femme politique britannique féministe (1858-1928)
Emmeline Pankhurst(1858 — 1928)
Emmeline Pankhurst
Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Fonde le Mouvement social et politique des femmes (WSPU) en 1903 pour réclamer le droit de vote des femmes au Royaume-Uni
- Développe des tactiques militantes radicales : chaînes aux grilles du Parlement, bris de vitrines, grèves de la faim en prison (années 1910)
- Arrêtée à de nombreuses reprises ; la loi 'Cat and Mouse' de 1913 est adoptée pour contrer ses grèves de la faim
- Suspend la lutte suffragette pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918) pour soutenir l'effort de guerre britannique
- Meurt en 1928, quelques semaines après l'adoption du Representation of the People Act accordant le droit de vote aux femmes britanniques à égalité avec les hommes
Œuvres & réalisations
Organisation fondée à Manchester avec ses filles Christabel et Sylvia, le WSPU devint le fer de lance du mouvement suffragiste radical britannique. Sa devise 'Deeds not Words' marqua un tournant dans l'histoire du féminisme militant.
Emmeline Pankhurst coordonna des années de manifestations, d'arrestations, de grèves de la faim et d'actions spectaculaires (bris de vitres, incendies de boîtes aux lettres) qui forcèrent l'opinion publique et le gouvernement à prendre la question du suffrage féminin au sérieux.
Récit autobiographique publié en anglais, dans lequel Emmeline retrace son parcours militant et justifie le recours à l'action directe. Ce livre est une source historique précieuse sur le mouvement suffragiste britannique.
Emmeline Pankhurst parcouru le monde anglophone pour plaider la cause du droit de vote des femmes, levant des fonds et mobilisant l'opinion internationale avec une éloquence reconnue par ses partisans comme par ses adversaires.
Pendant la Première Guerre mondiale, Emmeline Pankhurst organisa des manifestations pour encourager les femmes à entrer dans les usines et soutenir l'effort de guerre, ce qui contribua à changer le regard du gouvernement sur leur capacité civique.
Sans avoir participé à la rédaction de la loi, Emmeline Pankhurst est largement créditée d'avoir rendu inévitable l'octroi du droit de vote aux femmes britanniques, obtenu en 1918 pour les plus de 30 ans, puis en 1928 pour toutes les femmes.
Anecdotes
En 1913, Emmeline Pankhurst fut arrêtée pas moins de douze fois en un an. À chaque libération, elle reprenait aussitôt ses activités militantes, défiant la loi dite du 'Chat et de la Souris' qui permettait de relâcher les suffragettes affaiblies par la grève de la faim, puis de les réarrêter une fois rétablies.
Lors d'un meeting à New York en 1909, Emmeline Pankhurst reçut une ovation de plusieurs minutes debout. Son discours, prononcé dans un anglais impeccable et avec une éloquence remarquable, convainquit des milliers d'Américains de soutenir la cause des suffragettes britanniques et lui valut une couverture médiatique internationale.
Le 4 juin 1913, lors du Derby d'Epsom, Emily Wilding Davison — militante du WSPU fondé par Emmeline — se jeta sous les sabots du cheval du roi George V et mourut de ses blessures. Ses funérailles, organisées par le WSPU, rassemblèrent des milliers de femmes dans les rues de Londres et firent la une des journaux du monde entier.
Pendant la Première Guerre mondiale, Emmeline Pankhurst suspendit toute action militante et appela les femmes à soutenir l'effort de guerre. Ce revirement inattendu lui aliéna une partie de ses partisanes, dont sa propre fille Sylvia, mais contribua à changer l'image des suffragettes aux yeux du gouvernement britannique.
À sa mort en 1928, Emmeline Pankhurst n'eut pas le temps de voter aux élections législatives : le Representation of the People Act, qui accordait le droit de vote à toutes les femmes de plus de 21 ans, fut adopté quelques semaines après son décès. Sa statue fut inaugurée en 1930 devant le Parlement de Westminster.
Sources primaires
I have described myself as a woman who had a lifelong training for the revolutionary movement... We were determined to win the vote, and we meant to do so by constitutional means if we could, and by other means if we must.
We are here, not because we are law-breakers; we are here in our efforts to become law-makers.
The WSPU is not a debating society, but a union of women united by a common determination to obtain the Parliamentary vote as a means of furthering the interests of their sex.
We claim that the time has arrived when women, equally with men, should have the right to vote for Members of Parliament, and we call upon His Majesty's Government to grant this claim without further delay.
Votes for Women is not a party question. It is a human question — a question of justice and of common sense.
Lieux clés
Emmeline Pankhurst est née à Manchester en 1858 et y a fondé le WSPU en 1903. La ville ouvrière et industrielle a forgé sa conscience politique et sociale dès l'enfance.
Principal théâtre des manifestations suffragistes, les militantes du WSPU y organisaient régulièrement des rassemblements et s'y enchaînaient pour exiger le droit de vote. Une statue d'Emmeline se dresse aujourd'hui dans le jardin jouxtant le Parlement.
Emmeline Pankhurst y fut incarcérée à de nombreuses reprises. Elle y mena des grèves de la faim et y subit l'alimentation forcée, devenant le symbole vivant de la résistance féminine face à l'injustice.
À partir de 1906, le WSPU installa son quartier général à Clement's Inn. C'est de là qu'Emmeline coordonnait les campagnes nationales, les publications, les collectes de fonds et les actions militantes.
Emmeline Pankhurst y prononça en 1913 l'un de ses discours les plus célèbres, 'Freedom or Death', qui marqua profondément l'opinion publique américaine et contribua à internationaliser la cause suffragiste.
Objets typiques

Ces trois couleurs étaient les couleurs officielles du WSPU : vert pour l'espoir, blanc pour la pureté, violet pour la dignité. Emmeline et ses militantes les arboraient lors de toutes les manifestations comme signe de reconnaissance et de solidarité.

Les suffragettes se menottaient aux grilles du Parlement ou de Buckingham Palace pour contraindre les autorités à les arrêter publiquement, transformant chaque arrestation en tribune médiatique. Emmeline elle-même utilisa cette technique lors de plusieurs actions.

Grande oratrice, Emmeline Pankhurst prenait régulièrement la parole lors de meetings en plein air, sur des estrades improvisées ou dans de grandes salles. Sa voix portée par un mégaphone était devenue l'un des symboles de sa puissance militante.

Ce journal, fondé en 1907 par le WSPU, était vendu dans les rues par des militantes en uniforme. Il diffusait les idées du mouvement et relatait les actions, les arrestations et les procès des suffragettes à travers tout le pays.

À partir de 1912, les suffragettes utilisèrent des marteaux pour briser les vitrines des commerces de Londres lors d'actions coordonnées. Ces outils symbolisaient le passage à une résistance plus radicale face à l'inaction du gouvernement.

Des broches et badges décorés de vert, blanc et violet étaient portés au quotidien par les militantes et les sympathisantes comme signe d'appartenance et de solidarité avec la cause du droit de vote.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Emmeline se levait tôt, généralement avant sept heures. Elle lisait la presse quotidienne — The Times, le Manchester Guardian — pour y repérer les articles concernant la question du suffrage féminin. Elle dictait ensuite son courrier à une secrétaire, répondant aux centaines de lettres reçues de militantes, de journalistes et de personnalités politiques du monde entier.
Après-midi
Ses après-midis étaient consacrés aux réunions du comité directeur du WSPU, à la préparation des discours et à la coordination des actions militantes. Elle recevait régulièrement des délégations de militantes provinciales ou étrangères, et se rendait fréquemment au Parlement pour y présenter des pétitions ou assister aux débats depuis la galerie réservée aux femmes.
Soir
Ses soirées étaient souvent occupées par des meetings publics dans de grandes salles de Londres ou en province. Grande oratrice, elle préparait méticuleusement ses discours, les répétant à voix haute. Quand elle n'était pas sur une estrade, elle se retrouvait avec ses filles et ses proches collaboratrices autour d'un dîner simple, avant de rédiger articles ou appels à la mobilisation.
Alimentation
Emmeline Pankhurst avait une alimentation sobre et typiquement britannique de la classe moyenne édouardienne : porridge le matin, sandwichs ou potage le midi, rôti ou ragoût le soir. Lors de ses grèves de la faim en prison, elle refusait toute nourriture pendant plusieurs jours, affaiblissant considérablement sa santé au fil des années.
Vêtements
Emmeline Pankhurst accordait une grande importance à sa tenue vestimentaire, considérant l'apparence comme un argument politique. Elle portait des robes élégantes et ajustées, des chapeaux à larges bords ornés de plumes, et arborait systématiquement la cocarde tricolore vert, blanc et violet du WSPU. Sa silhouette soignée contredisait l'image de femme désordonnée que lui prêtaient ses adversaires.
Habitat
À Londres, Emmeline Pankhurst vécut plusieurs années à Clement's Inn, dans les locaux mêmes du quartier général du WSPU, transformant son espace personnel en lieu de travail militant permanent. Elle habita également à Manchester dans sa jeunesse, et en Bretagne après la guerre, cherchant à se remettre des épreuves de l'emprisonnement. Ses logements, toujours modestes en égard à son engagement politique, étaient encombrés de dossiers, de journaux et de correspondance.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style pictural réaliste inspiré de la peinture édouardienne britannique, dominé par le tricolore suffragiste vert, blanc et violet, avec des scènes de manifestations devant le Parlement sous la lumière dramatique des becs de gaz.
Ambiance sonore
Ambiance sonore d'un meeting suffragiste londonien au début du XXe siècle, mêlant la foule militante, les voix oratoires, la ville industrielle et la tension des confrontations avec la police.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation du WSPU (Women's Social and Political Union)
1903
Campagne d'action directe et de désobéissance civile (1905-1914)
1905-1914
My Own Story (autobiographie)
1914
Tournées de conférences au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada
1908-1918
Mobilisation des femmes pour l'effort de guerre
1914-1918
Représentation of the People Act (contribution indirecte)
1918






