Cardinal Richelieu(1585 — 1642)

Armand Jean du Plessis de Richelieu

Royaume de France

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PolitiqueSpiritualitéReligieux/seTemps modernesFrance du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIII, période de l'absolutisme naissant et de la guerre de Trente Ans.

Cardinal et homme d'État français, Richelieu fut le principal ministre du roi Louis XIII de 1624 à 1642. Il œuvra au renforcement du pouvoir royal et fit de la France une grande puissance européenne.

Questions fréquentes

Le cardinal de Richelieu (1585-1642) fut le principal ministre de Louis XIII de 1624 à sa mort. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne l'absolutisme naissant : il a concentré les pouvoirs entre les mains du roi en affaiblissant les grands nobles et les protestants. Moins un homme d'Église qu'un homme d'État, il a fait de la France une puissance européenne majeure en intervenant dans la guerre de Trente Ans.

Citations célèbres

« Savoir dissimuler est le savoir des rois. »
« Il faut écouter beaucoup et parler peu pour bien agir au gouvernement d'un État. »

Faits marquants

  • 1622 : élevé au rang de cardinal par le pape Grégoire XV
  • 1624 : devient principal ministre de Louis XIII
  • 1628 : prise de La Rochelle, soumission du parti protestant
  • 1635 : fondation de l'Académie française et entrée de la France dans la guerre de Trente Ans
  • 1642 : mort à Paris, peu avant Louis XIII

Œuvres & réalisations

Fondation de l'Académie française (1635)

Institution chargée de normaliser et défendre la langue française ; elle existe encore aujourd'hui.

Soutien à la Gazette de Renaudot (1631)

Premier journal périodique français, instrument de la propagande royale et naissance de la presse en France.

Paix d'Alès (édit de grâce) (1629)

Met fin aux guerres de religion en supprimant les places de sûreté protestantes tout en maintenant la liberté de culte.

Politique navale et création d'une marine de guerre (années 1620-1630)

Richelieu se fait nommer grand maître de la navigation et dote la France de flottes en Atlantique et en Méditerranée.

Engagement dans la guerre de Trente Ans (1635)

Entrée de la France contre les Habsbourg d'Espagne et d'Autriche, posant les bases de l'hégémonie française en Europe.

Testament politique (rédigé vers 1635-1640)

Ouvrage de réflexion sur l'art de gouverner, exposant sa vision de la raison d'État.

Renforcement des intendants (années 1630)

Développement des intendants royaux en province, fondement de l'administration centralisée de la monarchie absolue.

Fondation et reconstruction de la Sorbonne (années 1630)

Réaménagement de l'université et de sa chapelle, où il sera inhumé.

Anecdotes

Surnommé « l'Éminence rouge » à cause de la couleur pourpre de sa robe de cardinal, Richelieu travaillait souvent dans l'ombre du roi Louis XIII. On l'opposait à son fidèle conseiller, le père Joseph, un moine capucin vêtu de gris que l'on surnommait « l'Éminence grise » — une expression devenue célèbre pour désigner un conseiller discret mais puissant.

En 1627-1628, Richelieu dirigea personnellement le siège de La Rochelle, place forte des protestants. Il fit construire une immense digue de pierre à travers la mer pour bloquer le port et empêcher les secours anglais. Après plus d'un an de siège et la famine, la ville capitula : sur 28 000 habitants, il n'en restait que 5 000.

Richelieu adorait les chats et en aurait possédé une quinzaine, qui vivaient dans des pièces dédiées de son palais. Certains portaient des noms savants ou tirés de romans ; on raconte qu'il jouait avec ses chatons chaque matin avant de commencer son travail d'État.

C'est Richelieu qui fonda l'Académie française en 1635, chargée de fixer les règles de la langue française et de rédiger un dictionnaire. L'institution existe toujours aujourd'hui et ses membres sont surnommés « les Immortels ».

Grand amateur de théâtre, Richelieu protégea les écrivains et fit aménager une salle de spectacle dans son Palais-Cardinal (l'actuel Palais-Royal). Il fut cependant agacé par le triomphe de la pièce « Le Cid » de Corneille en 1637, qu'il fit examiner et critiquer par l'Académie.

Sources primaires

Testament politique, Cardinal de Richelieu (rédigé vers 1635-1640, publié 1688)
Lorsque Votre Majesté se résolut de me donner en même temps et l'entrée de ses conseils et grande part en sa confiance pour la direction de ses affaires, je puis dire avec vérité que les huguenots partageaient l'État avec elle.
Mémoires du cardinal de Richelieu (XVIIe siècle)
Mon premier but fut la majesté du Roi, mon second la grandeur du royaume.
Édit de Nîmes (Paix d'Alès), promulgué sous l'influence de Richelieu (1629)
Les places de sûreté accordées à ceux de la religion prétendue réformée seront rasées et démolies.
Lettres, instructions diplomatiques et papiers d'État du cardinal de Richelieu (1624-1642)
Le mal qui peut arriver d'un prompt remède est bien moindre que celui qui naît de la longueur d'une délibération.

Lieux clés

Paris (lieu de naissance et de mort)

Richelieu naît à Paris en 1585 et y meurt en 1642. C'est le centre de son action politique au service de la couronne.

Luçon (évêché)

Petite ville de Vendée dont Richelieu devient évêque en 1607, point de départ de sa carrière ecclésiastique.

La Rochelle (siège)

Place forte protestante assiégée par Richelieu en 1627-1628 ; sa chute marque l'effondrement du pouvoir politique huguenot.

Palais-Cardinal, Paris

Résidence parisienne que Richelieu fait construire près du Louvre ; léguée au roi, elle devient le Palais-Royal.

Château de Richelieu (Indre-et-Loire)

Château et ville idéale qu'il fait édifier sur ses terres du Poitou-Touraine pour célébrer sa dynastie.

Sorbonne, Paris

Université dont Richelieu fut proviseur ; il finance la reconstruction de sa chapelle, où se trouve aujourd'hui son tombeau.

Voir aussi