Cyrus II

Cyrus II

599 av. J.-C. — 529 av. J.-C.

Empire achéménide, Anshan

PolitiqueAvant J.-C.Antiquité orientale, VIe siècle av. J.-C.

Fondateur de l'Empire achéménide perse au VIe siècle av. J.-C., Cyrus II unifia les peuples mèdes et perses. Réputé pour sa tolérance envers les peuples conquis, il libéra notamment les Juifs captifs à Babylone.

Faits marquants

  • Vers 559 av. J.-C. : Cyrus II devient roi de Perse (Anshan)
  • 550 av. J.-C. : conquête du royaume mède, fondation de l'Empire achéménide
  • 547 av. J.-C. : conquête du royaume de Lydie (roi Crésus)
  • 539 av. J.-C. : prise de Babylone et libération des Juifs en captivité
  • 529 av. J.-C. : mort de Cyrus II lors d'une campagne en Asie centrale

Œuvres & réalisations

Fondation de l'Empire achéménide (550 av. J.-C.)

En unifiant les Perses et les Mèdes après sa victoire sur Astyage, Cyrus créa le premier grand empire de l'Histoire à pratiquer une politique de tolérance administrative et religieuse envers les peuples conquis.

Conquête de la Lydie (547 av. J.-C.)

La défaite du roi Crésus et la prise de Sardes étendirent l'empire jusqu'aux côtes ioniennes, intégrant les cités grecques d'Asie Mineure dans la sphère perse et déclenchant les futures guerres médiques.

Prise de Babylone et décret de tolérance (539 av. J.-C.)

La conquête de Babylone sans destruction majeure, suivie du décret autorisant le retour des peuples déportés, constitue l'acte politique le plus célèbre de Cyrus, gravé sur le Cylindre de Cyrus conservé au British Museum.

Construction de Pasargades (vers 546 av. J.-C.)

Cyrus fit bâtir sa capitale royale à Pasargades en Perse, avec des palais, des jardins (les premiers 'paradeisoi' perses, ancêtres du mot 'paradis') et un tombeau dont les ruines sont encore visibles aujourd'hui.

Décret de retour des Juifs (Édit de Cyrus) (538 av. J.-C.)

Cet édit officiel autorisa les Juifs exilés à Babylone depuis 597 av. J.-C. à rentrer en Judée et à reconstruire le Temple de Jérusalem, acte fondateur mentionné dans plusieurs livres de la Bible hébraïque.

Anecdotes

Selon Hérodote, Cyrus aurait été abandonné à la naissance sur ordre de son grand-père Astyage, roi des Mèdes, qui avait rêvé que son petit-fils le détrônerait. Recueilli par un berger, il grandit dans l'ignorance de ses origines royales avant d'accomplir exactement la prophétie redoutée.

En 539 av. J.-C., à la prise de Babylone, Cyrus entra dans la ville sans combat majeur, accueilli presque en libérateur. Il rendit hommage au dieu babylonien Mardouk et respecta les temples locaux, rompant avec la tradition des conquérants qui écrasaient les cultes des vaincus.

Cyrus publia ce que certains historiens considèrent comme l'un des premiers décrets de tolérance religieuse de l'Histoire : il autorisa les Juifs déportés à Babylone par Nabuchodonosor à rentrer en Judée et à reconstruire leur temple. Cet acte lui vaut dans la Bible le titre exceptionnel d'« oint du Seigneur ».

Contrairement aux pratiques de l'époque, Cyrus ne réduisait pas systématiquement les populations vaincues en esclavage. Il incorporait les élites locales dans son administration et laissait les peuples conserver leur langue, leur religion et leurs coutumes, préférant la loyauté à la terreur.

La mort de Cyrus reste entourée de mystère. Hérodote rapporte qu'il fut tué lors d'une campagne contre les Massagètes, un peuple nomade d'Asie centrale dirigé par la reine Tomyris. Selon la légende, cette dernière, vengeant la mort de son fils, trempa la tête de Cyrus dans un outre rempli de sang.

Sources primaires

Cylindre de Cyrus (539 av. J.-C.)
Je suis Cyrus, roi du monde, grand roi, roi légitime, roi de Babylone... Je retournai dans les villes sacrées de l'autre côté du Tigre leurs sanctuaires qui avaient été ruinés depuis longtemps, et je rassemblai tous leurs habitants et leur rendis leurs demeures.
Hérodote, Histoires, Livre I (vers 440 av. J.-C.)
Cyrus, fils de Cambyse, était d'une famille achéménide du côté paternel et d'une famille mède par sa mère. Il surpassa en grandeur d'âme tous les rois qui l'avaient précédé en Asie.
Livre d'Esdras (Bible hébraïque) (538 av. J.-C.)
Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. Quiconque parmi vous appartient à son peuple, que son Dieu soit avec lui, et qu'il monte à Jérusalem.
Xénophon, Cyropédie (vers 370 av. J.-C.)
Nous avons été frappés du nombre de peuples que Cyrus soumit à son autorité... il gouverna ces peuples volontairement et avec leur consentement, tant que sa vie dura.

Lieux clés

Pasargades (Iran)

Première capitale de l'Empire achéménide fondée par Cyrus II vers 550 av. J.-C. Le tombeau de Cyrus s'y trouve encore aujourd'hui, une simple chambre de pierre sur un podium à six degrés, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Babylone (Irak actuel)

Grande métropole de Mésopotamie prise par Cyrus en 539 av. J.-C. C'est ici qu'il proclama son célèbre décret de tolérance gravé sur le Cylindre de Cyrus, autorisant les peuples déportés à rentrer dans leurs pays d'origine.

Sardes (Turquie actuelle)

Capitale du royaume de Lydie, prise par Cyrus vers 547 av. J.-C. après la défaite du richissime roi Crésus. Cette conquête ouvrit à l'Empire perse l'accès aux côtes de la mer Égée et au commerce méditerranéen.

Ectabane / Hamadan (Iran)

Ancienne capitale de l'Empire mède conquise par Cyrus en 550 av. J.-C. lors de sa victoire sur Astyage. Cyrus en fit une des capitales saisonnières de son empire, point stratégique entre la Perse et la Mésopotamie.

Jérusalem (Israël / Palestine)

Ville sainte dont Cyrus autorisa la reconstruction du Temple après la captivité de Babylone en 538 av. J.-C. Cet acte lui valut une place unique dans la Bible hébraïque, où il est qualifié de 'berger' et d'oint de Dieu.

Voir aussi