
Cicéron
Cicéron
106 av. J.-C. — 42 av. J.-C.
Rome antique
Orateur, homme politique et philosophe romain (106-43 av. J.-C.), Cicéron est l'une des plus grandes figures de la République romaine. Il a marqué la littérature latine par son éloquence et ses travaux philosophiques, devenant un modèle de rhétorique pour les siècles suivants.
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Citations célèbres
« Nothing is so unbelievable that oratory cannot make it acceptable. »
« Civis Romanus sum »
« O tempora, o mores! »
Faits marquants
- Consul de Rome en 63 av. J.-C., il déjoue la conjuration de Catilina
- Prononce les Catilinaires (quatre discours contre Catilina) entre novembre et décembre 63 av. J.-C.
- Écrit de nombreux traités philosophiques inspirés de la pensée grecque, notamment sur la rhétorique (De Oratore, Brutus, Orator)
- Exilé de Rome en 58 av. J.-C. pour avoir condamné à mort les conjurés sans jugement
- Assassiné en 43 av. J.-C. lors des proscriptions de la deuxième triumvirat
Œuvres & réalisations
Quatre discours prononcés devant le Sénat et le peuple pour dénoncer la conjuration de Catilina. Chefs-d'œuvre d'éloquence politique, ils sont étudiés comme modèles de rhétorique depuis l'Antiquité.
Traité politique en six livres sous forme de dialogue, inspiré de Platon, définissant le meilleur régime politique. Le Songe de Scipion, qui le conclut, eut une immense influence sur la pensée médiévale.
Traité en trois livres sur l'art oratoire, présenté comme un dialogue entre les grands orateurs romains. Cicéron y définit l'idéal de l'orateur cultivé, maîtrisant philosophie, droit et littérature.
Traité de morale pratique adressé à son fils Marcus, explorant le conflit entre l'utile et l'honnête. Ce fut l'un des premiers livres imprimés par Gutenberg et un pilier de l'éducation humaniste.
Cinq livres de dialogues philosophiques sur le bonheur, la douleur, la mort et les passions. Rédigées dans sa villa de Tusculum après la mort de sa fille Tullia.
Quatorze discours contre Marc Antoine, inspirés par les Philippiques de Démosthène. Derniers combats oratoires de Cicéron pour sauver la République, ils lui coûtèrent la vie.
Plus de 900 lettres conservées, adressées à Atticus, à ses proches et à des personnalités politiques. Source historique exceptionnelle sur la fin de la République romaine.
Anecdotes
Lors de son consulat en 63 av. J.-C., Cicéron déjoua la conjuration de Catilina, un complot visant à renverser la République. Il prononça devant le Sénat quatre discours fulgurants, les Catilinaires, qui forcèrent Catilina à fuir Rome. Le Sénat lui décerna le titre de « Père de la Patrie » pour avoir sauvé l'État sans recourir aux armes.
Cicéron était un orateur si redoutable que l'on raconte que le pirate Héraclée, après l'avoir entendu plaider, aurait déclaré qu'il préférait affronter une tempête en mer plutôt que Cicéron au tribunal. Dès son premier grand procès, la défense de Sextus Roscius en 80 av. J.-C., il osa s'opposer à un protégé du dictateur Sylla, ce qui le rendit célèbre du jour au lendemain.
Après son assassinat en 43 av. J.-C., sur ordre de Marc Antoine, la tête et les mains de Cicéron furent exposées sur la tribune des Rostres au Forum, là même où il avait prononcé ses plus célèbres discours. Selon Plutarque, Fulvie, l'épouse de Marc Antoine, aurait percé la langue de Cicéron avec une épingle à cheveux pour se venger de son éloquence.
Cicéron fut exilé en 58 av. J.-C. après avoir fait exécuter sans procès des conjurés de Catilina. Sa maison sur le Palatin fut rasée par ses ennemis politiques. Lorsqu'il fut rappelé triomphalement un an plus tard, le Sénat vota la reconstruction de sa demeure aux frais publics, ce qui constitua un honneur exceptionnel.
Passionné de philosophie grecque, Cicéron créa une grande partie du vocabulaire philosophique latin encore utilisé aujourd'hui. Des mots comme « qualitas » (qualité), « moralis » (moral) ou « humanitas » (humanité) sont ses inventions. Sans lui, le lexique philosophique occidental serait radicalement différent.
Sources primaires
Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra? — Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? Quand donc ta fureur effrénée cessera-t-elle de se donner carrière ?
Est igitur res publica res populi; populus autem non omnis hominum coetus quoquo modo congregatus, sed coetus multitudinis iuris consensu et utilitatis communione sociatus. — La République est la chose du peuple ; et le peuple n'est pas tout rassemblement d'hommes, mais une société fondée sur le consentement du droit et la communauté d'intérêts.
Non nobis solum nati sumus ortusque nostri partem patria vindicat, partem amici. — Nous ne sommes pas nés pour nous seuls : notre patrie réclame une part de notre existence, nos amis une autre.
Cicéron confie à son ami Atticus dans une lettre de 61 av. J.-C. : « Je suis si abattu, si accablé, que ces heures de loisir où je t'écris sont les seules où je me sente vivre. » Ces lettres offrent un témoignage intime et sans filtre sur la vie politique romaine.
Lieux clés
Cœur de la vie politique romaine où Cicéron prononça ses plus grands discours, notamment les Catilinaires depuis le temple de Jupiter Stator et les Philippiques à la tribune des Rostres.
Ville natale de Cicéron dans le Latium, à environ 120 km au sud-est de Rome. Il y conserva toujours une propriété familiale et resta fier de ses origines municipales.
Cicéron possédait dans cette ville des collines albaines sa villa préférée, le Tusculanum, où il rédigea de nombreuses œuvres philosophiques dont les Tusculanes.
Ville côtière du Latium où Cicéron possédait une villa. C'est près de Formies, sur la route de Gaète, qu'il fut rattrapé et assassiné par les soldats d'Antoine en décembre 43 av. J.-C.
Cicéron y séjourna en 79-77 av. J.-C. pour étudier la philosophie auprès de l'académicien Antiochos d'Ascalon et la rhétorique. Ce voyage forma profondément sa pensée.
Objets typiques
Support d'écriture principal de Cicéron pour rédiger ses discours, traités philosophiques et sa vaste correspondance. Ses œuvres remplissaient des centaines de rouleaux conservés dans sa bibliothèque.
Toge blanche bordée de pourpre portée par Cicéron en tant que magistrat. Symbole de son autorité consulaire, elle était le vêtement officiel des hauts dignitaires romains.
Outils d'écriture quotidiens utilisés pour prendre des notes, rédiger des brouillons et correspondre. Cicéron dictait souvent à son secrétaire Tiron qui utilisait un système de sténographie.
Siège pliant en ivoire réservé aux plus hauts magistrats romains. En tant que consul, Cicéron avait le droit de s'y asseoir au Sénat et au tribunal.
Anneau-sceau gravé que Cicéron utilisait pour authentifier sa correspondance officielle et ses documents légaux.
Cicéron travaillait souvent la nuit pour préparer ses plaidoiries. L'expression latine « lucubrare » (travailler à la lampe) correspond bien à ses habitudes studieuses.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Cicéron se levait avant l'aube pour travailler à ses écrits à la lumière d'une lampe à huile. Après une toilette rapide et un petit déjeuner frugal (pain, fromage, olives), il recevait dès la première heure ses clients et solliciteurs lors de la salutatio matinale, un rituel social incontournable pour un homme de son rang.
Après-midi
L'après-midi, Cicéron se rendait au Forum pour plaider au tribunal ou participer aux séances du Sénat. Il pouvait y passer des heures à débattre, écouter des plaidoiries ou négocier des alliances politiques. Après le travail public, il se rendait parfois aux thermes pour se détendre et converser avec d'autres sénateurs.
Soir
Le soir, Cicéron participait à des banquets (cenae) chez des amis ou recevait dans sa propre demeure. Ces dîners étaient l'occasion de discussions philosophiques et littéraires animées. Il consacrait aussi ses soirées à la lecture, à la dictée de lettres à son secrétaire Tiron, et à la préparation de ses plaidoiries du lendemain.
Alimentation
L'alimentation de Cicéron était celle d'un aristocrate romain : pain de froment, légumes (fèves, lentilles, choux), olives, fromage, fruits, poisson et viande lors des repas principaux. Le vin coupé d'eau accompagnait les repas. Les banquets pouvaient être plus élaborés avec des mets recherchés, mais Cicéron se montrait plutôt sobre dans ses goûts.
VĂŞtements
Cicéron portait la toge, vêtement officiel du citoyen romain, par-dessus une tunique de lin ou de laine. En tant que consul, il arborait la toge prétexte bordée de pourpre. Sa candidature au consulat lui valut le port de la toga candida blanchie à la craie. Chez lui, il se vêtait plus simplement d'une tunique confortable.
Habitat
Cicéron possédait une domus luxueuse sur le Palatin, le quartier le plus prestigieux de Rome, ainsi que plusieurs villas à la campagne (Tusculum, Arpinum, Formies, Astura). Sa maison romaine comprenait un atrium, un tablinum pour recevoir, une bibliothèque et des jardins. Il avait aussi du personnel domestique, dont des esclaves lettrés.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Cicero entdeckt das Grabmal des Archimedes (Zuccarelli)

La Mort de Cicéron

Fourier, dans son habit de préfet
Notice des tableaux exposés dans la Galerie du Musée royal

Monsiau - Fulvie découvrant à Cicéron la conjuration de Catilina
Cicero statue courthouse, Rome, Italy
De la sculpture antique et moderne
Grammaire des arts du dessin : architecture, sculpture, peinture ...
Grammaire des arts du dessin : architecture, sculpture, peinture
De la sculpture antique et moderne
Style visuel
L'esthétique de la République romaine finissante : architecture monumentale de marbre et de travertin, lumière méditerranéenne dorée, toges blanches et pourpres, avec le réalisme sans concession des portraits romains.
Prompt IA
Classical Roman Republic aesthetic, late 1st century BC. Warm Mediterranean light casting long shadows across marble columns and travertine facades. Monumental architecture with Corinthian capitals, pediments adorned with terracotta sculptures. Earth tones of ochre, burnt sienna and ivory dominate. Toga-clad senators in a semicircular assembly hall. Papyrus scrolls and wax tablets on wooden lecterns. Atmospheric perspective of the seven hills of Rome with temple rooftops and red-tiled insulae. Laurel wreaths, carved fasces symbols. Realistic figurative style inspired by Roman portrait busts — naturalistic, unflattering, dignified. Oil lamp warm glow for interior scenes.
Ambiance sonore
L'atmosphère sonore du Forum romain au Ier siècle av. J.-C. : les débats passionnés du Sénat, la foule bruissante, les marchands, le bruit de la cité la plus peuplée du monde antique.
Prompt IA
Ambient sounds of the Roman Forum during a Senate session in the 1st century BC. Distant murmur of a crowd gathered on the paved square, echoing voices debating inside a marble temple hall. Occasional sharp oratory voice rising above the noise, commanding attention. Sandaled footsteps on stone floors, the rustle of heavy woolen togas. A herald calling for order. Outside, the clatter of ox-carts on cobblestones, merchants shouting from nearby market stalls, pigeons cooing on temple pediments. Water splashing from a nearby public fountain. The low hum of the city of Rome in the background — a living, breathing metropolis of one million inhabitants.
Source du portrait
Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 — José Luiz — 2016
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Les Catilinaires (In Catilinam)
63 av. J.-C.
De Republica (De la République)
54-51 av. J.-C.
De Oratore (De l'orateur)
55 av. J.-C.
De Officiis (Des Devoirs)
44 av. J.-C.
Les Tusculanes (Tusculanae Disputationes)
45 av. J.-C.
Les Philippiques (Philippicae)
44-43 av. J.-C.
Lettres (Epistulae)
68-43 av. J.-C.





