Cincinnatus(518 av. J.-C. — 430 av. J.-C.)

Lucius Quinctius Cincinnatus

Rome antique

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PolitiqueMilitairePolitiqueChef militaireAvant J.-C.Rome républicaine archaïque, Ve siècle av. J.-C.

Patricien romain du Ve siècle av. J.-C., nommé dictateur en 458 av. J.-C. pour sauver une armée encerclée par les Èques. Après sa victoire en seize jours, il renonça aussitôt au pouvoir absolu pour retourner cultiver son champ, devenant le modèle de la vertu civique romaine.

Questions fréquentes

Cincinnatus était un patricien romain du Ve siècle avant J.-C., nommé dictateur en 458 av. J.-C. pour sauver une armée romaine encerclée par les Èques. Ce qui le rend unique, c'est qu'après avoir vaincu l'ennemi en seulement seize jours, il a renoncé au pouvoir absolu et est retourné labourer son champ. Ce geste en a fait le modèle de la vertu civique romaine : un citoyen qui sert l'État sans ambition personnelle. La tradition, rapportée par Tite-Live et Denys d'Halicarnasse, insiste sur le contraste entre sa vie paysanne et le pouvoir suprême qu'il exerça brièvement.

Faits marquants

  • Nommé dictateur en 458 av. J.-C. pour secourir le consul Minucius assiégé au mont Algide par les Èques
  • Aurait vaincu les Èques en seize jours puis abdiqué immédiatement pour retourner à sa ferme
  • Rappelé une seconde fois comme dictateur en 439 av. J.-C. lors de l'affaire de Spurius Maelius
  • Selon la tradition (Tite-Live), les envoyés du Sénat le trouvèrent en train de labourer son champ au-delà du Tibre
  • Devenu le symbole durable du citoyen qui sert l'État sans ambition personnelle (modèle invoqué jusqu'à George Washington et la ville de Cincinnati)

Œuvres & réalisations

Dictature de 458 av. J.-C. (458 av. J.-C.)

Nomination exceptionnelle à la magistrature suprême pour sauver une armée romaine. Elle illustre le recours, en cas de crise, à un pouvoir unique et temporaire.

Victoire du mont Algide sur les Èques (458 av. J.-C.)

Libération de l'armée du consul Minucius par une manœuvre d'encerclement nocturne. Les Èques vaincus furent contraints de passer sous le joug.

Abdication volontaire de la dictature (458 av. J.-C.)

Renoncement au pouvoir absolu après seize jours, alors qu'il pouvait le garder six mois. Geste fondateur de l'idéal romain du citoyen au service de l'État.

Seconde dictature contre Spurius Maelius (vers 439 av. J.-C.)

Rappel au pouvoir, déjà âgé, pour déjouer un complot menaçant la liberté de Rome. Là encore il restitua aussitôt son autorité.

Modèle de la vertu civique (exemplum) (Antiquité et postérité)

Figure citée par Tite-Live, Cicéron et les moralistes comme exemple de désintéressement. Elle inspira jusqu'à George Washington et la ville de Cincinnati.

Anecdotes

En 458 av. J.-C., une délégation du Sénat romain trouva Cincinnatus en train de labourer son petit champ de quatre arpents, de l'autre côté du Tibre. On lui demanda d'enfiler sa toge pour entendre le message du Sénat : il était nommé dictateur de Rome pour sauver le consul Minucius et son armée encerclés par les Èques.

Une fois nommé dictateur, Cincinnatus leva une armée en urgence et ordonna à chaque soldat d'apporter douze pieux et des vivres pour cinq jours. De nuit, ses hommes encerclèrent l'ennemi en creusant un fossé et en poussant de grands cris pour signaler leur présence à l'armée romaine prisonnière.

Cincinnatus vainquit les Èques et les contraignit à passer sous le joug, une humiliation où les vaincus défilaient courbés sous trois lances formant un portique. Toute l'opération ne dura, selon la tradition, que seize jours.

Alors qu'il aurait pu garder le pouvoir absolu pendant six mois, Cincinnatus abdiqua de sa charge de dictateur au bout de quinze ou seize jours seulement et retourna cultiver sa ferme. Ce geste fit de lui le modèle du citoyen vertueux qui sert l'État sans convoiter le pouvoir.

La tradition raconte que Cincinnatus fut rappelé une seconde fois comme dictateur, vers 439 av. J.-C., déjà très âgé, pour déjouer le complot de Spurius Maelius, un riche plébéien soupçonné de vouloir se faire roi. Là encore, sa mission accomplie, il rendit le pouvoir.

Sources primaires

Tite-Live, Histoire romaine, Livre III, 26 (vers 27-25 av. J.-C.)
Le seul espoir de l'Empire romain, L. Quinctius, cultivait alors un champ de quatre arpents au-delà du Tibre... Les députés le saluèrent et le prièrent de revêtir sa toge pour entendre les ordres du Sénat.
Tite-Live, Histoire romaine, Livre III, 29 (vers 27-25 av. J.-C.)
Cincinnatus, ayant rempli sa mission en seize jours, abdiqua une dictature qu'il devait conserver six mois et retourna à ses champs.
Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, Livre X (vers 7 av. J.-C.)
On le trouva travaillant la terre de ses propres mains, et c'est dans cet état qu'il reçut l'annonce de sa nomination à la plus haute magistrature.
Cicéron, De senectute (Caton l'Ancien sur la vieillesse), 56 (44 av. J.-C.)
C'est en labourant son champ qu'on annonça à L. Quinctius Cincinnatus qu'il était fait dictateur.

Lieux clés

Rome

Capitale de la jeune République romaine, où siégeait le Sénat qui nomma Cincinnatus dictateur. Sa vie publique se déroula entre le Forum et le Capitole.

Ferme de Cincinnatus (rive droite du Tibre)

Petit domaine de quatre arpents situé au-delà du Tibre, à l'emplacement des futurs Prata Quinctia (« prés de Quinctius »). C'est là qu'il labourait quand on vint le chercher.

Mont Algide

Hauteur des monts Albains, au sud-est de Rome, où l'armée du consul Minucius fut encerclée par les Èques. Cincinnatus y remporta sa victoire décisive.

Forum Romain

Cœur politique de Rome où se tenaient les assemblées et où le dictateur exerçait son autorité. C'est là que Cincinnatus déposa son pouvoir.

Territoire des Èques (Latium oriental)

Région montagneuse à l'est de Rome peuplée par les Èques, peuple italique en guerre récurrente contre la République. Théâtre de la campagne de 458 av. J.-C.

Voir aussi