilisé massivement par l'armée américaine pendant la Première Guerre mondiale, puis reconverti en usage civil. C'était l'appareil de prédilection des barnstormers comme Coleman pour ses numéros de voltige, et c'est à bord d'un JN-4 qu'elle trouva la mort en 1926.

Le certificat de pilote n°18310 délivré par la FAI en 1921 est le document le plus symbolique de la vie de Coleman. Il représente sa victoire sur la double discrimination raciale et sexiste qui lui avait fermé toutes les portes aux États-Unis.

La navigation dans les années 1920 reposait sur des cartes topographiques annotées que le pilote consultait en vol, se repérant visuellement par rapport aux routes, rivières et villes. Coleman les utilisait pour planifier ses circuits de démonstration à travers les États-Unis.

Le casque moulant en cuir, porté avec les lunettes d'aviateur, était l'équipement de protection de base dans l'aviation civile des années 1920. Symbole visuel fort du pilote de l'époque, il n'offrait cependant aucune protection contre une éjection à haute altitude.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Les matinées de Bessie Coleman en tournée commençaient par une inspection minutieuse de son appareil avec son mécanicien. Elle vérifiait le moteur, les gouvernes et la structure de l'aile, sachant que les biplans JN-4 d'occasion rachetés à l'armée étaient souvent en mauvais état. Elle consultait aussi les rares bulletins météo disponibles, indispensables pour les vols de basse altitude.
Après-midi
Les après-midis des jours de meeting étaient entièrement consacrés aux performances aériennes : piqués rasants, tonneaux, virages serrés qui faisaient frémir le public. Entre deux passages, Coleman accordait des interviews aux journalistes noirs et blancs et signait des autographes, soucieuse de faire passer son message d'égalité raciale autant que de divertir la foule.
Soir
Le soir, dans les villes étape, Bessie Coleman donnait souvent des conférences dans les églises ou associations afro-américaines pour partager son parcours et encourager les vocations. Elle logeait dans des pensions de familles noires ou chez des particuliers, les hôtels lui étant fréquemment refusés dans les États appliquant les lois Jim Crow.
Alimentation
Élevée dans une famille de métayers du Texas, Bessie Coleman avait grandi avec une cuisine simple : maïs, haricots noirs, légumes du jardin, poulet. En tournée, elle dépendait de l'hospitalité des communautés afro-américaines qui l'accueillaient, mangeant souvent des repas préparés par des familles noires puisque les restaurants ségrégationnistes lui étaient fermés dans une grande partie du pays.
Vêtements
Pour ses spectacles, Coleman portait une tenue d'aviateur complète et soignée : combinaison en cuir marron, casque moulant, lunettes d'aviateur et bottes hautes. Cette silhouette moderne et élégante tranchait avec les représentations habituelles des femmes de l'époque et lui valait une couverture photographique importante dans la presse. Hors des vols, elle s'habillait avec soin, consciente de son rôle de modèle pour les femmes afro-américaines.
Habitat
Durant ses années de barnstorming, Bessie Coleman vivait sans résidence fixe, se déplaçant d'un État à l'autre au rythme de ses contrats. Elle était hébergée chez des familles noires ou dans des pensions situées dans les quartiers afro-américains, la ségrégation lui interdisant l'accès à de nombreux établissements. Chicago restait son point d'attache, où elle retrouvait sa famille entre deux tournées.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Obtention du brevet de pilote international (FAI)
15 juin 1921
Premier meeting aérien aux États-Unis (Curtiss Field, Garden City)
3 septembre 1922
Tournées de voltige (barnstorming) à travers les États-Unis
1922-1926
Conférences dans les communautés afro-américaines
1922-1926
Projet d'école d'aviation pour les Afro-Américains
1925-1926






