Dikè est la déesse grecque de la justice humaine et de l'ordre moral. Fille de Zeus et de Thémis, elle fait partie des Heures (Horai) et veille au respect du droit parmi les mortels, dénonçant les injustices à son père.
Dikè
Dikè (Δίκη)
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Fille de Zeus et de la titanide Thémis, déesse de la loi divine
- Compte parmi les trois Heures (Horai) avec Eunomia (l'ordre) et Eiréné (la paix)
- Mentionnée par Hésiode dans la Théogonie et Les Travaux et les Jours (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.)
- Dénonce à Zeus les hommes qui rendent des jugements injustes
- Parfois identifiée à la vierge Astrée, associée à la constellation de la Vierge
Œuvres & réalisations
Fonction centrale de Dikè : surveiller le respect du droit parmi les hommes et signaler les transgressions à Zeus, garant de l'ordre moral.
Dans les Travaux et les Jours, Dikè incarne la justice outragée qui réclame à Zeus le châtiment des chefs aux jugements tortueux.
Scène emblématique du coffre de Kypsélos : Dikè frappe et étrangle l'Injustice, illustrant le triomphe du droit sur le tort.
Mythe transmis par Aratos puis Ovide : Dikè/Astréa, dégoûtée de la corruption humaine, monte au ciel et devient la Vierge céleste.
Avec Eunomia et Eiréné, Dikè forme la triade qui ordonne le temps, les saisons et la bonne marche des sociétés humaines.
Dikè, devenue la Iustitia romaine, fonde l'iconographie occidentale de la Justice à la balance et à l'épée, encore présente sur les palais de justice.
Anecdotes
Dans la mythologie grecque, Dikè est l'une des trois Heures (Horai), avec ses sœurs Eunomia (le Bon Ordre) et Eiréné (la Paix). Hésiode raconte qu'elles sont nées de l'union de Zeus et de Thémis, la Loi divine, ce qui fait de Dikè la justice incarnée placée au plus près du roi des dieux.
Selon Hésiode dans 'Les Travaux et les Jours', chaque fois qu'un homme bafoue la justice, Dikè va s'asseoir aux côtés de Zeus son père et lui dénonce le cœur injuste des hommes, afin que le peuple paie pour la démesure de ses chefs corrompus.
Les Grecs opposaient Dikè à sa contraire Adikia, l'Injustice. Sur le célèbre coffre de Kypsélos décrit par Pausanias, on voyait Dikè représentée comme une belle femme étranglant et frappant à coups de bâton une Adikia laide et difforme.
Dans l'imaginaire grec, Dikè était parfois associée à la constellation de la Vierge. Le poète Aratos racontait qu'à l'âge d'or elle vivait parmi les hommes, mais que devant leur corruption croissante elle s'envola vers le ciel, devenant la Vierge céleste : c'est la figure d'Astréa.
Dikè désignait à la fois la déesse et le mot grec pour 'justice' ou 'procès'. Dans les tribunaux d'Athènes, rendre la dikè signifiait rendre un jugement : le nom de la déesse était donc présent au cœur même de la vie judiciaire de la cité.
Sources primaires
Ensuite il épousa la brillante Thémis, qui enfanta les Heures, Eunomia, Dikè et la florissante Eiréné, lesquelles veillent sur les travaux des hommes mortels.
Il est une vierge, Dikè, fille de Zeus, vénérable et respectée des dieux qui habitent l'Olympe ; et chaque fois qu'on l'outrage par d'injustes mépris, aussitôt elle s'assied près de son père, le Cronide, et lui dénonce le cœur injuste des hommes.
Sous les pieds du Bouvier tu peux apercevoir la Vierge, qui dans sa main porte l'épi lumineux. Soit qu'elle descende d'Astréos, soit d'une autre origine, qu'elle aille en paix ! Une autre tradition court parmi les hommes : qu'autrefois elle vivait sur la terre et venait à la rencontre des hommes, c'était Dikè.
Une belle femme châtie une autre femme laide, qu'elle étrangle d'une main et frappe de l'autre avec un bâton : c'est Dikè qui traite ainsi Adikia.
La Justice, vierge fille de Zeus, n'a jamais accompagné ni partagé les desseins d'un homme tout entier voué à l'audace.
Lieux clés
Demeure des dieux où Dikè, vénérée par les Olympiens, siège auprès de Zeus son père pour veiller sur la justice des hommes.
Sanctuaire panhellénique où était conservé le coffre de Kypsélos décrit par Pausanias, sur lequel Dikè était représentée châtiant Adikia.
Cité de la démocratie et des grands tribunaux, où le mot dikè désignait le procès et où la justice était au cœur de la vie civique.
Village natal d'Hésiode, au pied de l'Hélicon, d'où le poète chanta Dikè et dénonça les juges corrompus de son temps.
Région céleste où Dikè, identifiée à Astréa, se serait réfugiée en quittant la terre corrompue, selon Aratos et Ovide.
Objets typiques

Instrument symbolisant la pesée des actions et l'équilibre du jugement. Associée à la justice rendue avec impartialité, elle deviendra l'attribut durable de la Justice à travers les siècles.

Bâton ou sceptre avec lequel Dikè châtie Adikia, l'Injustice, comme le décrit Pausanias. Il incarne le pouvoir de punir et de corriger les torts.

Épi lumineux que tient la Vierge céleste à laquelle Dikè/Astréa est identifiée chez Aratos. Il évoque l'âge d'or, l'abondance et la fertilité d'un monde encore juste.

En tant qu'Heure (Horai), Dikè est associée aux saisons et au cycle ordonné du temps. La couronne ou les guirlandes florales marquent son appartenance à ces divinités du bon ordre naturel.

Glaive associé tardivement à la Justice pour signifier la force d'exécution de la sentence. Il complète la balance : juger, puis trancher et punir.

Place que Dikè occupe aux côtés de son père Zeus pour lui dénoncer les injustices des hommes, selon Hésiode. Il figure sa fonction d'intercession et de gardienne du droit divin.
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Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Figure divine, Dikè n'a pas de quotidien humain : son 'matin' est celui de l'Olympe, où elle se tient parmi les dieux et observe le monde des mortels qui s'éveille à leurs travaux. Elle guette les premiers jugements rendus aux portes des cités.
Après-midi
Tout au long du jour, elle parcourt par la pensée les agoras et les tribunaux des hommes, relevant les serments trahis et les sentences injustes. Là où le droit est bafoué, elle s'afflige et prépare sa plainte.
Soir
Le soir venu, elle revient s'asseoir aux côtés de Zeus son père et lui dénonce le cœur injuste des hommes, afin que le peuple paie pour la démesure de ses chefs.
Alimentation
En tant que divinité, Dikè se nourrit du nectar et de l'ambroisie des Olympiens, aliments d'immortalité. Mais sa vraie 'nourriture' symbolique est le respect du droit et des serments par les mortels.
Vêtements
L'art grec la représente en belle femme drapée d'un long péplos, parfois ailée comme une divinité céleste. Plus tard, elle apparaît parée des attributs de la Justice : balance et bâton ou épée.
Habitat
Sa demeure est l'Olympe, palais des dieux baigné de lumière. Selon le mythe de l'âge d'or, elle habita un temps parmi les hommes avant de se réfugier dans le ciel, devenant la constellation de la Vierge.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Veiller sur la justice des mortels
intemporel
Dénonciation des juges corrompus (Hésiode)
VIIe s. av. J.-C.
Le châtiment d'Adikia
image archaïque
Le catastérisme en constellation de la Vierge
IIIe s. av. J.-C.
L'appartenance aux Heures (Horai)
VIIIe s. av. J.-C.
L'héritage de la Justice allégorique
période gréco-romaine et au-delà






