Edmund Husserl (1859-1938) est un philosophe et mathématicien allemand, fondateur de la phénoménologie. Sa pensée a profondément marqué la philosophie continentale du XXe siècle, influençant Heidegger, Sartre et Merleau-Ponty.
Edmund Husserl(1859 — 1938)
Edmund Husserl
empire d'Autriche, Reich allemand
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Toute conscience est conscience de quelque chose.»
Faits marquants
- Naît en 1859 à Proßnitz, en Moravie (Empire d'Autriche)
- Publie les 'Recherches logiques' (1900-1901), acte de naissance de la phénoménologie
- Publie 'Idées directrices pour une phénoménologie' (1913), exposant la réduction phénoménologique
- Professeur à l'université de Fribourg-en-Brisgau à partir de 1916, où Heidegger fut son assistant
- Meurt en 1938 à Fribourg, écarté de l'université en raison de ses origines juives sous le régime nazi
Œuvres & réalisations
Premier livre important de Husserl, encore proche des mathématiques, où il analyse l'origine du concept de nombre.
Œuvre fondatrice de la phénoménologie, qui critique le psychologisme et lance le mot d'ordre « Aux choses mêmes ! ».
Article manifeste où Husserl défend l'idée que la philosophie peut atteindre une rigueur comparable à celle des sciences.
Exposé systématique de la méthode phénoménologique, avec les notions d'épochè (mise entre parenthèses) et de réduction.
Issu des conférences de la Sorbonne, ce texte présente la phénoménologie transcendantale et la question d'autrui (l'intersubjectivité).
Dernière grande œuvre, où Husserl introduit la notion de « monde de la vie » (Lebenswelt) et s'inquiète de la crise de la culture européenne.
Anecdotes
Avant de devenir philosophe, Husserl était un mathématicien brillant : il a soutenu une thèse sur le calcul des variations à Vienne en 1883. C'est en assistant aux cours du philosophe Franz Brentano qu'il a basculé vers la philosophie, fasciné par la question de savoir comment notre esprit saisit les nombres et les vérités.
Husserl avait l'habitude de penser en écrivant : il a laissé environ 40 000 pages de notes rédigées en sténographie (une écriture rapide à base de signes abrégés). Après sa mort, un jeune franciscain belge, Herman Van Breda, a réussi à sauver ces manuscrits du régime nazi en les faisant passer clandestinement en Belgique, où ils ont fondé les Archives Husserl de Louvain.
Husserl était d'origine juive et s'était converti au protestantisme en 1886. Cela ne l'a pas protégé du nazisme : en 1933, les lois antisémites lui retirent ses droits de professeur émérite à l'université de Fribourg. Son ancien élève Martin Heidegger, devenu recteur et membre du parti nazi, ne lui apporta aucun soutien, ce qui blessa profondément Husserl.
Husserl résumait sa méthode par un mot d'ordre célèbre : « Zu den Sachen selbst ! » (« Aux choses mêmes ! »). Il invitait à décrire ce que l'on perçoit vraiment, en mettant de côté nos préjugés et nos théories, comme si on regardait le monde pour la première fois.
À la fin de sa vie, malade et isolé, Husserl écrivit que sa mission de philosophe n'était pas terminée et qu'il aurait voulu « mourir digne de la philosophie ». Quand il mourut en 1938, presque aucun universitaire allemand n'osa assister à ses funérailles, par peur du régime.
Sources primaires
Nous voulons retourner aux « choses mêmes ». C'est à partir d'intuitions pleinement développées que nous voulons nous procurer l'évidence que ce qui est donné ici, dans des abstractions effectives, correspond réellement et véritablement aux significations des mots.
Tout vécu de conscience est conscience de quelque chose ; la conscience est toujours conscience de.
Le monde de la vie (Lebenswelt) est le sol oublié de toutes les sciences, le monde tel qu'il nous est donné dans l'expérience quotidienne, avant toute idéalisation savante.
Il faut perdre le monde par l'épochè pour le retrouver dans une prise de conscience universelle de soi-même.
Lieux clés
Ville natale de Husserl, alors dans l'Empire d'Autriche, aujourd'hui en République tchèque.
Husserl y obtient son doctorat de mathématiques et y découvre la philosophie grâce aux cours de Franz Brentano.
Husserl y enseigne de 1901 à 1916 et y rédige ses Idées directrices ; un cercle d'élèves se forme autour de lui.
Husserl y est professeur de 1916 à sa retraite et y passe la fin de sa vie ; c'est là qu'il meurt en 1938.
En 1929, Husserl y donne des conférences fondatrices des Méditations cartésiennes, marquant son influence en France.
Premier poste d'enseignant de Husserl (1887), où il commence à élaborer sa réflexion sur la logique.
Objets typiques

Husserl rédigeait l'essentiel de sa pensée en sténographie Gabelsberger, une écriture rapide par signes abrégés. Il a laissé près de 40 000 pages de ces notes manuscrites.

Instruments d'écriture quotidiens d'un universitaire allemand de l'époque, utilisés pour la rédaction des cours et des manuscrits.

Le bureau où Husserl écrivait des heures durant, entouré de ses livres et de ses manuscrits, lieu central de son activité de penseur.

Husserl portait de petites lunettes cerclées, typiques des intellectuels allemands de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Avant la philosophie, Husserl travaillait sur l'arithmétique et le calcul ; ses premiers ouvrages portaient sur la philosophie des nombres.

Husserl a enseigné pendant des décennies dans les universités allemandes, transmettant sa méthode à de nombreux étudiants depuis la chaire.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Husserl se levait tôt et consacrait ses matinées au travail intellectuel, le moment où il se sentait le plus lucide. Il s'installait à son bureau pour écrire, noircissant des pages entières de sténographie au fil de ses méditations.
Après-midi
L'après-midi était souvent réservé à l'enseignement à l'université ou à la préparation de ses cours. Husserl recevait aussi des étudiants et des disciples avec qui il discutait passionnément de phénoménologie.
Soir
Le soir, Husserl poursuivait sa lecture et sa réflexion, ou échangeait avec sa famille et ses proches. Il aimait revenir sur ses notes du jour pour les approfondir.
Alimentation
Husserl menait la vie sobre d'un professeur allemand de la fin du XIXe siècle, avec une cuisine simple de l'Europe centrale : pain, soupes, viandes et légumes. Les repas n'occupaient pas une grande place dans sa vie tournée vers l'étude.
Vêtements
Il s'habillait avec la sobriété d'un universitaire de son temps : costume sombre, chemise à col, cravate ou nœud, et de petites lunettes rondes. Sa barbe et sa moustache soignées étaient typiques des savants allemands de l'époque.
Habitat
Husserl vivait dans des logements bourgeois confortables des villes universitaires où il enseignait, notamment à Göttingen puis à Fribourg. Son foyer abritait une vaste bibliothèque et un bureau de travail où s'accumulaient ses manuscrits.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Philosophie de l'arithmétique
1891
Recherches logiques
1900-1901
La philosophie comme science rigoureuse
1911
Idées directrices pour une phénoménologie (Ideen I)
1913
Méditations cartésiennes
1931
La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale
1936






