Chef des Iroquoiens du Saint-Laurent établis à Stadacona (actuelle Québec), Donnacona rencontra Jacques Cartier lors de ses voyages de 1534 et 1535. Emmené de force en France par Cartier, il mourut à la cour du roi François Ier sans jamais revoir son pays.
Donnacona(1500 — 1539)
Donnacona
Canada
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1534 : première rencontre avec Jacques Cartier lors de son premier voyage au Canada
- 1535 : Cartier emmène Donnacona et plusieurs Iroquoiens en France lors de son deuxième voyage
- 1536 : Donnacona est présenté au roi François Ier à la cour de France
- Vers 1539 : mort de Donnacona en France, sans avoir pu rentrer au Canada
- Stadacona, son village, correspond à l'emplacement actuel de la ville de Québec
Œuvres & réalisations
Donnacona transmit à la cour de François Ier des descriptions détaillées d'un royaume intérieur fabuleux regorgeant d'or et de richesses. Ces témoignages, rapportés par Cartier, motivèrent directement le financement du troisième voyage français au Canada en 1541.
Lors du premier voyage, Donnacona négocia avec Cartier des échanges de vivres et de fourrures contre des marchandises européennes. Cette première alliance fondait les bases des relations franco-amérindienne dans la région du Saint-Laurent.
En contestant publiquement la croix plantée par Cartier à Gaspé, Donnacona fit une des premières déclarations enregistrées de souveraineté autochtone face à la colonisation européenne en Amérique du Nord.
Donnacona et ses fils guidèrent Cartier le long du Saint-Laurent lors du second voyage, lui fournissant des informations précieuses sur la géographie, les peuples et les ressources du territoire. Ces connaissances autochtones alimentèrent directement les premières cartographies françaises de la région.
Anecdotes
En juillet 1534, lorsque Jacques Cartier planta une grande croix de dix mètres à Penouille (baie de Gaspé) au nom du roi de France, Donnacona s'avança en canot pour protester. Par signes, il fit comprendre aux Français que cette terre lui appartenait et à son peuple. Cartier feignit de ne pas comprendre sa revendication, prétextant que la croix n'était qu'un repère de navigation.
En mai 1536, Cartier invita Donnacona et ses fils à bord de son navire sous prétexte d'une rencontre amicale. Une fois à bord, les Français les retinrent prisonniers. Donnacona et neuf autres Iroquoiens du Saint-Laurent furent emmenés de force vers la France, sans pouvoir dire adieu aux leurs restés sur le rivage.
À la cour du roi François Ier, Donnacona captiva son auditoire en décrivant un pays fabuleux appelé le « royaume du Saguenay », regorgeant d'or, de rubis et d'épices, où vivaient des hommes ailés. Ces récits enthousiasmèrent le roi et contribuèrent à financer le troisième voyage de Cartier en 1541, même si ce royaume légendaire ne fut jamais retrouvé.
Donnacona fut baptisé en France et reçut un prénom chrétien. Malgré l'intérêt que lui portaient les notables français, il ne s'adapta jamais vraiment à la vie européenne et mourut vers 1539, probablement de maladies auxquelles il n'était pas immunisé, sans avoir pu revoir Stadacona ni ses proches. Lorsque Cartier revint en 1541, il dut mentir aux Iroquoiens en prétendant que Donnacona était mort en chrétien et heureux en France.
Sources primaires
Et le lendemain au matin vint le dit Donnacona avec grande multitude de peuple... et après plusieurs propos, nous dist que c'estoit une bonne terre et grande, où il y avoit or et rubiz et autres richesses.
Ledit seigneur des dicts sauvages vint à nous en une barque avec trois ou quatre de ses hommes, et nous monstra la dicte croix, et faisoit parler cestuy chief en faisant signe de la main qu'il avoit esté seigneur de cette terre.
Donacona, re di quella gente, parlò al Capitano et disse che erano contenti di venir in Francia, et che porterebbono molte novità al Re christianissimo.
Ledit Donnacona nous a afferme estre vray qu'il y a infini or, rubiz et autres richesses au pays du Saguenay, et que les hommes y sont blancs comme en France.
Lieux clés
Village iroquoien établi au pied du cap Diamant sur le Saint-Laurent, Stadacona était la communauté dont Donnacona était le chef. C'est là qu'il accueillit et négocia avec Cartier lors des voyages de 1534 et 1535.
C'est en ce lieu, en juillet 1534, que Cartier planta la croix de prise de possession au nom de François Ier, et que Donnacona protesta solennellement en canot contre cet acte symbolique d'appropriation de son territoire.
Village iroquoien rival situé en amont du Saint-Laurent, qu'Donnacona tenta d'empêcher Cartier de visiter lors du second voyage en 1535. Cette rivalité entre Stadacona et Hochelaga révèle les tensions politiques entre groupes iroquoiens.
Résidence royale de François Ier où Donnacona fut présenté à la cour de France après son enlèvement en 1536. Il y raconta les richesses du « royaume du Saguenay » et fut baptisé avant d'y finir ses jours.
Port breton d'où partirent les trois expéditions de Jacques Cartier. C'est là que Donnacona et les autres Iroquoiens débarquèrent pour la première fois en Europe en 1536, découvrant un monde totalement étranger au leur.
Objets typiques

Fabriquée à partir de coquillages taillés en perles et enfilés sur des cordons, la ceinture de wampum servait d'instrument diplomatique et mémoriel chez les Iroquoiens. En tant que chef, Donnacona l'utilisait pour sceller des alliances et conserver la mémoire des événements importants.

Léger et maniable, le canot d'écorce était le moyen de transport essentiel des Iroquoiens du Saint-Laurent sur les eaux du fleuve. Donnacona s'en servit pour s'approcher des navires de Cartier lors de leurs premières rencontres en 1534.

La pipe sculptée dans la pierre ou en bois était utilisée lors des cérémonies diplomatiques et religieuses. Fumer ensemble symbolisait la paix et le respect mutuel entre les chefs et leurs alliés.

La culture du maïs, de la courge et des haricots — les « Trois Sœurs » — constituait la base de l'agriculture iroquoienne. Ces denrées, stockées dans des fosses ou des paniers, assuraient la survie de la communauté de Stadacona durant les longs hivers.

L'arc en bois de frêne tendu d'un nerf animal et les flèches à pointe de silex ou d'os étaient les outils de chasse et de guerre des guerriers iroquoiens. Donnacona en fit sans doute usage comme symbole de son autorité de chef guerrier.

Les manteaux et tuniques confectionnés en peaux de castor assouplies et fumées protégeaient du froid rigoureux des hivers québécois. La fourrure de castor était aussi un bien d'échange précieux dans les premières relations commerciales avec les Européens.
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Vie quotidienne
Matin
Donnacona se levait à l'aube dans sa maison longue (longhouse) partagée avec plusieurs familles de son clan. Il commençait sa journée en consultant les anciens et les guerriers sur l'état des réserves alimentaires, les activités de chasse et la situation avec les nations voisines. Sa fonction de chef l'obligeait à être constamment informé de ce qui se passait dans son village et aux alentours.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux activités de gouvernance : médiation des conflits internes, réception de délégations venues de villages alliés, ou supervision des travaux collectifs de pêche sur le Saint-Laurent. En période de paix, Donnacona participait aussi aux discussions sur les routes commerciales avec d'autres nations iroquoiennes ou algonquines.
Soir
Le soir, la communauté se réunissait autour du feu dans la maison longue pour partager le repas, écouter les récits des anciens et prendre les décisions collectives importantes. Donnacona, en tant que chef, menait ou animait ces discussions ; il était aussi le gardien des traditions orales et des alliances diplomatiques de son peuple.
Alimentation
L'alimentation de Donnacona reposait sur les « Trois Sœurs » : maïs, haricots et courge, cultivés par les femmes de la communauté. Le poisson du Saint-Laurent (saumon, esturgeon, anguille) constituait une part importante de leur nourriture, complétée par le gibier chassé en forêt (cerfs, orignaux) et par des baies et plantes sauvages cueillies selon les saisons.
Vêtements
En été, Donnacona portait une tunique légère en peau de daim soigneusement tannée, des jambières et des mocassins brodés de piquants de porc-épic. En hiver, il s'enveloppait dans de larges manteaux de fourrure de castor ou d'ours. En tant que chef, ses vêtements étaient ornés de perles de coquillage (wampum) et de plumes, signes distinctifs de son rang.
Habitat
Donnacona vivait dans une maison longue (« ganonsia » en langue iroquoienne), longue charpente en bois de cèdre couverte d'écorce de bouleau ou d'orme, pouvant abriter plusieurs dizaines de personnes appartenant au même clan matrilinéaire. Stadacona comprenait plusieurs de ces maisons longues, entourées d'une palissade de bois qui protégeait le village des attaques ennemies.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Récits oraux sur le royaume du Saguenay
1537
Alliance diplomatique avec Jacques Cartier (1534)
1534
Négociation sur la souveraineté du territoire (Gaspé, 1534)
1534
Témoignage sur la géographie du fleuve Saint-Laurent
1535






