Cesária Évora(1941 — 2011)
Cesária Évora
Cap-Vert
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Surnommée la « Diva aux pieds nus », Cesária Évora est la voix emblématique de la morna, genre musical mélancolique du Cap-Vert. Révélée tardivement sur la scène internationale dans les années 1990, elle a porté la culture lusophone cap-verdienne aux quatre coins du monde.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je chante pour que les gens n'oublient pas ce qu'est la tristesse, et aussi pour qu'ils se souviennent d'être heureux. »
Faits marquants
- Née le 27 août 1941 à Mindelo, île de São Vicente (Cap-Vert), alors colonie portugaise
- Chante dans les bars et tavernes du port de Mindelo dès les années 1960, restant méconnue pendant des décennies
- Percée internationale en 1988 grâce à l'album 'La Diva aux pieds nus' enregistré à Paris
- Remporte le Grammy Award de la meilleure musique du monde contemporaine en 2004
- Décède le 17 décembre 2011 à Mindelo ; des funérailles nationales lui sont accordées par le Cap-Vert
Œuvres & réalisations
Premier enregistrement professionnel à Paris pour le label Lusafrica, révélant Cesária au-delà des frontières du Cap-Vert. Ce disque marque le début de sa carrière internationale.
Album international qui propulse Cesária sur la scène mondiale, contenant 'Sodade' et 'Angola'. Plus de 300 000 exemplaires vendus, il reste son disque le plus emblématique.
Album produit par Caetano Veloso qui confirme son statut de grande dame de la world music et lui vaut une nomination aux Grammy Awards.
Hommage à son archipel natal, cet album explore toutes les facettes de la musique cap-verdienne. Unanimement salué par la critique internationale.
Album mêlant morna traditionnelle et influences brésiliennes et africaines, témoignant de l'ouverture musicale de Cesária tout en restant fidèle à ses racines.
Album qui lui vaut le Grammy Award 2004 du meilleur album de world music, consécration suprême d'une carrière hors du commun débutée tardivement.
Dernier album studio, enregistré alors que sa santé déclinait. Cesária y livre une performance intimiste et poignante, comme un testament musical adressé au monde.
Anecdotes
Cesária Évora chantait toujours pieds nus sur scène, en signe de solidarité avec les femmes pauvres du Cap-Vert. Ce geste simple lui valut le surnom de 'Diva aux pieds nus' (Diva dos Pés Descalços) et devint sa signature mondiale. Elle expliquait qu'elle ne pouvait pas se permettre de monter sur scène chaussée pendant que tant de ses compatriotes n'avaient rien à manger.
Cesária Évora a connu une longévité artistique tardive remarquable : c'est à plus de 47 ans qu'elle enregistre son premier vrai album international à Paris. Avant cela, elle chantait dans les bars de Mindelo pour quelques verres de grogue, la boisson locale, et avait failli abandonner la musique. Sa découverte par le producteur José da Silva en 1988 changea tout.
En 2004, Cesária Évora remporte le Grammy Award du meilleur album de world music pour 'Voz d'Amor'. C'est une consécration mondiale pour une artiste qui n'avait jamais quitté son île jusqu'à la cinquantaine. Elle déclara avec humour qu'elle aurait aimé recevoir ce prix avec quelques décennies d'avance.
La chanson 'Sodade', qu'elle interprète magistralement, est devenue l'hymne non officiel de la diaspora cap-verdienne. Le mot 'sodade' est une variante créole du portugais 'saudade', ce sentiment mélancolique de nostalgie et de désir pour ce qui est absent. En popularisant ce mot à travers le monde, Cesária Évora a fait connaître toute une culture et une histoire de migrations et d'exils.
Cesária Évora reversait une partie de ses cachets pour financer des écoles et des infrastructures au Cap-Vert, son pays natal. Elle refusait de s'installer définitivement à Paris malgré le succès, retournant régulièrement à Mindelo où elle vivait modestement. 'Je suis cap-verdienne avant d'être une star', répétait-elle à ses proches.
Sources primaires
Je chante la sodade, cette tristesse douce que connaît tout Cap-Verdien. Ce n'est pas du désespoir, c'est de l'amour pour ce qu'on a laissé derrière soi.
Cesária décrit ses années de disette à Mindelo : 'Il y avait des jours sans manger. Je chantais pour un verre, parfois pour rien. Mais je ne pouvais pas m'arrêter, la morna c'est ma respiration.'
Cet album consacre Cesária Évora comme la voix internationale de la morna capverdienne, un genre musical héritier du fado portugais et des rythmes africains, expression de la saudade des îles.
Je dédie ce prix à toutes les femmes du Cap-Vert, à celles qui ont chanté avant moi dans l'ombre, et à mon île de São Vicente qui m'a tout donné.
Lieux clés
Ville natale de Cesária, capitale culturelle du Cap-Vert, foyer de la morna. Elle y naquit, y grandit, y chanta dans les bars et y mourut.
Lieu culturel emblématique de Mindelo où se produisaient les artistes cap-verdiens. Cesária y a chanté à de nombreuses reprises et y reste une figure tutélaire.
C'est à Paris que Cesária enregistre ses albums internationaux dès 1988, grâce au label Lusafrica de José da Silva. La ville devient son deuxième foyer artistique.
Salle mythique parisienne où Cesária Évora se produit à plusieurs reprises devant des milliers de spectateurs, consacrant son statut de star internationale de la world music.
Capitale du pays colonisateur dont la langue (le créole cap-verdien) et la musique (le fado) ont profondément influencé la morna. Cesária y chante régulièrement pour la diaspora cap-verdienne.






