Dieu suprême du panthéon cananéen, maître de la pluie, de l'orage et de la fertilité. Son culte fut pratiqué au Proche-Orient ancien du IIe millénaire avant J.-C. et entra en conflit avec le monothéisme hébreu. Diabolisé par les traditions abrahamiques, il devint une figure démoniaque dans les textes médiévaux.
Baal
Baal
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Baal est attesté dans les textes cunéiformes d'Ougarit dès le XIVe siècle avant J.-C.
- Il affronte et triomphe de Mot (dieu de la mort) et de Yam (dieu de la mer) dans le cycle mythologique cananéen.
- Le prophète Élie s'oppose aux prêtres de Baal sur le mont Carmel (IXe siècle avant J.-C., I Rois 18).
- Les auteurs bibliques hébreux condamnent son culte comme idolâtrie, contribuant à sa diabolisation.
- Dans la Goetie (grimoire médiéval du XVIIe siècle), Baal devient le premier roi de l'Enfer commandant 66 légions de démons.
Œuvres & réalisations
Ensemble de six tablettes cunéiformes découvertes à Ougarit, racontant les combats de Baal contre Yam et Môt, la construction de son palais et son règne céleste. C'est le texte mythologique cananéen le plus important qui nous soit parvenu.
Récit épique ougaritique où Baal intervient comme divinité protectrice d'un roi humain. Ce texte illustre le rôle de Baal comme garant de la royauté et de la fertilité dans la culture cananéenne.
Ensemble de textes liturgiques prescrivant les offrandes, sacrifices et prières adressés à Baal lors des fêtes saisonnières. Ces rituels révèlent l'organisation institutionnelle du culte et son lien avec le cycle agricole.
Grand temple à cour découvert dans les fouilles d'Ougarit, l'un des mieux conservés de l'architecture religieuse cananéenne. Sa proximité avec le temple d'El témoigne de la double domination du panthéon ougaritique.
Corpus de stèles sculptées et de statuettes en bronze représentant Baal comme dieu-guerrier brandissant la foudre, retrouvées sur tout l'arc syro-palestinien. Ces œuvres constituent la documentation iconographique principale du culte.
Anecdotes
Dans les tablettes mythologiques découvertes à Ougarit en 1929, Baal affronte Yam, le dieu de la mer et du chaos, dans un combat épique. Grâce à deux massues magiques forgées par le dieu artisan Kothar-wa-Khasis, Baal terrasse Yam et s'impose comme le roi des dieux, garantissant ainsi l'ordre cosmique contre les forces du désordre aquatique.
Baal doit également affronter Môt, le dieu de la mort et du monde souterrain. Vaincu une première fois, il descend aux Enfers et la végétation se dessèche sur toute la terre. Sa sœur Anat retrouve son corps, le ressuscite et Baal remonte à la surface, ce qui explique mythologiquement l'alternance des saisons sèches et fertiles au Proche-Orient.
La Bible hébraïque rapporte en 1 Rois 18 un affrontement spectaculaire entre le prophète Élie et 450 prêtres de Baal sur le mont Carmel, vers 875 avant J.-C. Les prêtres de Baal invoquèrent leur dieu en vain toute la journée pour allumer un feu sur l'autel ; Élie, lui, fit appel à Yahweh qui envoya le feu du ciel, démontrant ainsi la supériorité du dieu hébreu selon la tradition biblique.
Le nom même de Baal signifie simplement « maître » ou « seigneur » en sémitique nord-occidental — ce n'était donc pas uniquement un nom propre mais aussi un titre divin. Cela explique pourquoi on trouve de nombreuses formes locales du culte : Baal Hammon à Carthage, Baal Peor en Moab, Baal Berith à Sichem, chaque région vénérant sa propre incarnation du dieu.
Dans les textes médiévaux chrétiens et juifs, notamment le Lemegeton ou la Clé de Salomon, Baal fut transformé en démon commandant des légions infernales. Son nom fusionné avec celui de Zebub (mouche) donna Belzébuth, une des figures les plus célèbres du diable dans la tradition occidentale — une diabolisation révélatrice du processus par lequel les religions concurrentes transforment les dieux adverses en démons.
Sources primaires
« Baal installa sa voix dans les nuages, il lança ses éclairs sur la terre. [...] Baal s'assit sur son trône royal, Hadad sur le siège de sa domination. »
« Élie dit alors à tout le peuple : Approchez-vous de moi. Et tout le peuple s'approcha de lui. [...] Le feu de l'Éternel tomba et consuma l'holocauste, le bois, les pierres et la poussière, et absorba l'eau qui était dans le fossé. »
« Moi, Azatiwada, que Baal et Resheph des Cerfs ont béni [...] Baal m'a rendu père et mère pour toute la ville. »
« Que Baal du ciel donne à mon seigneur vie et force nombreuse et en grand nombre. »
« [...] et j'ai pris de là les vases de Yahweh et les ai traînés devant Kemosh. »
Lieux clés
Principale cité cananéenne et centre majeur du culte de Baal entre 1400 et 1200 avant J.-C. C'est là qu'ont été découvertes en 1929 les tablettes mythologiques qui nous livrent les textes fondamentaux sur Baal.
Site du célèbre affrontement entre le prophète Élie et les 450 prêtres de Baal rapporté dans la Bible (1 Rois 18). Ce promontoire côtier était un lieu sacré cananéen réputé pour ses autels dédiés à Baal.
Métropole phénicienne qui exporta le culte de Baal jusqu'à Carthage et dans tout le bassin méditerranéen. C'est de Tyr que venait la reine Jézabel, grande propagatrice du culte de Baal en Israël.
Colonie phénicienne fondée vers 814 avant J.-C. où Baal Hammon devint la divinité suprême. C'est là que des pratiques controversées comme le tophet (sanctuaire avec dépôts funéraires d'enfants) lui étaient associées.
Capitale du royaume d'Israël où le roi Achab fit construire un temple à Baal sous l'influence de Jézabel. Ce temple fut détruit par Jéhu vers 842 avant J.-C. lors de son coup d'État religieux et politique.
Objets typiques

Figurine en bronze doré représentant Baal debout, le bras levé tenant une massue ou un éclair, coiffé d'un casque à cornes. Ces statuettes votives étaient déposées dans les temples et maisons pour s'attirer la faveur divine.

Grande stèle en calcaire sculptée découverte à Ougarit, montrant Baal en guerrier triomphant sur un animal mythologique. C'est l'une des représentations iconographiques les plus célèbres du dieu dans l'art cananéen.

Autel de pierre dont les quatre angles sont prolongés par des protubérances en forme de cornes bovines, symbole de puissance divine associé à Baal et au taureau. On en a retrouvé sur de nombreux sites de Syrie-Palestine.

Poteau de bois ou arbuste rituel dressé près des autels de Baal, représentant la déesse Asherah, son épouse ou parèdre. Les prophètes hébreux condamnèrent régulièrement leur présence dans les sanctuaires israélites.

Tablettes d'argile inscrites en cunéiforme alphabétique ougaritique, supports matériels des grandes épopées mythologiques de Baal. Ces archives sacrées témoignent d'une tradition littéraire élaborée au service du culte.

Récipient en céramique ou métal utilisé lors des rituels pour verser des offrandes liquides (vin, huile, eau) en l'honneur de Baal. Les libations accompagnaient les prières pour la pluie et la fertilité des champs.
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Vie quotidienne
Matin
Les prêtres du temple de Baal se lèvent avant l'aube pour purifier les autels et préparer les offrandes matinales. Ils revêtent des tuniques de lin blanc et brûlent de l'encens de résine de cèdre pour éveiller la présence divine. Le grand prêtre récite les hymnes d'invocation face à la statue du dieu, demandant la rosée et les pluies pour les champs environnants.
Après-midi
Les grandes cérémonies rituelles ont lieu en plein jour, avec processions autour du temple et sacrifices d'animaux (taureaux, béliers) sur les autels à cornes. Les fidèles apportent des offrandes votives — huile, vin, céréales — en échange de la protection divine sur leurs cultures et leurs troupeaux. Les scribes-prêtres copient et transmettent les textes mythologiques sur des tablettes d'argile fraîche.
Soir
Au coucher du soleil, les prêtres organisent des rites nocturnes liés au combat cosmique de Baal contre les forces du chaos et de la mort. Des feux rituels sont allumés sur les toits des temples (les bamot ou hauts-lieux) pour guider la foudre divine. La communauté se réunit pour des banquets sacrés où la viande des sacrifices est partagée entre dieu, prêtres et fidèles.
Alimentation
Les prêtres et fidèles des temples de Baal consommaient les parts de viande des animaux sacrifiés lors des repas sacrés communautaires. L'alimentation courante au Proche-Orient cananéen se composait de pain d'orge et de blé, d'huile d'olive, de figues, de dattes, de lentilles et de vin. Le taureau était l'animal sacrificiel noble par excellence, réservé aux grandes fêtes saisonnières liées à la fertilité.
Vêtements
Les prêtres portaient des tuniques de lin blanc (symbole de pureté rituelle), parfois brodées de motifs cosmiques, avec des ceintures de laine colorée et des sandales de cuir. La statue du dieu Baal était vêtue de textiles précieux et ornée de bijoux en or et lapis-lazuli lors des grandes fêtes. Les fidèles ordinaires portaient les tuniques courtes ou longues typiques du monde cananéen, en laine de mouton teinte.
Habitat
Les temples de Baal étaient des édifices en pierre calcaire à cour intérieure, avec une salle du trône où trônait la statue divine. À Ougarit, le temple de Baal s'élevait sur l'acropole de la ville, dominant la mer Méditerranée. Les prêtres résidaient dans des maisons attenantes aux sanctuaires, tandis que la population ordinaire vivait dans des maisons à toit plat en pierre et en brique crue organisées en quartiers denses.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique de l'art cananéen du Bronze Récent : stèles en calcaire sculptées, bronzes dorés, architecture en pierre ocre sous des cieux d'orage dramatiques aux éclairs d'or.
Ambiance sonore
Ambiance orageuse et sacrée du Proche-Orient cananéen : tonnerre, vents de tempête sur les collines sèches, rituels sonores de bronze et de percussion dans les cours des temples phéniciens.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Cycle mythologique de Baal (épopée d'Ougarit)
XIVe–XIIIe siècle av. J.-C.
Épopée de Keret
XIVe siècle av. J.-C.
Hymnes et rituels du temple de Baal à Ougarit
XIVe–XIIe siècle av. J.-C.
Temple de Baal à Ougarit
XVe–XIIIe siècle av. J.-C.
Représentations iconographiques (stèles et bronzes cananéens)
XVe–Xe siècle av. J.-C.





