Biographie

Chanteuse américaine (1924-1963), surnommée la « Reine du blues ». Figure majeure du jazz, du blues et du rhythm and blues des années 1940-1950, elle a marqué la musique afro-américaine par son phrasé incisif et sa voix expressive.

Dinah Washington(1924 — 1963)

Dinah Washington

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueSpectacleXXe siècleÉtats-Unis du milieu du XXe siècle, à l'époque de la ségrégation raciale, de l'âge d'or du jazz et du blues et de l'essor du rhythm and blues.

Questions fréquentes

Dinah Washington, née Ruth Lee Jones en 1924 à Tuscaloosa (Alabama), est une chanteuse afro-américaine qui a marqué le jazz, le blues et le rhythm and blues des années 1940-1950. Ce qu'il faut retenir, c'est que son surnom de « Reine du blues » ne rend pas pleinement justice à sa polyvalence : elle refusait d'être enfermée dans un seul style, affirmant pouvoir « tout chanter ». Sa voix expressive et son phrasé incisif, forgés dans le gospel à l'église baptiste St. Luke de Chicago, lui ont permis de dominer les classements rhythm and blues tout en s'attaquant à la pop et à la country. Moins une étiquette qu'un hommage à son autorité vocale, ce titre souligne son rôle de pionnière dans un univers musical encore marqué par la ségrégation.

Faits marquants

  • Naît le 29 août 1924 à Tuscaloosa (Alabama) sous le nom de Ruth Lee Jones
  • Débute à la fin des années 1930 dans le chant gospel à Chicago avant de rejoindre l'orchestre de Lionel Hampton en 1943
  • Connaît un grand succès dans les années 1940-1950 avec de nombreux titres classés au palmarès rhythm and blues
  • Obtient un succès grand public avec « What a Diff'rence a Day Makes » (1959), récompensé par un Grammy Award
  • Meurt prématurément le 14 décembre 1963 à Detroit, à l'âge de 39 ans

Œuvres & réalisations

Evil Gal Blues (1944)

L'un de ses premiers enregistrements, écrit par le critique Leonard Feather, qui révèle sa voix mordante.

Baby Get Lost (1949)

Numéro un du classement rhythm and blues, il confirme son statut de star du genre.

Dinah Jams (1954)

Album live de jazz enregistré avec de grands instrumentistes, témoin de sa polyvalence.

What a Diff'rence a Day Makes (1959)

Son plus grand succès, récompensé par un Grammy et écouté bien au-delà du public afro-américain.

Unforgettable (1959)

Interprétation marquante d'un standard, illustrant son sens de la mélodie et de l'émotion.

This Bitter Earth (1960)

Ballade poignante devenue un classique, reprise et samplée bien des décennies plus tard.

Baby (You've Got What It Takes) (1960)

Duo enjoué avec Brook Benton, immense succès qui relance sa popularité.

September in the Rain (1961)

Reprise élégante d'un standard, illustrant son art de revisiter les chansons populaires.

Anecdotes

Dinah Washington naît Ruth Lee Jones à Tuscaloosa, en Alabama, en 1924, mais grandit à Chicago où sa famille s'installe pendant la Grande Migration afro-américaine. Petite fille, elle joue du piano et chante dans le chœur gospel de l'église baptiste St. Luke. C'est dans ce répertoire religieux qu'elle apprend la puissance et la précision vocales qui feront sa marque.

Vers quinze ans, elle remporte un concours amateur au célèbre Regal Theater de Chicago en interprétant « I Can't Face the Music ». Repérée dans un club de la ville, le Garrick Stage Bar, elle est engagée par le chef d'orchestre Lionel Hampton en 1943. C'est à cette époque qu'elle abandonne son vrai nom pour devenir « Dinah Washington ».

On la surnomme la « Reine du blues » (Queen of the Blues), mais Dinah refusait d'être enfermée dans un seul style : elle chantait le blues, le jazz, le rhythm and blues, la pop et même la country. « Je peux tout chanter », affirmait-elle, et sa diction si nette permettait de comprendre chaque mot, qualité que de nombreux chanteurs ont ensuite cherché à imiter.

En 1959, sa reprise de « What a Diff'rence a Day Makes » devient un immense succès qui dépasse le public afro-américain et lui vaut un Grammy Award. La chanson était à l'origine un air mexicain de 1934, « Cuando vuelva a tu lado », preuve de son talent pour transformer n'importe quelle mélodie.

Star au train de vie fastueux, mariée sept fois, amatrice de diamants et de manteaux de fourrure, Dinah Washington meurt brutalement à Detroit le 14 décembre 1963, à seulement 39 ans, d'un mélange accidentel de pilules amaigrissantes et d'alcool. Sa disparition prématurée prive la musique américaine d'une de ses voix les plus expressives.

Sources primaires

Paroles de « Evil Gal Blues », écrites par Leonard Feather (1944)
« I'm an evil gal, don't you bother with me / I'll empty your pockets and fill you with misery » (« Je suis une fille mauvaise, ne me cherche pas / Je viderai tes poches et te remplirai de chagrin »).
Classement Rhythm & Blues du magazine Billboard (1949)
« Baby Get Lost » de Dinah Washington atteint la première place du classement des disques de rhythm and blues les plus vendus du pays.
Palmarès de la 2e cérémonie des Grammy Awards (1960)
Le prix de la meilleure performance rhythm and blues est décerné à Dinah Washington pour « What a Diff'rence a Day Makes ».

Lieux clés

Tuscaloosa, Alabama

Ville du Sud ségrégué où naît Ruth Lee Jones en 1924.

Chicago, Illinois

Ville où elle grandit, chante le gospel à l'église St. Luke et débute sa carrière, notamment au Regal Theater.

Apollo Theater, Harlem (New York)

Haut lieu de la musique afro-américaine où elle se produit régulièrement devant un public conquis.

Las Vegas, Nevada

Elle s'y produit dans les casinos, où les artistes noirs étaient pourtant souvent interdits de séjour dans les hôtels où ils chantaient.

Detroit, Michigan

Ville où elle meurt brutalement le 14 décembre 1963, à 39 ans.

Voir aussi