Arundhati Roy(1961 — ?)
Arundhati Roy
Inde
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Arundhati Roy est une romancière, essayiste et militante indienne née en 1961. Son roman Le Dieu des Petits Riens (1997) lui vaut le Booker Prize. Elle s'engage contre le nucléaire, les barrages et les inégalités sociales en Inde.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il n'existe pas de non-violence dans une société inégalitaire. »
« Une autre fin du monde est possible. »
Faits marquants
- 1961 : Naissance à Shillong, dans l'État du Meghalaya, Inde
- 1997 : Publication du Dieu des Petits Riens, récompensé par le Booker Prize
- 1998 : Condamnation des essais nucléaires indiens et pakistanais dans l'essai L'Algèbre de la justice infinie
- 2002 : Jugée coupable d'outrage à la cour suprême indienne pour son militantisme contre le barrage de Narmada
- 2017 : Publication du Ministère du Bonheur Suprême, son second roman
Œuvres & réalisations
Roman polyphonique sur une famille du Kerala déchirée par les tabous de caste et l'amour interdit. Couronné du Booker Prize, il est considéré comme un chef-d'œuvre de la littérature postcoloniale.
Essai politique majeur contre les essais nucléaires indiens de 1998, publié dans Outlook et Frontline. Roy y dénonce le nationalisme militariste et l'illusion de la puissance nucléaire comme garantie de sécurité.
Long essai documenté sur le projet de barrage Sardar Sarovar et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes. Texte fondateur du mouvement anti-barrages en Inde.
Recueil d'essais sur la mondialisation, la privatisation et les résistances populaires. Roy y développe sa critique du néolibéralisme et des institutions financières internationales (FMI, Banque mondiale).
Discours prononcé à Santa Fe un an après le 11 septembre, devenu texte de référence du mouvement altermondialiste. Roy y appelle à la résistance non-violente contre l'empire américain.
Reportage immersif dans les forêts du Chhattisgarh auprès des guérilleros naxalites et des communautés tribales. Texte polémique sur la violence d'État et la résistance armée des plus pauvres.
Second roman, vingt ans après le premier, croisant les destins de personnages marginaux (hijra, Cachemiris, militants) dans une Inde fragmentée. Salué pour son ambition et sa polyphonie.
Anecdotes
Arundhati Roy a écrit son premier roman, Le Dieu des Petits Riens, en cinq ans, souvent à la main dans un carnet. Lorsqu'il remporta le Booker Prize en 1997, elle devint la première auteure indienne à recevoir cette distinction, et le livre se vendit à plus de six millions d'exemplaires dans le monde entier.
En 1998, après les essais nucléaires indiens (opération Shakti), Arundhati Roy publia un essai retentissant intitulé The End of Imagination dans lequel elle dénonçait ouvertement le programme nucléaire de son propre gouvernement. Cette prise de position courageuse lui valut des critiques virulentes mais aussi une immense admiration internationale.
En 2002, Arundhati Roy fut condamnée à une journée de prison symbolique pour outrage à la Cour suprême indienne, après avoir critiqué publiquement la décision du tribunal concernant le barrage de Narmada. Elle se rendit d'elle-même à la prison, accompagnée d'une foule de journalistes et de militants, transformant cette condamnation en acte de résistance.
Roy a longtemps refusé d'écrire un second roman, estimant que ses combats politiques et sociaux étaient plus urgents que la fiction. Ce n'est qu'en 2017, vingt ans après son premier livre, qu'elle publia Le Ministère du Bonheur Suprême, un roman choral sur les fractures de l'Inde contemporaine.
Originaire d'une famille mixte — mère chrétienne syrienne et père hindou bengali — Arundhati Roy a grandi à Aymanam, dans le Kerala. Cette double appartenance culturelle a profondément nourri son regard sur les castes, les religions et les inégalités sociales en Inde, thèmes centraux de toute son œuvre.
Sources primaires
Unlike us, the bomb is incapable of differentiating between the sublime and the ridiculous. It can't tell the difference between a hero and a coward.
The displacement of people is not just a physical uprooting. It is the demolition of the structure of their lives, the destruction of the ground beneath their feet.
Our strategy should be not only to confront empire, but to lay siege to it. To deprive it of oxygen. To shame it. To mock it. With our art, our music, our literature, our stubbornness, our joy, our brilliance, our sheer relentlessness.
Ammu savait que dans leur monde, règne une Loi d'Amour. Une loi qui prohibe certaines choses. Des choses qui ne peuvent être dites. Qui ne peuvent être faites. Des choses qui ne peuvent être désirées.
The forest is full of police camps. The tribals know every path, every tree, every season — but the state knows how to burn a forest.
Lieux clés
Village natal d'Arundhati Roy, situé dans le Kerala chrétien syrien. Ce lieu est le cadre exact du Dieu des Petits Riens, avec ses canaux, ses rizières et ses hiérarchies sociales ancestrales.
Région au cœur de ses combats contre les grands barrages, notamment le Sardar Sarovar. Roy y a mené des marches avec les populations déplacées et y a rédigé son essai The Greater Common Good.
Ville où Roy réside principalement et où elle a été condamnée par la Cour suprême en 2002. C'est aussi depuis Delhi qu'elle publie la plupart de ses essais politiques.
Forêt dense où vivent les populations tribales et les guérilleros maoïstes (naxalites). Roy y a séjourné pour écrire Walking with the Comrades (2010), un reportage sur la résistance armée et la pauvreté tribale.
Roy a participé au Forum social mondial de Mumbai en 2004, lieu de convergence du mouvement altermondialiste mondial. Elle y a prononcé des discours fondateurs sur l'empire américain et les résistances populaires.






