Biographie

Dikè est la déesse grecque de la justice humaine et de l'ordre moral. Fille de Zeus et de Thémis, elle fait partie des Heures (Horai) et veille au respect du droit parmi les mortels, dénonçant les injustices à son père.

Dikè

Dikè (Δίκη)

7 min de lecture

MythologieAvant J.-C.Antiquité grecque, figure de la mythologie classique transmise par la poésie archaïque (Hésiode) et reprise tout au long de la période gréco-romaine.

Questions fréquentes

Dikè est la déesse grecque de la justice humaine et de l'ordre moral. Fille de Zeus et de Thémis, elle fait partie des Heures (Horai) avec ses sœurs Eunomia (le Bon Ordre) et Eiréné (la Paix). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle n'est pas une simple abstraction : elle veille activement sur le respect du droit parmi les mortels et, selon Hésiode, chaque fois qu'un homme bafoue la justice, elle s'assied aux côtés de Zeus pour lui dénoncer le cœur injuste des hommes. Moins une figure lointaine qu'une gardienne vigilante, elle incarne l'idée que la justice divine finit toujours par rattraper les coupables.

Faits marquants

  • Fille de Zeus et de la titanide Thémis, déesse de la loi divine
  • Compte parmi les trois Heures (Horai) avec Eunomia (l'ordre) et Eiréné (la paix)
  • Mentionnée par Hésiode dans la Théogonie et Les Travaux et les Jours (VIIIe-VIIe s. av. J.-C.)
  • Dénonce à Zeus les hommes qui rendent des jugements injustes
  • Parfois identifiée à la vierge Astrée, associée à la constellation de la Vierge

Œuvres & réalisations

Veiller sur la justice des mortels (intemporel)

Fonction centrale de Dikè : surveiller le respect du droit parmi les hommes et signaler les transgressions à Zeus, garant de l'ordre moral.

Dénonciation des juges corrompus (Hésiode) (VIIe s. av. J.-C.)

Dans les Travaux et les Jours, Dikè incarne la justice outragée qui réclame à Zeus le châtiment des chefs aux jugements tortueux.

Le châtiment d'Adikia (image archaïque)

Scène emblématique du coffre de Kypsélos : Dikè frappe et étrangle l'Injustice, illustrant le triomphe du droit sur le tort.

Le catastérisme en constellation de la Vierge (IIIe s. av. J.-C.)

Mythe transmis par Aratos puis Ovide : Dikè/Astréa, dégoûtée de la corruption humaine, monte au ciel et devient la Vierge céleste.

L'appartenance aux Heures (Horai) (VIIIe s. av. J.-C.)

Avec Eunomia et Eiréné, Dikè forme la triade qui ordonne le temps, les saisons et la bonne marche des sociétés humaines.

L'héritage de la Justice allégorique (période gréco-romaine et au-delà)

Dikè, devenue la Iustitia romaine, fonde l'iconographie occidentale de la Justice à la balance et à l'épée, encore présente sur les palais de justice.

Anecdotes

Dans la mythologie grecque, Dikè est l'une des trois Heures (Horai), avec ses sœurs Eunomia (le Bon Ordre) et Eiréné (la Paix). Hésiode raconte qu'elles sont nées de l'union de Zeus et de Thémis, la Loi divine, ce qui fait de Dikè la justice incarnée placée au plus près du roi des dieux.

Selon Hésiode dans 'Les Travaux et les Jours', chaque fois qu'un homme bafoue la justice, Dikè va s'asseoir aux côtés de Zeus son père et lui dénonce le cœur injuste des hommes, afin que le peuple paie pour la démesure de ses chefs corrompus.

Les Grecs opposaient Dikè à sa contraire Adikia, l'Injustice. Sur le célèbre coffre de Kypsélos décrit par Pausanias, on voyait Dikè représentée comme une belle femme étranglant et frappant à coups de bâton une Adikia laide et difforme.

Dans l'imaginaire grec, Dikè était parfois associée à la constellation de la Vierge. Le poète Aratos racontait qu'à l'âge d'or elle vivait parmi les hommes, mais que devant leur corruption croissante elle s'envola vers le ciel, devenant la Vierge céleste : c'est la figure d'Astréa.

Dikè désignait à la fois la déesse et le mot grec pour 'justice' ou 'procès'. Dans les tribunaux d'Athènes, rendre la dikè signifiait rendre un jugement : le nom de la déesse était donc présent au cœur même de la vie judiciaire de la cité.

Sources primaires

Hésiode, Théogonie, v. 901-903 (VIIe siècle av. J.-C.)
Ensuite il épousa la brillante Thémis, qui enfanta les Heures, Eunomia, Dikè et la florissante Eiréné, lesquelles veillent sur les travaux des hommes mortels.
Hésiode, Les Travaux et les Jours, v. 256-260 (VIIe siècle av. J.-C.)
Il est une vierge, Dikè, fille de Zeus, vénérable et respectée des dieux qui habitent l'Olympe ; et chaque fois qu'on l'outrage par d'injustes mépris, aussitôt elle s'assied près de son père, le Cronide, et lui dénonce le cœur injuste des hommes.
Aratos, Phénomènes, v. 96-136 (IIIe siècle av. J.-C.)
Sous les pieds du Bouvier tu peux apercevoir la Vierge, qui dans sa main porte l'épi lumineux. Soit qu'elle descende d'Astréos, soit d'une autre origine, qu'elle aille en paix ! Une autre tradition court parmi les hommes : qu'autrefois elle vivait sur la terre et venait à la rencontre des hommes, c'était Dikè.
Pausanias, Description de la Grèce, V, 18, 2 (le coffre de Kypsélos) (IIe siècle apr. J.-C.)
Une belle femme châtie une autre femme laide, qu'elle étrangle d'une main et frappe de l'autre avec un bâton : c'est Dikè qui traite ainsi Adikia.
Eschyle, Les Sept contre Thèbes, v. 662 (467 av. J.-C.)
La Justice, vierge fille de Zeus, n'a jamais accompagné ni partagé les desseins d'un homme tout entier voué à l'audace.

Lieux clés

Le mont Olympe

Demeure des dieux où Dikè, vénérée par les Olympiens, siège auprès de Zeus son père pour veiller sur la justice des hommes.

Olympie

Sanctuaire panhellénique où était conservé le coffre de Kypsélos décrit par Pausanias, sur lequel Dikè était représentée châtiant Adikia.

Athènes

Cité de la démocratie et des grands tribunaux, où le mot dikè désignait le procès et où la justice était au cœur de la vie civique.

Ascra (Béotie)

Village natal d'Hésiode, au pied de l'Hélicon, d'où le poète chanta Dikè et dénonça les juges corrompus de son temps.

La constellation de la Vierge

Région céleste où Dikè, identifiée à Astréa, se serait réfugiée en quittant la terre corrompue, selon Aratos et Ovide.

Liens externes & ressources

Œuvres

Veiller sur la justice des mortels

intemporel

Dénonciation des juges corrompus (Hésiode)

VIIe s. av. J.-C.

Le châtiment d'Adikia

image archaïque

Le catastérisme en constellation de la Vierge

IIIe s. av. J.-C.

L'appartenance aux Heures (Horai)

VIIIe s. av. J.-C.

L'héritage de la Justice allégorique

période gréco-romaine et au-delà

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