Chef d'orchestre et violoniste argentin d'origine italienne (1915-2011), Carlo Felice Cillario s'est illustré dans le répertoire lyrique et symphonique. Il a dirigé les plus grands opéras du monde, notamment le Royal Opera House de Londres et l'Opéra de Paris.
Carlo Felice Cillario(1915 — 2007)
Carlo Felice Cillario
Italie, royaume d'Italie
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 15 février 1915 à Alba, en Italie
- Émigre en Argentine où il poursuit sa carrière musicale
- Dirige au Royal Opera House de Covent Garden à Londres dans les années 1960-1970
- Collabore avec des chanteurs comme Montserrat Caballé et Luciano Pavarotti
- Décède le 3 avril 2011 à Sydney, en Australie
Œuvres & réalisations
Enregistrement studio de référence réalisé à Londres pour le label Decca avec la soprano Joan Sutherland et le baryton Gabriel Bacquier. Cet album constitue l'un des témoignages sonores les plus importants de la carrière de Cillario et reste une référence discographique pour cet opéra bouffe.
Productions mémorables au Royal Opera House avec Joan Sutherland dans le rôle-titre, saluées par la critique londonienne. Ces soirées contribuèrent à établir durablement la réputation internationale de Cillario comme chef spécialiste du bel canto.
Cillario dirigea de nombreuses productions de La Traviata tout au long de sa carrière, faisant de cet opéra de Verdi l'un de ses titres emblématiques. Ses lectures à la fois dramatiques et chantantes firent référence au Teatro Colón et lui valurent une fidélité durable du public argentin.
Cillario fut un interprète reconnu de Puccini, en particulier de Tosca, opéra qu'il dirigea sur plusieurs continents. Ses productions, attentives aux voix et au drame musical, lui valurent d'être régulièrement invité par les plus grandes maisons d'opéra.
Cillario contribua au développement de l'opéra en Australie en dirigeant régulièrement l'Australian Opera Company après l'inauguration du Sydney Opera House en 1973. Son expertise du répertoire lyrique européen apporta une caution artistique essentielle à cette institution en plein essor.
Anecdotes
Carlo Felice Cillario naquit en Argentine en 1915 dans une famille d'immigrants italiens passionnés de musique. Dès l'enfance, il apprit le violon et montra un talent si remarquable que sa famille l'envoya parfaire sa formation en Italie, où il étudia à Bologne la direction d'orchestre et le répertoire lyrique qui allaient façonner toute sa carrière.
Cillario fut l'un des chefs d'orchestre les plus régulièrement invités au Royal Opera House de Covent Garden à Londres dans les années 1960-1980. Sa maîtrise du répertoire lyrique italien — Verdi, Puccini, Donizetti — lui valut d'être considéré comme l'un des spécialistes incontournables du bel canto par la critique britannique de l'époque.
Il développa une collaboration artistique mémorable avec la soprano australienne Dame Joan Sutherland, l'une des plus grandes voix du XXe siècle. Ensemble, ils gravèrent en 1966 pour le label Decca un enregistrement de Don Pasquale de Donizetti resté une référence discographique, aux côtés du baryton Gabriel Bacquier.
Au Teatro Colón de Buenos Aires, considéré comme l'un des plus beaux opéras du monde pour son acoustique exceptionnelle, Cillario occupait une place de choix tout au long de sa carrière. Il contribua à faire de cette institution un pont vivant entre les traditions musicales européennes et l'effervescence culturelle de l'Amérique du Sud.
Cillario continua de diriger bien au-delà de l'âge de soixante-dix ans, témoignant d'une énergie et d'une rigueur artistique qui forçaient l'admiration de ses collègues. Son parcours, qui l'avait conduit des pampas argentines aux plus grandes scènes lyriques mondiales, incarnait la vitalité de la diaspora italienne dans le monde musical du XXe siècle.
Sources primaires
Carlo Felice Cillario, chef d'orchestre réputé pour sa profonde connaissance du répertoire belcantiste, dirigera ce soir une production de Lucia di Lammermoor avec Dame Joan Sutherland dans le rôle-titre.
Carlo Felice Cillario, conductor; Joan Sutherland, soprano; Gabriel Bacquier, baritone; Nicola Monti, tenor; Fernando Corena, bass. Decca Records, London.
Mr Cillario brought to Covent Garden's production a sense of dramatic urgency and lyrical refinement rarely heard in this house; the audience rose to their feet at the final curtain.
El maestro Carlo Felice Cillario, orgullo de la lírica argentina en el mundo, dirige esta noche la apertura de la temporada con La Traviata de Giuseppe Verdi.
Lieux clés
Pays de naissance et de cœur de Cillario, où il grandit dans une communauté d'immigrants italiens passionnés de musique et d'opéra. Buenos Aires, ville cosmopolite, lui offrit ses premières expériences musicales et resta sa base tout au long de sa vie.
Considéré comme l'un des plus beaux opéras du monde pour son acoustique exceptionnelle, le Teatro Colón fut la maison musicale de Cillario. Il y dirigea des productions majeures du répertoire lyrique international, contribuant au rayonnement de cette institution.
Scène internationale où Cillario s'imposa comme l'un des chefs lyriques les plus appréciés des années 1960-1980. Il y dirigea des productions mémorables avec les plus grandes voix de son temps, dont Dame Joan Sutherland.
Institution musicale où Cillario perfectionna sa formation en violon et en direction d'orchestre dans sa jeunesse. Bologne, ville musicale par excellence depuis le XVIIe siècle, lui transmit les bases du répertoire lyrique et de la technique de direction.
L'une des grandes scènes européennes où Cillario fut régulièrement invité à diriger, contribuant ainsi au rayonnement du répertoire lyrique italien en France dans les années 1960-1980.
Objets typiques

Outil emblématique du chef lyrique, la baguette permettait à Cillario de transmettre ses intentions musicales à l'orchestre avec précision. Il en choisissait une légère en bois clair, adaptée aux tempos soutenus du répertoire verdien et aux gestes expressifs propres à l'opéra.

Les partitions de Cillario étaient couvertes d'annotations manuscrites en italien et en espagnol, témoignant de sa préparation minutieuse. Ses indications de phrasé, de dynamique et de rubato guidaient à la fois l'orchestre et les solistes pendant les répétitions.

Avant de se consacrer à la direction d'orchestre, Cillario était violoniste de formation. Son violon, instrument de ses années de formation à Bologne, symbolisait ses origines de musicien d'orchestre et sa connaissance intime du son de la corde.

La tenue de soirée formelle du chef d'orchestre — habit noir à queue et cravate blanche — était le costume de scène de Cillario pour toutes ses représentations à l'opéra. Elle marquait le rituel du concert et l'autorité du maître de la fosse.

Les enregistrements réalisés pour le label Decca dans les années 1960 constituent un patrimoine sonore précieux de la carrière de Cillario. Ces disques, diffusés dans le monde entier, contribuèrent à asseoir sa réputation internationale et survivent comme documents d'interprétation.

Cillario connaissait par cœur les livrets des opéras qu'il dirigeait, en particulier ceux de Verdi et Puccini. Ces textes italiens, souvent usés à force d'être consultés, lui servaient à comprendre les intentions dramatiques des chanteurs et à coordonner théâtre et musique.
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Vie quotidienne
Matin
Les matinées de Cillario étaient entièrement consacrées au travail sur les partitions. Levé tôt selon l'habitude des musiciens de sa génération, il passait plusieurs heures à étudier les scores, annotant tempos et nuances, parfois en s'aidant d'enregistrements anciens pour affiner sa conception. Il prenait un café noir serré, habitude héritée de ses années de formation en Italie.
Après-midi
Les après-midis étaient réservés aux répétitions avec l'orchestre et les solistes. Cillario accordait une importance particulière à la concertation avec les chanteurs, dont il respectait les contraintes vocales tout en exigeant une précision musicale absolue. Entre deux répétitions, il consultait la presse musicale internationale et correspondait avec les directeurs des grandes maisons d'opéra.
Soir
Les soirées étaient le moment de la représentation ou, les semaines sans opéra, de dîners avec des collègues musiciens. Après les représentations, il retrouvait souvent les chanteurs et l'équipe artistique autour d'un repas tardif dans un restaurant proche de l'opéra, selon la tradition du monde lyrique.
Alimentation
D'origine italienne, Cillario conserva toute sa vie un attachement profond à la cuisine de ses ancêtres : pâtes fraîches, risotto et vins italiens figuraient en bonne place à sa table. Vivant en Argentine, il appréciait également les grillades typiques du pays — les fameux asados — qui rassemblaient famille et amis autour du feu.
Vêtements
Sur scène, Cillario portait invariablement l'habit noir à queue-de-pie et la cravate blanche, tenue de rigueur pour les chefs d'orchestre dans les grandes maisons lyriques du XXe siècle. Dans la vie quotidienne, il s'habillait avec une élégance discrète, en veste et cravate, témoignant d'une formation et d'une sensibilité profondément européennes.
Habitat
Cillario partagea sa vie entre Buenos Aires, sa ville de cœur, et les grandes capitales musicales européennes où il résidait en appartements meublés ou à l'hôtel lors de ses engagements. Dans sa demeure de Buenos Aires, il était entouré de sa bibliothèque musicale, de ses partitions et de sa collection de disques.






