Portrait de Danton

Danton

Georges Jacques Danton

1759 — 1794

France

PolitiqueRévolutionnairePolitiqueJuristeTemps modernesFin du XVIIIe siècle (Révolution française, 1789-1794)

Avocat et homme politique français (1759-1794), Danton est une figure majeure de la Révolution française. Connu pour son éloquence et son charisme, il joue un rôle clé lors des événements révolutionnaires avant d'être exécuté pendant la Terreur.

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Citations célèbres

« Il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace. »
« La révolution dévore ses enfants. »

Faits marquants

  • 1789 : Participe activement aux Ă©vĂ©nements de la RĂ©volution française et devient ministre de la Justice en 1792
  • Septembre 1792 : Joue un rĂ´le important lors des massacres de septembre en tant que ministre
  • 1793 : Membre influent du ComitĂ© de salut public, il prĂ´ne la modĂ©ration face Ă  la radicalisation rĂ©volutionnaire
  • Mars 1794 : ArrĂŞtĂ© avec les Dantonistes, accusĂ©s de corruption et de clĂ©mence excessive
  • 5 avril 1794 : ExĂ©cutĂ© Ă  la guillotine, victime de la Terreur qu'il avait contribuĂ© Ă  dĂ©clencher

Œuvres & réalisations

Organisation du Tribunal révolutionnaire (10 mars 1793)

Danton fut l'initiateur de la création du Tribunal révolutionnaire, destiné à juger les ennemis de la Révolution, institution qui finira par le condamner lui-même.

Création du Comité de salut public (6 avril 1793)

Danton contribua à fonder cet organe exécutif chargé de défendre la République menacée par les guerres et les insurrections intérieures. Il en fut le premier président.

Discours pour la levée en masse (2 septembre 1792)

Ce discours célèbre mobilisa la nation face à l'invasion prussienne et devint un symbole de la résistance patriotique révolutionnaire.

Politique de clémence (Indulgents) (Hiver 1793-1794)

Danton mena avec Desmoulins le mouvement des Indulgents, réclamant la fin de la Terreur et un retour à la modération politique.

Négociations diplomatiques avec les puissances européennes (1793)

En tant que membre du Comité de salut public, Danton tenta des pourparlers secrets pour mettre fin à la guerre avec certaines puissances coalisées contre la France.

Anecdotes

Danton fut terriblement défiguré dans son enfance : il fut encorné par un taureau, piétiné par des porcs et faillit se noyer. Son visage portait les cicatrices de ces accidents, ce qui lui donnait un physique impressionnant que ses adversaires politiques ne manquaient pas de moquer.

Le 2 septembre 1792, alors que les armées prussiennes marchaient sur Paris, Danton prononça à l'Assemblée législative son célèbre discours : « De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée ! » Cette phrase devint l'un des mots les plus célèbres de la Révolution.

Sur la charrette qui le menait à l'échafaud le 5 avril 1794, Danton aurait lancé au bourreau Sanson : « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine. » Ce mot illustre le courage et l'orgueil qui le caractérisèrent jusqu'à ses derniers instants.

Danton épousa en secondes noces Louise Gély, âgée de seize ans, quelques mois seulement après la mort de sa première femme Gabrielle. Pour obtenir le consentement du père de la jeune fille, fervent catholique, il accepta un mariage religieux clandestin, en pleine déchristianisation révolutionnaire.

Lors de son procès devant le Tribunal révolutionnaire en avril 1794, Danton se défendit avec une telle véhémence que sa voix portait jusqu'aux quais de la Seine. Le tribunal dut faire voter un décret spécial pour lui retirer la parole et le condamner sans qu'il puisse achever sa défense.

Sources primaires

Discours sur la nécessité de lever en masse (2 septembre 1792)
Il faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée !
Discours sur la création du Tribunal révolutionnaire (10 mars 1793)
Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'ĂŞtre. Organisons un tribunal, non pas bien, c'est inutile, mais le moins mal qu'il se pourra.
Dernières paroles sur l'échafaud (rapportées par le bourreau Sanson) (5 avril 1794)
Tu montreras ma tĂŞte au peuple, elle en vaut la peine.
Déclaration devant le Tribunal révolutionnaire (2 avril 1794)
Je suis Danton, assez connu dans la Révolution. J'ai trente-quatre ans. Ma demeure sera bientôt le néant, mais mon nom vivra dans le Panthéon de l'histoire.

Lieux clés

Arcis-sur-Aube

Ville natale de Danton en Champagne, où il grandit dans une famille de la petite bourgeoisie. Il y conserva des terres et y revint régulièrement.

Quartier des Cordeliers, Paris

District parisien où Danton vivait et militait. Le couvent des Cordeliers abritait le club politique dont il était le leader charismatique.

Salle du Manège, Tuileries, Paris

Lieu de réunion de la Convention nationale où Danton prononça ses discours les plus célèbres, notamment celui du 2 septembre 1792.

Place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), Paris

Lieu où Danton fut guillotiné le 5 avril 1794. C'est sur cette place que furent exécutés de nombreux condamnés de la Terreur.

Conciergerie, Paris

Prison où Danton fut enfermé avant son procès devant le Tribunal révolutionnaire en avril 1794.

Objets typiques

Toge d'avocat

Danton était avocat au Parlement de Paris. Sa robe noire symbolisait sa formation juridique qui lui servit lors de ses grands discours révolutionnaires.

Cocarde tricolore

Insigne porté par les patriotes révolutionnaires, la cocarde bleu-blanc-rouge était un symbole obligatoire pour tout citoyen engagé comme Danton.

Tribune de la Convention

La tribune en bois de la salle du Manège, puis des Tuileries, d'où Danton prononçait ses discours enflammés qui galvanisaient l'Assemblée.

Sceau du ministre de la Justice

En tant que ministre de la Justice après le 10 août 1792, Danton disposait du grand sceau de la République, symbole de l'autorité judiciaire.

Bonnet phrygien

Coiffe rouge symbole de liberté, portée par les sans-culottes. Danton, proche du peuple parisien, côtoyait quotidiennement cet emblème révolutionnaire.

Gazette ou journal révolutionnaire

Son ami Camille Desmoulins publiait Le Vieux Cordelier, journal qui relayait les idées d'indulgence de Danton contre la Terreur.

Programmes scolaires

Cycle 4 (5e-3e)Histoire
Cycle 4 (5e-3e)Histoire — Les acteurs majeurs de la Révolution française
Cycle 4 (5e-3e)Histoire — Les phases de la Révolution : radicalisation et Terreur
Cycle 4 (5e-3e)Histoire — La chute de la monarchie et la mise en place de la République
Cycle 4 (5e-3e)Histoire — Les conflits politiques au sein de la Révolution
Cycle 4 (5e-3e)Histoire — Les droits de l'homme et les libertés révolutionnaires

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

Révolution françaiseTerreurComité de salut publicGirondinsMontagnardsGuillotineOrateurRépublique

Tags

DantonRévolutionnaireJuristeTerreurComité de salut publicGirondinsMontagnardsGuillotineOrateurRépubliqueFin du XVIIIe siècle (Révolution française, 1789-1794)

Vie quotidienne

Matin

Danton se levait relativement tard pour un homme politique. Il prenait un solide petit-déjeuner chez lui, dans son appartement de la cour du Commerce-Saint-André, près du quartier des Cordeliers. Il parcourait les journaux du jour et recevait des visiteurs et alliés politiques dès le matin.

Après-midi

L'après-midi était consacré aux séances de la Convention nationale ou du Comité de salut public. Danton y prononçait ses discours et participait aux débats. Il fréquentait aussi les clubs politiques, notamment le Club des Cordeliers et parfois le Club des Jacobins.

Soir

Le soir, Danton aimait recevoir chez lui ou dîner dans les restaurants et cafés du Palais-Royal avec ses amis politiques comme Camille Desmoulins et Fabre d'Églantine. Ces soupers étaient l'occasion de discussions stratégiques et de moments de convivialité.

Alimentation

Danton était connu pour son appétit robuste. Il appréciait la bonne chère : viandes rôties, pâtés, fromages et vins de Champagne de sa région natale. Les repas étaient copieux, à la manière de la bourgeoisie parisienne de l'époque.

VĂŞtements

Danton portait l'habit typique du bourgeois révolutionnaire : redingote sombre, gilet, culotte, bas et souliers à boucle. Il arborait la cravate de mousseline blanche et la cocarde tricolore. Sa tenue restait sobre mais soignée, loin des haillons des sans-culottes.

Habitat

Danton vivait dans un appartement de la cour du Commerce-Saint-André, dans le quartier des Cordeliers à Paris. Il possédait également une maison de campagne à Arcis-sur-Aube où il aimait se retirer pour profiter de la nature et de sa famille.

Frise contextuelle

1759Naissance de Georges Jacques Danton Ă  Arcis-sur-Aube, en Champagne.
1780Danton s'installe à Paris pour poursuivre des études de droit.
1787Danton achète une charge d'avocat aux Conseils du roi.
1789Prise de la Bastille le 14 juillet. Danton s'engage dans la vie politique révolutionnaire dans le district des Cordeliers.
1790Fondation du Club des Cordeliers dont Danton devient l'un des principaux orateurs.
1791Fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet après la pétition pour la déchéance du roi. Danton doit se réfugier en Angleterre.
1792Journée du 10 août : chute de la monarchie. Danton est nommé ministre de la Justice.
1792Septembre : victoire de Valmy contre les Prussiens. Proclamation de la République.
179321 janvier : exécution de Louis XVI. Danton vote pour la mort du roi.
1793Création du Comité de salut public en avril. Danton en est le premier président.
1793Juillet : Danton quitte le Comité de salut public, remplacé par Robespierre et ses alliés.
1793Septembre : début de la Terreur. Danton commence à plaider pour la clémence.
1794Mars : Danton et les Indulgents réclament la fin de la Terreur.
17945 avril (16 germinal an II) : Danton est guillotiné à Paris, place de la Révolution, avec Camille Desmoulins et d'autres Indulgents.

Vocabulaire d'époque

Sans-culotte — Révolutionnaire issu du peuple, qui portait le pantalon long au lieu de la culotte aristocratique. Les sans-culottes formaient la base populaire du mouvement révolutionnaire parisien.
Comité de salut public — Organe exécutif créé en 1793 pour diriger la France en période de crise. Danton en fut le premier président avant d'être remplacé par Robespierre.
Indulgent — Nom donné aux partisans de Danton qui réclamaient la fin de la Terreur et un retour à la clémence politique, par opposition aux Enragés et aux Hébertistes.
Tribunal révolutionnaire — Juridiction d'exception créée en mars 1793 pour juger les ennemis de la Révolution. Danton contribua à sa fondation et fut ironiquement condamné par ce même tribunal.
Citoyen — Titre remplaçant 'Monsieur' après la Révolution, marquant l'égalité entre tous les Français. S'adresser à quelqu'un en l'appelant 'citoyen' était un acte politique.
Girondins — Groupe politique modéré de la Convention, opposé aux Montagnards dont faisait partie Danton. Ils furent éliminés politiquement puis physiquement en 1793.
Montagnards — Députés siégeant sur les bancs les plus élevés de la Convention, parmi lesquels Danton, Robespierre et Marat. Ils défendaient des positions plus radicales que les Girondins.
Levée en masse — Mobilisation générale de la population décrétée en 1793 pour défendre la République contre les armées européennes coalisées. Danton en fut l'un des plus ardents promoteurs.
Assignat — Papier-monnaie émis pendant la Révolution, gagé sur les biens nationaux confisqués au clergé. Sa valeur ne cessa de se déprécier, causant une forte inflation.
Carmagnole — Chanson et danse populaires révolutionnaires. La carmagnole désignait aussi une veste courte portée par les sans-culottes, devenue symbole du peuple en révolution.

Galerie


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Danton - dessin de Boulay et gravure de Roland

Danton - dessin de Boulay et gravure de Roland


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Monument Ă  Danton, PPS3493

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Odéon - Ligne 4 - 2025 - Sculpture (1)

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The world: historical and actual

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Constitutional history of France

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Seminary notes on recent historical literature;

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Style visuel

Style néoclassique dramatique inspiré de la peinture de David, avec des clairs-obscurs prononcés, l'architecture imposante du Paris révolutionnaire et l'énergie baroque des assemblées tumultueuses.

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#1C2541
#C9A84C
#4A4A4A
#F5F0E1
Prompt IA
French Revolution dramatic neoclassical style, inspired by Jacques-Louis David's paintings. Bold chiaroscuro lighting with deep shadows and warm candlelight. Imposing stone architecture of Parisian halls and tribunals. A large, scarred, powerful figure dominating crowded assemblies. Rich textures of wool coats, silk cravats, and revolutionary cockades. Palette of deep revolutionary reds, midnight blues, and aged golds against grey Parisian stone. Dramatic gestures frozen mid-speech. Stormy skies over the Seine. Baroque energy meets Enlightenment severity.

Ambiance sonore

L'atmosphère sonore du Paris révolutionnaire : foules agitées, tambours militaires, voix puissantes résonnant dans les assemblées, cloches et cris de marchands de journaux dans les rues pavées.

Prompt IA
Bustling streets of revolutionary Paris in the 1790s. Distant crowd roaring and chanting slogans, the sharp beat of military drums, cobblestones under horse hooves and wooden cart wheels. A powerful male voice echoing from a tribune in a vast stone hall, punctuated by cheers and jeers from an agitated assembly. Church bells ringing across the city. Street vendors calling out newspaper headlines. The metallic clang of a blacksmith nearby. Occasional musket shots in the distance. The low murmur of conspiratorial conversations in a dimly lit café.

Source du portrait

Wikimedia Commons — domaine public — anonymous — 1790